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La Banque mondiale tire la sonnette d'alarme sur la pollution de l'eau

Un tuyau déverse de l'eau polluée sur un terrain vague.

Un tuyau déverse de l'eau polluée sur un terrain vague.

Photo : iStock / belovodchenko

AFP

La qualité de l'eau, polluée par les nitrates, les métaux lourds et les microplastiques, est devenue « une crise invisible » qui touche pays riches comme pays pauvres, s'alarme la Banque mondiale dans un rapport publié mardi.

Cette mauvaise qualité de l'eau peut coûter jusqu'à un tiers de la croissance économique potentielle dans les régions les plus touchées, affirme l'institution de développement.

Son président, David Malpass, a appelé les gouvernements à prendre des mesures urgentes pour s'attaquer à la pollution de l'eau afin que les pays puissent croître plus vite d'une façon plus durable et équitable.

Pays riches comme pays pauvres subissent de hauts niveaux de pollution de l'eau, rappelle le rapport publié mardi, intitulé Qualité inconnue. « Il est clair que le statut de pays à haut revenu n'immunise pas contre des problèmes de qualité de l'eau », peut-on y lire.

Non seulement une diminution de la pollution ne va pas de pair avec la croissance économique, mais l'éventail de polluants tend à augmenter avec la prospérité d'un pays.

Extrait du rapport de la Banque mondiale

Ainsi, aux États-Unis, un millier de nouveaux produits chimiques sont déversés dans l'environnement chaque année, soit trois nouveaux types de produits chaque jour.

Un cours d'eau contaminé au Texas, résultat d'un déversement illégal ou d'une fuite industrielle.

Un cours d'eau contaminé au Texas, résultat d'un déversement illégal ou d'une fuite industrielle.

Photo : getty images/istockphoto / Brett_Hondow

La Banque mondiale appelle dans ce rapport à mieux savoir mesurer la qualité de l'eau dans le monde et à ce que cette information soit systématiquement diffusée au public. Les citoyens ne peuvent pas agir s'ils ne sont pas informés de la situation, dit le rapport.

Il rappelle que plus de 80 % des eaux usées dans le monde, 95 % dans certains pays en développement, sont déversées dans l'environnement sans être traitées.

Peu de pays en développement surveillent correctement la qualité de l'eau.

Extrait du rapport de la Banque mondiale

La Banque mondiale estime qu'il y a un besoin urgent pour d'importants investissements dans des usines de traitement des eaux, spécialement dans les régions très peuplées.

Un tracteur répand des pesticides.

Un agriculteur, au volant de son tracteur, répand des pesticides dans son champ.

Photo : iStock

L'azote, un polluant répandu et dangereux

Parmi les polluants les plus répandus et dangereux, le rapport cite l'azote qui, utilisé dans les fertilisants pour l'agriculture, se répand dans les rivières, les lacs et les océans, se transformant en nitrates. Ceux-ci sont responsables d'une destruction de l'oxygène dans l'eau (hypoxie) et de l'apparition de zones mortes.

Les dépôts d'azote oxydé peuvent être fatals aux enfants, affirme le rapport comme dans le cas du syndrome du bébé bleu où trop de nitrates ingérés par l'eau potable entraînent un manque d'oxygène dans le sang.

Une étude menée dans 33 pays en Afrique, en Inde et au Vietnam a montré que les enfants exposés à de hauts niveaux de nitrates pendant leurs trois premières années grandissaient moins.

Une interprétation de ces conclusions suggère que les subventions pour financer les engrais entraînent des dommages pour la santé humaine qui sont aussi grands, peut-être même plus grands, que les bénéfices qu'ils apportent à l'agriculture.

Extrait du rapport de la Banque mondiale

La salinité des eaux dans les zones côtières de faible altitude, sur des terres irriguées et en zone urbaine, a aussi des effets nocifs pour la santé, notamment celle des enfants et des femmes enceintes.

Le problème est particulièrement aigu au Bangladesh, dont les régions côtières enregistrent un taux de mortalité infantile attribuée à l'eau salée de 20 %.

Gros plan sur une goutte d'eau sur un doigt qui contient de minuscules billes de plastique.

Des microplastiques qui se retrouvent dans nos eaux.

Photo : Titter/Oceanwise

Les microplastiques omniprésents

La pollution par les microplastiques est aussi détectée désormais dans 80 % des sources naturelles, 81 % des eaux du robinet municipales et dans 93 % des eaux embouteillées, relève encore la Banque mondiale.

Elle regrette qu'on ne dispose pas encore de suffisamment d'informations pour déterminer le seuil à partir duquel ces polluants sont inquiétants pour la santé.

Usine d'eau de Flint.

Usine d'eau de Flint

Photo : Radio-Canada / Christian Noël

L'exemple de Flint au Michigan

Au rang des polluants dangereux figurent aussi les métaux lourds, comme l'arsenic qui contamine les eaux de régions où il y a une activité minière comme au Bengale en Inde, dans le nord du Chili ou en Argentine.

Le plomb en fait partie avec l'exemple grave et récent de Flint au Michigan, dans le nord des États-Unis. En 2014, en changeant son approvisionnement en eau à partir de la rivière Flint au lieu du lac Huron, la Ville a utilisé une eau plus acide qui a corrodé les tuyaux de plomb, exposant la population à une intoxication à ce métal.

Chez les enfants, le plomb peut altérer le développement du cerveau.

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