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La situation de Capitales Médias sonne-t-elle l'alarme pour les médias acadiens?

L'Acadie Nouvelle est le seul quotidien francophone au Nouveau-Brunswick.

L'Acadie Nouvelle est le seul quotidien francophone au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Radio-Canada

La situation de Capitales Médias au Québec met de l'avant la réalité que vivent les médias francophones en milieu minoritaire, souligne Clarence Lebreton, qui siège au conseil d'administration de l'Acadie Nouvelle.

Ça démontre encore une fois la précarité dans laquelle les organisations de presse écrite tentent de survivre, exprime M. Lebreton.

Les difficultés que connaît la presse écrite ne datent pas d'hier. Depuis de nombreuses années déjà, on voit partout au pays des médias qui mettent la clé sous la porte par faute de fonds pour survivre.

Trois éditions du journal où on peut y voir le logo Le Soleil

Le Groupe Capitales Médias publie le quotidien Le Soleil.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

C'est le cas du groupe Capitales Médias, qui a dit cette semaine ne plus pouvoir subvenir financièrement aux besoins de ses six journaux, dont font partie Le Soleil et Le Droit. Depuis, le gouvernement du Québec a annoncé l'octroi d'un prêt de cinq millions de dollars offerts à Capitales Médias, qui dit que ce fonds l'aidera a trouver une solution viable à long terme.

Vous savez par ailleurs que Capitales Médias avait reçu du gouvernement Couillard 10 millions au préalable. Bref, ils ont de l’aide. Nous ici, nous n’avons pas eu ce genre d’aide, précise Clarence Lebreton.

Il indique que même si le quotidien francophone L'Acadie Nouvelle va bien, il a connu ces dernières années plusieurs difficultés financières qui ont donné du fil à retordre tant au conseil d'administration qu'aux employés du journal. Heureusement, nous continuons à survivre, dit-il.

Un homme dehors devant la mer.

Clarence Lebreton siège sur le conseil d'administration du quotidien francophone l'Acadie Nouvelle.

Photo : Radio-Canada

Nous, on ne roule pas sur l’or, on paie nos frais et nos créanciers sont payés. Nos employés sont sécurisés.

Clarence Lebreton, conseil d'administration de l'Acadie Nouvelle

Il reste cependant que c’est un combat de tous les jours, notamment au niveau des publicités qui diminuent, le lectorat qui vieillit, une compétition avec les médias sociaux qui se fait toujours plus difficile, selon M. Lebreton.

Il est conscient qu'un jour, L'Acadie Nouvelle devra se résoudre à devenir un journal web. Mais selon lui, ce n'est pas pour tout de suite.

Nous avons un contrat avec l’imprimerie Brunswick News jusqu’en 2022 que nous allons respecter. Alors nous avons du temps, indique-t-il.

Une situation qui inquiète l'Association acadienne des journalistes

Le président de l'Association acadienne des journalistes (AAJ), Mathieu Roy-Comeau, dit être de tout coeur avec ses collègues de Capitales Médias. Il indique que les mois à venir seront très éprouvants pour les journalistes, dont l'avenir professionnel devient incertain chez leur employeur actuel.

Il croit lui aussi que c'est une situation qui sévit partout au pays, ce qui est inquiétant tant pour les journalistes que pour les lecteurs. Le gouvernement a une responsabilité en ce qui a trait à l'avenir des médias qui œuvrent sur son territoire, croit-il.

Je pense que la situation avec Capitales Médias prouve que oui, les gouvernements doivent s’en mêler. Évidemment, ce serait bien si ce n'était pas comme ça, mais on est vraiment rendu là.

Mathieu Roy-Comeau, président de l'AAJ
Un homme avec des lunettes.

Mathieu Roy-Comeau est journaliste et président de l'Association acadienne des journalistes.

Photo : Radio-Canada

Il a toutefois espoir pour les médias québécois.

Il y a la fameuse commission sur l’avenir des médias d’information qui débute bientôt au Québec et la province semble vraiment prendre l’avenir de ses médias en main et on n'est certainement pas encore là, au Nouveau-Brunswick, indique le président.

Mathieu Roy-Comeau espère aussi que la nouvelle aide financière promise par le gouvernement fédéral (pour venir en aide aux médias en milieux minoritaires) allégera le fardeau financier de plusieurs médias canadiens. Cet octroi a été promis il y a deux ans, mais n'a toujours pas été donné.

Avec les renseignements de Karine Godin et Michel Corriveau

Nouveau-Brunswick

Médias