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« Scandaleux! » - Une ex-commissaire à l'environnement fustige Élections Canada

L'ancienne commissaire à l’environnement de l’Ontario demande des clarifications immédiates

Le portrait d'une femme.

L'avocate en droit de l'environnement et ancienne commissaire à l'Environnement de l'Ontario, Dianne Saxe.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Lors d’une entrevue, l’ancienne commissaire à l’environnement de l’Ontario a dénoncé le récent avertissement d’Élections Canada avisant que tout groupe évoquant les changements climatiques pourrait être considéré comme partisan.

C’est absolument scandaleux. C’est faux en droit, cela nuit à cette élection et à la confiance du public, a lâché Dianne Saxe au micro de l’émission de radio Metro Morning de CBC.

Mme Saxe souhaite qu’Élections Canada clarifie sa position immédiatement. L’avertissement crée déjà de la confusion et réduit au silence les groupes environnementaux, a-t-elle avancé.

Un responsable d’Élections Canada aurait justifié cet avis par le fait que le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, doutait de la véracité des changements climatiques. Dès lors, tout groupe faisant mention de l’urgence de lutter contre les changements climatiques pourrait être considéré comme partisan, même s’il ne mentionne pas M. Bernier.

Élections Canada a déclaré que l’avertissement ne s’appliquait qu’aux activités ou annonces qui identifient spécifiquement un candidat ou un parti et qui coûtent 500 $ ou plus.

Mauvaise interprétation de la loi ?

Mme Saxe, qui dirige une société de conseil appelée Saxe Facts, a déclaré que la Loi électorale du Canada énonce clairement ce qui est partisan et ce qui ne l’est pas.

Être partisan signifie soutenir des partis ou des candidats particuliers ou s’y opposer. Par définition, il ne s’agit pas d’évoquer des problèmes, a-t-elle déclaré.

Élections Canada a clairement tort de dire aux groupes que parler de climat est partisan.

Dianne Saxe

C’est le travail d’Élections Canada de s’assurer que nous avons des élections justes et dignes de confiance afin que les gens puissent considérer le gouvernement comme légitime, ajoute Mme Saxe, et ce qu’ils font maintenant est absolument opposé à cela.

Absence d’information

C’est vraiment dangereux, même au-delà de cette élection, car cela efface la différence entre les faits et les opinions à un moment où la vérité, les faits et la science sont attaqués de partout. Chacun a droit à ses propres opinions. Personne n’a droit à ses propres faits, estime-t-elle.

L’avertissement signifie que les électeurs ne recevront pas d’informations d’action en faveur du climat de personnes qui ont passé des années à étudier le problème, a-t-elle déclaré. Cela signifie une absence d’informations sur la crise dans laquelle nous nous trouvons, prévient Dianne Saxe.

Cela affaiblit cette différence absolument critique entre ce qui est vrai et ce qui est opinion. Nous n’avons pas les moyens de le faire.

Dianne Saxe

Et la Loi électorale du Canada établit une ligne de démarcation très claire, et Élections Canada vient d’effacer cette ligne de démarcation. C’est pourquoi c'est mauvais, nocif et dangereux.

Une question de transparence

Dans une mise au point mardi, le directeur général des élections a précisé que la loi n’empêche personne de parler de questions particulières ou de publier de l’information.

Stéphane Perrault précise toutefois que si un groupe ou une personne dépense 500 $ ou plus pour une publicité thématique sur un enjeu clairement lié à un candidat ou un parti en période électorale, il doit s’inscrire auprès Élections Canada.

La Loi ne vise pas la substance des publicités thématiques potentielles des tiers pas plus qu’elle ne fait la distinction entre les faits et les opinions. Ce n’est pas le rôle d’Élections Canada d’établir cette distinction, même si elle peut sembler évidente.

Stéphane Perrault, directeur général des élections, dans une déclaration écrite

Un plafond d’un peu plus de 500 000 $ s’applique à certaines activités. Les dispositions sur les publicités thématiques ne s’appliquent toutefois pas aux sites web, courriels, textos, entrevues dans les médias ou activités de porte-à-porte.

M. Perrault souligne que ces dispositions sont en vigueur depuis presque 20 ans.

Avec les informations de CBC et de La Presse canadienne

Toronto

Changements climatiques