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Le gouvernement Ford imposera les autocollants sur la taxe carbone, malgré les critiques

Autocollant sur lequel on peut lire : La taxe carbone fédérale va vous coûter cher, ainsi que les coûts estimés de l'essence d'ici les quatre prochaines années.

Les stations-services qui n'affichent pas les autocollants du gouvernement ontarien seront passibles d'amendes allant jusqu'à 10 000 $ par jour.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Jean-François Morissette

Les propriétaires de station-service de la province ont jusqu’au 30 août pour apposer l’autocollant fourni par le gouvernement de Doug Ford pour informer les automobilistes sur la taxe fédérale sur le carbone. Toutefois, l’usage obligatoire de cet autocollant ne fait pas l’unanimité.

L’autocollant en question précise aux consommateurs que la loi fédérale ajoutera à leur facture 4,4 cents par litre d’essence cette année, et 11 cents le litre en 2022. Il se veut un moyen, pour le gouvernement Ford, de prévenir les clients que la taxe carbone fédérale va coûter cher.

Pour le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, l’idée d’imposer cette mesure aux stations d’essence est ridicule.

L’idée qu’un gouvernement conservateur impose une mesure de la sorte à une entreprise et menace de la mettre à l’amende si elle n’obtempère pas est ridicule.

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l’Ontario

Il qualifie de propagande les autocollants, qui selon lui, ne vont donner qu’une partie de l’information aux automobilistes.

Un homme qui porte des lunettes devant des drapeaux canadiens

Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Michael Charles Cole

Les autocollants ne font pas mention des ristournes fédérales et, en fin de compte, les contribuables ont plus d’argent dans leurs poches avec la taxe fédérale sur le carbone, note M. Schreiner en entrevue à Radio-Canada.

Il indique par ailleurs que les autocollants ne parlent pas des conséquences des changements climatiques si rien n’est fait.

Du côté du cabinet du ministre de l'Énergie, du Développement du Nord et des Mines, Greg Rickford, une porte-parole assure que le gouvernement va de l’avant avec la mesure, malgré les critiques.

Elle note qu’il est important que les Ontariens connaissent toutes les répercussions de la taxe fédérale sur le carbone chaque fois qu'ils font le plein à la pompe.

Un homme en veston.

Le ministre de l'Énergie, du Développement du Nord et des Mines en Ontario, Greg Rickford

Photo : CBC

Le gouvernement continue d'écouter les préoccupations des Ontariens de toute la province au sujet de l'incidence de la taxe sur le carbone sur leur vie quotidienne, et nous continuerons de prendre des mesures pour que tous soient conscients des coûts associés à cette taxe, explique-t-elle.

Des amendes salées

Selon la loi, le gouvernement ontarien a le pouvoir d’envoyer des inspecteurs pour vérifier si les stations-services s’y conforment, et des sanctions sont prévues si ce n’est pas le cas.

Les individus pourraient se voir imposer une amende de 500 $ par jour, et de 1000 $ par jour s’il ne s’agit pas de la première infraction. Les entreprises pourraient recevoir quant à elles des pénalités de 5000 $ par jour, et de 10 000 $ par jour en cas de récidive.

Ceux qui empêcheraient les inspecteurs de faire leur travail pourraient devoir payer une amende de 500 $ à 1000 $.

Une idée stupide, estime la FCEI

Le président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), Dan Kelly, estime que les autocollants vont nuire aux entreprises ontariennes.

Les petites entreprises de la province sont en accord avec la position du gouvernement sur l’imposition d’une taxe carbone, mais il ne faut pas dépasser les bornes et les forcer à apposer des autocollants sur les pompes, dit-il.

Un homme avec une cravate.

Dan Kelly, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Selon lui, la pénalité de 10 000 $ par jour qui pourrait être imposée aux commerçants récalcitrants va nuire aux entreprises.

Ces autocollants sont une idée stupide.

Dan Kelly, président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante

La réaction de la FCEI serait différente si la campagne était sur une base volontaire, note M. Kelly.

Espérons que le gouvernement n’ira pas de l’avant en imposant ces contraventions, conclut-il.

L’autocollant fait partie d’une vaste campagne du gouvernement ontarien contre la taxe fédérale sur le carbone. Un recours judiciaire avait également été lancé l’an dernier. Le gouvernement Ford s’est toutefois fait débouter au début de l’été dans cette affaire.

Le coût des quelque 25 000 autocollants est évalué à 5000 $ par le gouvernement ontarien.

Toronto

Changements climatiques