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« Thug Life » version Machiavel, ou comment comprendre le hip-hop grâce à la philo  

Portrait en noir et blanc de Tupac.

Le rappeur Tupac est mort assassiné en 1996, à l'âge de 25 ans.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Faire appel à la philosophie occidentale pour décrypter la musique hip-hop américaine, c’est le pari que relève le professeur de philosophie et amoureux du rap Jérémie McEwen dans son nouveau livre Philosophie du hip-hop : des origines à Lauryn Hill. 

Après avoir créé un populaire cours de philosophie du hip-hop au Collège Montmorency, où il enseigne, Jérémie McEwen lance, mercredi, un ouvrage qui fait descendre la philosophie de son piédestal. Pour ce vulgarisateur, la philosophie a depuis toujours infiltré l’univers de la rue, là où la musique rap est née. 

Tupac et Machiavel

Dans son second livre, Jérémie McEwen raconte notamment comment le rappeur Tupac, assassiné en 1996, s’est plongé dans la lecture du livre Le Prince, du philosophe politique Machiavel, lorsqu’il a passé plusieurs mois derrière les barreaux en 1995. La pensée de ce philosophe italien de la Renaissance a tellement marqué Tupac qu’il s’est fait ensuite tatouer le visage de Machiavel. 

[Tupac] a compris Machiavel, il a compris que dominer, ce n’est pas toujours beau. Des fois, quand tu fais de la politique, il faut que [...] tu laisses de côté la moralité, a expliqué l’auteur à Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin

C’est ce qu’a décidé [Tupac], son "Thug Life", c’est : la moralité ne me mènera nulle part si je veux être le roi de mon royaume.

Jérémie McEwen

Autre artiste hip-hop analysée à l’aulne de la philosophie : Lauryn Hill et son titre Doo Wop (That Thing), une chanson dans laquelle elle expose une vision de l’amour plus socratique que platonicienne, selon l’auteur. 

Hobbes remis en question par Fuck tha Police

Pour Jérémie McEwen, la chanson à écouter reste Fuck tha Police du groupe américain N.W.A., sorti en 1988. 

[Dans le texte de cette chanson], la remise en question du contrat social est profonde, a-t-il indiqué. 

Dans la théorie du contrat social du philosophe Hobbes, les membres d’une société acceptent de remettre l’usage de la force légitime à la police. 

Selon Jérémie McEwen, qu’ils aient lu Hobbes ou non, les rappeurs de N.W.A critiquent ce philosophe britannique du 17e siècle, qui fait comme si tous les membres d’une même société étaient égaux. 

C’est faux. À la base du pacte social américain, il y a un paquet de monde qui est défavorisé, dont la communauté afro-américaine, a expliqué l’enseignant en philosophie. 

Philosophie du hip-hop : des origines à Lauryn Hill, préfacé par le rappeur québécois Webster, sera en librairie à partir du 2 août. 

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