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Commotion cérébrale: un mal plus courant qu'on pourrait le croire

Médecin analysant une radiographie du crâne humain au bureau de l'hôpital pendant l'examen médical.

Une médecin analyse l'image d'un crâne humain.

Photo : iStock / stevanovicigor

François Le Blanc

Les commotions cérébrales sont devenues un fléau dans le monde du sport. Et pourtant, ce mal est méconnu des sportifs et des partisans. Les risques sont énormes si une blessure au cerveau est mal diagnostiquée ou ignorée.

Un sportif, par définition, c'est un guerrier, lance Simon Poulin, de l'organisme Avec toute ma tête. Il va au-delà de ses propres capacités physiques. Il pousse son potentiel au maximum, parfois au détriment de son enveloppe corporelle.

L'homme sourit en regardant la photo

Simon Poulin est le directeur fondateur de l'organisme Avec toute ma tête.

Photo : Simon Poulin

Avec toute ma tête est une organisation qui propose des programmes de sensibilisation et d'éducation aux commotions. Elle oeuvre au Québec.

M. Poulin a regardé avec intérêt le documentaire de la série Podium, de Radio-Canada Sports, sur la quête de l'ex-hockeyeur Simon Jodoin qui a subi sept commotions cérébrales, dont six en jouant au hockey.

Pour le directeur fondateur d'Avec toute ma tête, ce témoignage est important, même si l'ancien capitaine des Wildcats de Moncton et des Aigles Bleus de l'Université de Moncton souffre depuis deux ans et demi.

Simon a un appareil dans la bouche et regarde devant lui.

Le PoNS est un appareil qui envoie, par la langue, des ondes au cerveau. Simon Jodoin a été le premier athlète de haut niveau à l'essayer, sans succès.

Photo : Radio-Canada / François Le Blanc

Des personnages, qui ont une aura ou un ascendant sur la collectivité, s'ouvrent sur l'impact que ç'a eu sur leur vie, explique M. Poulin. Certains athlètes ont pris la parole ouvertement. Les retours au jeu n'ont pas toujours été heureux.

Eric Lindros blessé pendant un match

Le hockeyeur Eric Lindros blessé pendant un match

Photo : Reuters

L'ancien hockeyeur Éric Lindros, qui a mis fin à sa carrière professionnelle après de nombreux coups à la tête, a lancé une campagne de sensibilisation pour dénoncer le phénomène.

Partout au pays, il y a des initiatives pour tenter d'enrayer ce phénomène et pour bien faire comprendre les risques. Bien qu'on ne puisse empêcher les accidents, il y a encore beaucoup de travail à faire.

On a commencé à outiller les gens avec des protocoles et avec des fiches d'informations, ça va bien de ce côté-là. Mais, on n'a pas encore de rigueur. En plus, des règlements ne sont pas appliqués rigoureusement.

Simon Poulin, de l'organisme Avec toute ma tête

Les ligues, les associations et les athlètes ont tous leur mot à dire pour faire avancer la cause. Selon Santé Canada, 1 Canadien sur 2 a peu ou aucune connaissance sur les commotions. Et, 1 personne sur 4 au pays ne saurait pas comment traiter une commotion.

Il y a des parents qu'on doit éduquer, parce qu'ils ont un rôle à jouer à la maison dans le processus d'application du protocole de retour au jeu.

Simon Poulin

Plus on va leur donner un rôle important, plus ils seront en mesure d'exiger plus de sécurité et de rigueur des équipes, des écoles, des associations, etc. Les parents ont un levier incroyable et ils l'ignorent, ajoute-il.

Les gouvernements aussi doivent s'engager. En Ontario, il y a la Loi de Rowan, qui encadre prévention et sécurité dans les sports.

Rowan Stringer est morte à la suite d'un coup à la tête subi lors d'un match de rugby.

Rowan Stringer est morte à la suite d'un coup à la tête subi lors d'un match de rugby.

Photo : Facebook via CBC

Au Nouveau-Brunswick, le District scolaire francophone Sud a instauré un protocole de retour à l'école après une commotion, qu'elle soit survenue en milieu scolaire ou sportif.

Portrait de Dwight Ball

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Et, lors des dernières élections à Terre-Neuve-et-Labrador, le premier ministre Dwight Ball, a promis une loi comme celle de l'Ontario.

Simon Poulin, en regardant ce qui se fait au Québec, estime qu'il faut tout de même être vigilant, entre la théorie et la pratique.

Il y a des engagements qui sont pris, mais concrètement, sur le terrain, ça prend plus de poigne que ça.

Simon Poulin

Nouveau-Brunswick

Santé