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L'Alberta augmente sa production pétrolière, mais prolonge sa limite 

Un puits de pétrole au milieu d'un champ de canola.

Un puits de pétrole au milieu d'un champ de canola, en Alberta.

Photo : Reuters / Todd Korol

Radio-Canada

L'Alberta augmentera sa limite de production pétrolière de 10 000 à 20 000 barils par jour, tout en la prolongeant d’un an, au moins jusqu'en décembre 2020, a déclaré la ministre de l'Énergie, Sonya Savage.

La limite devait normalement prendre fin en décembre 2019, mais le gouvernement invoque des facteurs comme le retard dans la mise en service de la canalisation 3 d’Enbridge pour expliquer la décision.

« Même si l’imposition d’une limite sur la production est loin d’être idéale, elle est nécessaire dans le contexte actuel », a dit Mme Savage mardi en conférence de presse à Calgary. 

La ministre de l'Énergie de l'Alberta répond aux questions de journalistes.

Sonya Savage, la ministre albertaine de l'Énergie, lors de sa conférence de presse, le 29 mai 2019, à Ottawa.

Photo : Radio-Canada

« Nous devons continuer de faire cela à court terme en raison du manque de capacité de pipeline », a ajouté la ministre, citant en exemple l’abandon du projet Northern Gateway et les projets de loi controversés C-69 et C-48. 

« Sans limite de production et compte tenu des manques de débouchés pour le pétrole, le brut canadien continuera d’être vendu au rabais, ce qui nuirait aux producteurs, mais aussi aux Albertains », a conclu Sonya Savage.

La nouvelle limite de production entrera en vigueur en octobre.

Jospeh Doucet, doyen de la Faculté d’administration à l’Université de l’Alberta

Jospeh Doucet, doyen de la Faculté d’administration à l’Université de l’Alberta

Photo : Radio-Canada

Le doyen de la Faculté d’administration de l’Université de l’Alberta, Joseph Doucet, dit que l’annonce était attendue : « Le gouvernement ne fera pas que des heureux, mais je pense que dans l’ensemble, c’est bien accepté. »

« Ces restrictions de production ont réduit le différentiel entre le prix reçu aux États-Unis et le prix reçu par les producteurs pétroliers au Canada. Cela a désengorgé le système et réduit la congestion sur les pipelines », ajoute-t-il.

Selon l’expert, les entreprises se sont aussi ajustées ces derniers mois. Il estime que malgré ces hausses, la situation ne devrait pas revenir à celle qui avait amené le gouvernement de Rachel Notley à imposer les restrictions initiales.

« Depuis un an, les entreprises qui opèrent les pipelines ont fait beaucoup de travail pour améliorer l’efficacité du transport, précise Joseph Doucet. En principe, malgré les hausses annoncées aujourd’hui, ne devrait pas contraindre de nouveau le système et le différentiel entre le Canada et les États-Unis ne devraient pas s’empirer. »

Ben Brunnen, vice-président des politiques fiscales et économiques de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, est satisfait de la décision.

« Nous sommes encouragés de voir que la production peut augmenter, mais dans le long terme, nous devons régler le problème de l’accès aux marchés », dit-il.

Le gouvernement néo-démocrate avait prévu d'employer des trains pour désenclaver le marché du pétrole, mais la décision a été annulée par les conservateurs.

Les wagons supplémentaires auraient permis de transporter 120 000 barils par jour et généré des revenus de 2,2 milliards de dollars, selon le NPD.

Sonya Savage a déclaré que la province était toujours en train de céder ces contrats au secteur privé, ce que l’opposition a vivement critiqué.

« Jason Kenney a promis d’acheminer les ressources vers les marchés et il a brisé cette promesse », a déclaré le porte-parole sur les questions énergétiques pour le NPD, Irfan Sabir. 

Alberta

Industrie pétrolière