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Groupe Capitales Médias : la première offre de rachat de Québecor a été rejetée

Pierre Karl Péladeau en entrevue à l'émission Midi Info, sur les ondes d'ICI Première.

Pierre Karl Péladeau ne ferme pas encore la porte à la présentation d'une deuxième offre de rachat du Groupe Capitales Médias.

Photo : Radio-Canada / Myriam Lemay-Gosselin

Hugo Prévost

Québecor et son PDG, Pierre Karl Péladeau, ne ferment pas la porte à un éventuel rachat du Groupe Capitales Médias (GCM), de ses six quotidiens et de son hebdomadaire, et ce, malgré le rejet d'une première offre présentée récemment.

Au cours d'une entrevue accordée à Midi Info, sur les ondes d'ICI PREMIÈRE, le dirigeant du conglomérat médiatique a souligné que les dirigeants de Capitales Médias « étaient conscients [de la situation financière de l'entreprise] depuis un certain temps », et que Québecor avait reçu « un appel du pied ».

« Cet appel du pied nous a permis de faire une proposition, pas plus tard que la semaine dernière, proposition qui n'a pas été acceptée par le gouvernement », a poursuivi M. Péladeau, en précisant que l'idée consistait à mettre la main sur l'ensemble des journaux de GCM.

Selon Michel Philibert, conseiller politique au cabinet du ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, Québec n'a pas donné suite à l'offre de Québecor en raison des « coûts importants que le gouvernement devait assumer ».

Québec a par ailleurs « préféré opter pour un processus ouvert et transparent où tous les joueurs intéressés pourront participer à la relance des journaux », poursuit M. Philibert, qui précise que cette façon de faire permettra « aux éventuels repreneurs de connaître le programme d'aide universelle qui sera annoncé bientôt ».

Ni le cabinet du ministre, ni M. Péladeau n'ont précisé le montant de l'offre présentée par Québecor.

Après le rejet de l'offre en question, GCM et son président, Martin Cauchon, ont tiré la sonnette d'alarme lundi matin, en affirmant que l'entreprise songeait à se placer sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers. En après-midi, le gouvernement du Québec a annoncé une aide d'urgence de l'ordre de 5 millions de dollars, afin de permettre à la compagnie de poursuivre ses activités jusqu'à la fin décembre, histoire de disposer d'un léger sursis pour trouver une solution à la crise.

Québecor est-elle toujours intéressée à acquérir GCM? M. Péladeau n'ose pas s'avancer, mais a souligné, à plusieurs reprises, qu'une entreprise médiatique ne représente pas seulement des journalistes, mais également « un métier industriel, avec des rotatives, des camelots, des camions, des commerciaux ». Bref, une vaste structure qui comporte une importante dimension logistique.

Le chef de la direction de Québecor juge alors que pour reprendre en main une telle structure, il est nécessaire de disposer soi-même des ressources et de l'envergure nécessaires pour gérer la chose et « réaliser des économies d'échelle ». « Est-il vraiment nécessaire d'envoyer trois photographes et un caméraman pour couvrir un même événement? », s'interroge-t-il.

« On répète que Facebook et Google ont phagocyté les revenus publicitaires; c'est vrai pour la presse écrite et la télévision généraliste », poursuit le patron de presse. « Le précipice est facile à voir depuis 15 ans. »

Pierre Karl Péladeau ne donne pas non plus de précisions sur l'éventuel avenir du Soleil, si celui-ci passait dans le giron de Québecor, qui possède déjà Le Journal de Québec dans la capitale nationale. Lors des échanges avec le gouvernement, toutefois, M. Péladeau juge que « nous avions les solutions adéquates pour assurer la pérennité ».

Qu'adviendrait-il, enfin, de La Presse canadienne, dont est client GCM, et qui perdrait alors cette clientèle si Québecor, avec son Agence QMI, en prenait le contrôle? « Nous avons anticipé les situations que nous vivons aujourd'hui », martèle M. Péladeau. « Selon nous, il nous apparaissait essentiel d'avoir le contrôle sur la cueillette de l'information. »

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