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Un forum électoral sur la pauvreté, sans les progressistes-conservateurs

Trois candidats assis à une table, devant une série de panneaux promotionnels d'organismes communautaires, dans une grande salle.

Libéraux, néo-démocrates et verts étaient représentés au forum sur la pauvreté, mais il n'y avait pas de candidat progressiste-conservateur.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Camille Gris Roy

Revenu de base, salaire minimum, réforme des aides sociales, santé mentale : trois des quatre principaux partis politiques au Manitoba ont discuté de questions liées au thème de la pauvreté mardi soir, à Winnipeg, dans un forum électoral organisé par la coalition Make Poverty History. Les progressistes-conservateurs (PC), qui avaient également été invités, n’ont pas envoyé de candidat pour y participer.

Deux chefs de parti, Wab Kinew, du Nouveau Parti démocratique du Manitoba (NPD), et James Beddome, du Parti vert du Manitoba, ont pris part au forum aux côtés de Shandi Strong, candidate libérale dans la circonscription de Wolseley.

L’objectif du forum était de mettre la pauvreté à l’ordre du jour de la campagne électorale, souligne Josh Brandon, porte-parole du groupe Make Poverty History-Manitoba, et permettre aux partis de présenter clairement leurs idées.

La pauvreté, on n'en parle pas assez au Manitoba [...] C’est à la base de toutes les questions sociales. Si on n’a pas assez d’argent pour se nourrir et pour avoir de bons logements, c’est très difficile d'avoir du succès; sans l’éducation et la santé, aussi, souligne-t-il.

Un homme aux cheveux gris-noir bouclés, en chemise à manches courtes, à l'extérieur dans une rue avec des arbres.

Josh Brandon est porte-parole de la coalition Make Poverty History Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Megan Goddard

La proposition d’un revenu minimum de base a été évoquée à plusieurs reprises pendant le débat. Les trois partis présents se sont tous engagés, dans cette campagne électorale, à mettre en place une forme de revenu garanti s’ils sont élus. 

James Beddome a souligné que le Parti vert était, avant, le seul à proposer une telle mesure. Il se réjouit que d’autres formations politiques adoptent maintenant cette idée.

Les trois partis ont aussi tous souligné l’urgence de réformer le Programme d’aide à l’emploi et au revenu de la province. C’est un système obsolète, stigmatisant, pour lequel il n’y a pas eu d'augmentations de financement depuis de nombreuses années, a affirmé Shandi Strong.

Le NPD propose de placer la gestion de ce programme sous la responsabilité de la santé. Parce que la pauvreté est un déterminant social important de la santé, a déclaré Wab Kinew.

Les candidats participants ont également promis d’ajouter des places en garderie, de construire plus de logements sociaux, d’investir davantage dans la santé mentale et la lutte contre les dépendances, et d’augmenter le salaire minimum. À ce sujet, NPD et Libéraux proposent un salaire d’au moins 15 $ l’heure, les Verts souhaitent le hausser à 13,95 $ l'heure, mais le parti souligne qu’avec un revenu de base en plus cela reviendrait à un montant plus élevé.

Une absence remarquée

Les idées des candidats se rejoignaient sur plusieurs questions au cours de la soirée, et lors de la période de questions-réponses, une personne dans le public a souligné « le déséquilibre » de la discussion en l’absence du premier ministre sortant, Brian Pallister, et de son parti, le PC.

Le chef du Parti vert a placé une figurine de poulet à la place réservée au PC, pour souligner que le parti s'est, selon lui, « dégonflé ».

La faim et la pauvreté ce sont des questions tellement cruciales dans cette élection, et c’est choquant que M. Pallister, ou même un représentant de son parti, ne soit pas là ce soir, a dit Wendy Boyd, qui était également dans le public.

Je suis déçu, a ajouté Lorne Topolniski. Je suis venu voir comment les autres partis se présentaient en tant que bâtisseurs de nation, mais aussi [entendre] les questions qu’ils poseraient à M. Pallister.

Je ne pensais jamais voir ce genre d’attitude en 2019. Mais j’imagine que c’est son choix, alors qu’est-ce que je peux dire?

Un panneau planté sur la pelouse devant l'entrée d'une église.

La coalition Make Poverty History a aussi distribué des panneaux pour la campagne électorale.

Photo : Radio-Canada / Camille Gris Roy

Dans un courriel, un porte-parole du PC mentionne « d'autres rendez-vous » pour expliquer cette absence. Nous reconnaissons l'importance de parler directement aux Manitobains et sommes chanceux de pouvoir le faire de toutes sortes de façons pendant une campagne électorale, que ce soit par le porte-à-porte ou des assemblées publiques, écrit-il.

Notre équipe s'est engagée à continuer à faire des progrès mesurables dans la réduction de la pauvreté et à rendre la vie plus abordable pour les Manitobains.

Selon Michael Barkman, président de Make Poverty History Manitoba, la coalition a fait de nombreux efforts pour assurer la présence d’un candidat progressiste-conservateur mardi soir, sans succès. Il estime que cela envoie le message d’un « manque d’intérêt », mais dit que le forum a tout de même donné lieu à de « très bonnes discussions ».

Leah Gazan, candidate du NPD sur la scène fédérale dans Winnipeg-Centre, était venue entendre ce que ses homologues provinciaux ont à dire sur ces questions. Je pense qu’il faut parler de la pauvreté comme d'une question de droits de la personne, a-t-elle dit. Si on ne prend pas soin des droits de la personne de base des gens, c’est là qu'il commence à y avoir des crises.

Vanda Simard, une étudiante autochtone, a trouvé la discussion sur les drogues et les dépendances particulièrement pertinente. On a une grosse crise de la méthamphétamine en ce moment, des gens meurent et rien n'est fait, a-t-elle déploré. Mais ce n’est pas juste la crise de la méthamphétamine, c'est la pauvreté aussi. Moi, j’ai grandi dans la pauvreté et je sais ce que sais, c’est pour ça que les gens se tournent vers l’alcool, prennent trop de drogues.

Notre dossier sur les élections provinciales 2019 au Manitoba

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