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Des lecteurs craignent l'extinction de La Voix de l’Est

Des exemplaires de « La Tribune » et de « La Voix de l'Est ».

Des exemplaires de « La Tribune » et de « La Voix de l'Est »

Photo : Radio-Canada / Emilie Richard

Radio-Canada

La perspective de voir disparaître le journal local de Granby, dans la foulée des difficultés éprouvées par le Groupe Capitales Médias, inquiète un lectorat fidèle et attaché à une source d’information précieuse dans la région.

Jocelyn Lanier fait partie des lecteurs assidus de La Voix de l'Est. Pour lui, le journal local resserre les liens de sa communauté. « Moi, j'ai grandi avec ça depuis que je suis tout petit », témoigne-t-il.

La Voix de l'Est, en version papier, attire chaque semaine 44 000 lecteurs, soit 77 % de la population de Granby, selon les données les plus récentes du journal.

« Je la lis tous les jours, parce que c'est des activités régionales ici, donc c'est important d'être au courant de ce qui se passe dans notre ville, pis dans les alentours. Si on fait quelque chose dans une école, le seul moyen de le publiciser c'est La Voix de l'Est. Ça va être une perte pour tout le monde. On va perdre ce moyen de communication là, qui est privilégié », explique une lectrice.

Marie-Ève Martel, journaliste à La Voix de l'Est, décrit le caractère central de ce journal pour la région.

« On va rapporter de bons coups de certaines personnes qui demeurent dans la région. On va parler des ouvertures, des fermetures d'entreprises. On va parler aussi des réussites des sportifs, des artistes de notre région qui vont s'illustrer ici ou même à l'étranger », dit-elle.

On est les témoins de ce qui se passe et c'est ça qui est important, parce que, s'il n'y a pas de médias régionaux ou de médias locaux pour y aller plus largement, on ne saura pas ce qui se passe dans les régions du Québec.

Marie-Ève Martel, journaliste à La Voix de l'Est

À Sainte-Cécile-de-Milton, l'une des 51 municipalités que couvre La Voix de l'Est, le journal est parfois l'unique canal de communication.

« On n'a pas les moyens et les capacités d'avoir quelqu'un à temps plein pour s'occuper des communications, on n'a pas les moyens d'avoir ces ressources-là. Je pense encore une fois à l'équilibre entre ce qu'on a comme moyens et d'avoir un quotidien qui nous permet de faire connaître nos nouvelles. Ça nous permet justement peut-être de mieux rendre accessibles certaines informations que, autrement, on ne serait pas capable de faire », a indiqué Paul Sarrazin, maire de Sainte-Cécile-de-Milton.

Et le quotidien est également essentiel au développement de la région, comme le souligne Claude Surprenant, directrice générale de la Chambre de commerce de la Haute-Yamaska.

« Encore aujourd'hui, plusieurs entrepreneurs prennent la peine chaque jour d'ouvrir La Voix de l'Est pour voir ce qui se passe dans la région. C'est, pour eux, un lien avec tous les autres. De ne plus avoir cet accès-là, c'est de perdre cette accessibilité-là entre les entreprises de la région, donc ça peut seulement nuire à l'économie de la région en bout de ligne », affirme Mme Surprenant.

« La Voix de l'Est, c'est sûr qu'elle ne partira pas de Granby »

Le maire de Granby, Pascal Bonin, est lui aussi inquiet de la situation dans laquelle se trouve le journal et envisage même la possibilité de créer un organisme sans but lucratif (OSBL) pour racheter le journal.

« Parfois, quand on crie, ça dépend de la grosseur du haut-parleur. Si vous criez, mais vous n'avez pas de haut-parleur, il n'y a pas grand monde qui va vous entendre. La Voix de l'Est, c'est comme un immense haut-parleur quelque part, quand on a des revendications pour la ville ou pour la région. La Voix de l'Est, dans le fond, ce qu'elle fait, c'est un mécanisme qui va faire que le message est propulsé de façon beaucoup plus grande », illustre-t-il.

M. Bonin n’imagine pas la disparition du quotidien. « La Voix de l'Est, c'est sûr qu'elle ne partira pas de Granby », martèle-t-il.

Le gouvernement a débloqué une aide d'urgence de 5 millions de dollars pour assurer la survie de La Voix de l'Est et celle des cinq autres journaux du Groupe Capitales Médias.

Une commission parlementaire sur l'avenir des médias d'information débutera lundi à Québec.

Avec les informations de Marie-Josée Paquette Comeau

Économie