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Une rentrée parlementaire sur fond de débats à propos des maternelles 4 ans

Des élèves de 4 ans jouent dans la classe

On trouve 21 groupes de maternelle 4 ans (dont quelques classes mixtes 4-5 ans) dans les commissions scolaires René-Lévesque et Chic-Chocs.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Louis-Gabriel Parent-Belzile

Le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, n’a pas l’intention de modifier sa stratégie alors que le projet de loi 5 sur les maternelles 4 ans entame l’étape de l’étude détaillée en commission parlementaire.

« J’ai confiance qu’on va avoir le meilleur programme du cycle préscolaire au monde », a réitéré le ministre mardi, avant la première séance d’étude de la rentrée parlementaire. Mais les partis d’opposition restent à convaincre.

Des informations manquantes, dénonce l’opposition

Au Parti libéral et au Parti québécois, on se plaint de concert d’un manque de transparence, mais aussi d’un manque d’informations nécessaires à l’analyse détaillée du projet de loi.

La porte-parole du PQ en matière d’éducation, Véronique Hivon, est « déçue » et « surprise » d’entamer ce processus sans avoir sous les yeux un plan opérationnel.

« On a fait des demandes d’accès à l’information, des journalistes ont fait des demandes d’accès à l’information, mais on n’a toujours aucune idée de ce qu’est le plan de déploiement pour arriver au cours des 4 prochaines années à ce chiffre de 3000 maternelles 4 ans. »

Véronique Hivon
François Legault et Jean-François Roberge en conférence de presse.

Les partis d'opposition accusent le ministre Roberge de précipiter l'implantation des maternelles 4 ans pour faire plaisir au premier ministre François Legault.

Photo : Radio-Canada

« Pour nous, c’était un minimum pour commencer l’étude détaillée », a-t-elle indiqué en accusant le gouvernement d’improviser plus qu’il ne planifie. La porte-parole libérale, Marwah Rizqy, exprime le même constat.

« Ça commence à faire cher »

La députée de Saint-Laurent, qui s’est récemment lancée dans la course à la direction du Parti libéral, craint aussi que les objectifs du gouvernement ne soient trop ambitieux, et surtout trop coûteux.

Deux hommes discutent dans un escalier près d'un gymnase au mur de verre.

Après un agrandissement entre 2014 et 2018, l'école du Grand-Voilier de Lévis a entrepris des aménagements pour accueillir des classes de maternelle 4 ans.

Photo : Radio-Canada

Un courriel d’information envoyé aux commissions scolaires par l’équipe du ministre au cours de l’été a retenu son attention. Il y est indiqué que des groupes pourront être divisés en deux à partir de 12 inscriptions.

Elle craint que des établissements divisent des groupes, mobilisent plus de ressources et occupent plus de « classes à un million de dollars pour 6 enfants » afin que le gouvernement atteigne son objectif de créer au moins 644 classes de maternelle 4 ans.

L’engouement pour les maternelles 4 ans débattu

Au moment d’entamer l’étude détaillée, il y a en moyenne 11 élèves inscrits par classe, sur un maximum permis de 17. Cela représente un manque d’engouement, selon les partis d’opposition, mais pas selon Jean-François Roberge.

« En ville, les classes sont souvent à 17 », fait valoir le ministre de l’Éducation. « Parfois, on a des classes à 8, 9 ou 10 en milieu rural », reconnaît-il, mais « parfois, dans un village, il y a 9 enfants de 4 ans... et 9 inscrits ».

Le nombre d’inscriptions a connu une hausse cette année : « Plus de 2500 enfants de plus que l’année passée ». Québec a d’ailleurs dû revoir son plan de créer 200 nouvelles classes dès la rentrée, pour finalement en ouvrir 250. Le gouvernement pourrait néanmoins avoir les yeux plus gros que le ventre.

Le premier ministre François Legault s'engage à rendre accessibles jusqu'à 5000 classes de maternelle 4 ans d'ici 5 ans.

Le premier ministre François Legault s'engage à rendre accessibles jusqu'à 5000 classes de maternelle 4 ans d'ici 5 ans.

Photo : Radio-Canada

Aider tous les enfants dans le besoin

Alors que le Parti québécois soutient qu’il faudrait davantage de services éducatifs pour les tous petits, dès le « zéro ans », plutôt que des maternelles 4 ans, le Parti libéral continue pour sa part de croire que l’implantation de ces maternelles devrait demeurer limitée aux milieux défavorisés, comme le prévoit la loi actuelle.

Jean-François Roberge juge bon de « rappeler à ces gens-là que c’est presque le même taux de vulnérabilité en milieu défavorisé et ailleurs ».

Selon l’Institut de la statistique du Québec : 27,7 % des enfants à la maternelle 5 ans sont considérés comme vulnérables dans au moins un des cinq domaines de développement, à savoir : la santé physique et le bien-être; les compétences sociales; la maturité affective; le développement cognitif et langagier; et les habiletés de communication et les connaissances générales.

Le taux de vulnérabilité dans les quartiers aisés et de classe moyenne est évalué à 26 %, tout juste en deçà de la moyenne nationale, fait valoir le ministre.

« 18 000 enfants de 4 ans ne sont dans aucun réseau », soutient-il également, « ils n’ont juste pas de place ».

Son ministère est cependant incapable de confirmer si les 7000 enfants présentement inscrits à la maternelle 4 ans appartenaient jusque-là à ce groupe, ou s’ils fréquentaient déjà des services de garde.

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