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Le tour de taille des Québécois inquiète l'Institut national de santé publique

Dans presque toutes les catégories d'âge, la prévalence de l'obésité abdominale a doublé au cours des 20 dernières années.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une étude inédite réalisée par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) révèle que deux fois plus de Québécois souffrent d'obésité abdominale qu'il y a 20 ans.

Il s'agit du tout premier rapport sur la progression du tour de taille des Québécois, explique d'emblée le Dr Benoît Arsenault, professeur agrégé à la Faculté de médecine de l’Université Laval et chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Auteur principal de l'étude réalisée par l'INSPQ, il s'inquiète des résultats obtenus au terme de l'étude. Le document a été produit après avoir comparé la prévalence de l’obésité abdominale chez les adultes québécois âgés de 18 à 74 ans ainsi que son évolution entre 1990 et 2009-2013.

Présentement, il y a 40 % de la population qui a un tour de taille qui les place à risque élevé de développer des maladies chroniques, note-t-il.

Chez les hommes et les femmes, dans presque toutes les catégories d'âge, la prévalence de l'obésité abdominale a doublé au cours des 20 dernières années.

Cette prévalence atteint 73 % chez les femmes âgées de 65 à 74 ans.

C'est une augmentation qui va avoir des conséquences très sérieuses sur la santé de notre population.

Le Dr Benoît Arsenault, coauteur de l'étude

Selon les chercheurs, les personnes au fort de tour de taille s'exposent à des maladies cardiovasculaires ou au diabète de type 2, notamment.

Le Dr Arsenault précise qu'une personne en situation de poids santé peut tout de même courir le risque de connaître des problèmes de santé.

Auparavant, explique-t-il, l'obésité était calculée en fonction de l'indice de masse corporelle, soit le poids divisé par la taille. Mais l'indice ne donne pas toute l'information, prévient le spécialiste.

Facteurs environnementaux

Pour expliquer cette hausse du tour de taille des Québécois, M. Arsenault évoque des facteurs environnementaux.

Si la génétique joue un rôle important, les facteurs externes, comme l'alimentation ou la sédentarité, ont poussé les individus qui ont une prédisposition à une augmentation du tour de taille, croit-il.

L'obésité abdominale, je considère que c'est une réaction à un environnement qui n'est pas normal.

Le Dr Benoît Arsenault, coauteur de l'étude

Il reste que l'obésité est selon lui une maladie complexe et qu'il n'existe pas de solution magique pour enrayer le problème. L'alimentation a un rôle important, l'activité physique aussi, surtout au niveau de l'obésité abdominale.

Les femmes âgées plus à risque?

Si les hommes ont tendance à accumuler davantage de masse adipeuse au niveau abdominal, même lorsqu'ils sont jeunes, les femmes âgées forment le groupe d'âge dans lequel la prévalence est la plus élevée.

Cette situation s'expliquerait par le fait qu'avant la ménopause, les femmes présentent surtout une obésité de type poire, soutient M. Arsenault. Après la ménopause, il y a redistribution de la masse adipeuse vers l'abdomen.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, on considère comme un voyant rouge un tour de taille en haut de 102 centimètres chez les hommes et de 88 centimètres chez les femmes.

Québec

Santé publique