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Nombre record de feux dans la forêt amazonienne au Brésil

Une zone de forêt est détruite par le feu.

Les feux en Amazonie sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis, qui visent à transformer des aires forestières en zones de culture et d'élevage, comme sur cette photo prise en août 2017. (Archives)

Photo : Reuters / Bruno Kelly

Radio-Canada

Les feux de forêt au Brésil ont augmenté de 83 % depuis le début de l’année, par rapport à la même période l'année dernière, selon de nouvelles données de l'Institut national de recherche spatiale (INPE). L’Amazonie, la plus grande forêt tropicale humide du monde, est particulièrement touchée en raison de la déforestation et de la sécheresse.

L’INPE précise que 72 843 départs de feu ont été enregistrés entre janvier et août sur l’ensemble du territoire brésilien, contre 39 759 durant toute l'année 2018.

L'État le plus touché est le Mato Grosso (centre-ouest), avec 13 682 départs de feu, soit une hausse de 87 % par rapport à toute l'année 2018.

Les feux en Amazonie sont notamment provoqués par les défrichements par brûlis, une méthode qui consiste à transformer des aires forestières en zones de culture et d'élevage ou à nettoyer des zones déjà déforestées. Cette opération a lieu généralement pendant la saison sèche.

Ce à quoi nous assistons est la conséquence de l'augmentation de la déforestation.

Ricardo Mello, du Fonds mondial pour la nature – Brésil

Plus alarmant encore, l'INPE indique que la déforestation en juillet a été quasiment quatre fois supérieure à celle du même mois de 2018. L’agence fait remarquer que le nombre d'incendies n’est pas conforme à ceux normalement signalés pendant la saison sèche.

Il n'y a rien d'anormal dans le climat de cette année ni dans les précipitations dans la région amazonienne, qui sont juste un peu en dessous de la moyenne, a déclaré Alberto Setzer, chercheur à l’INPE.

La saison sèche crée les conditions favorables à l'utilisation et à la propagation du feu, mais allumer un feu est l'œuvre de l'homme, soit délibérément, soit par accident.

Alberto Setzer, chercheur à l'INPE

L'Amazonie est un réservoir de carbone vital qui ralentit le rythme du réchauffement climatique. Elle abrite également environ 3 millions d'espèces de plantes et d'animaux, et un million d'indigènes.

Vue aérienne d'une parcelle déboisée de l'Amazonie.

La forêt nationale de Bom Futuro à Porto Velho, État de Rondonia au Brésil. (Archives)

Photo : Reuters / Nacho Doce

Le président accuse les ONG

Les données de l’INPE n’ont pas été au goût du président brésilien Jair Bolsonaro, qui a eu vite fait de les remettre en cause.

L'homme d'extrême droite a d'ailleurs insinué, mercredi, que des ONG pourraient avoir allumé ces feux de forêt après que son gouvernement eut suspendu des subventions à la préservation de l'Amazonie.

Il pourrait s'agir, oui, il pourrait, mais je ne l'affirme pas, d'actions criminelles de ces ONG pour attirer l'attention contre ma personne, contre le gouvernement brésilien. C'est la guerre que nous vivons.

Jair Bolsonaro, président du Brésil

Le président du Brésil a précisé que ce n'était pas tout le monde qui aurait pu aller dans tous les lieux où ça brûle pour filmer des images, et dit ressentir qu'il s'agit de l'oeuvre des ONG qui ressentent un manque d'argent.

Connu pour ses critiques à l’égard des politiques de protection de l'environnement, M. Bolsonaro a limogé au début du mois Ricardo Galvao, le directeur de l’INPE, qu’il a accusé de mentir et de nuire à l'image du Brésil.

L'Institut national de recherche spatiale avait publié des données démontrant une augmentation de 88 % de la déforestation en juin par rapport au même mois de l'année précédente. La fiabilité de l'agence a été défendue par plusieurs institutions scientifiques, dont l'Académie des sciences du Brésil.

Pour les écologistes, le président Bolsonaro a encouragé les défrichements par le feu. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, l'Amazonie a subi des pertes à un rythme accéléré en raison de ses politiques favorisant le développement plutôt que la conservation, disent les scientifiques.

Au cours de la dernière décennie, les gouvernements précédents avaient réussi à réduire la déforestation, grâce notamment à des mesures prises par des organismes fédéraux et à un système d'amendes.

L’actuel président et son gouvernement sont toutefois farouchement opposés à ces sanctions.

Avec les informations de BBC News, Agence France-Presse, et Reuters

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