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Lethbridge ne demandera pas de gel de fonds pour son centre d’injection supervisée

Un toxicomane se prépare à s'injecter de l'héroïne avec une seringue.

Le centre d'injection supervisée ne distribue pas de médicaments aux utilisateurs.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Radio-Canada

Le conseil municipal de Lethbridge ne demandera pas à la province de suspendre le financement de son centre d’injection supervisée. Après un débat animé lundi, le conseil a rejeté par 6 voix contre 3 une motion présentée par le conseiller Blaine Hyggen.

Avant le vote, des centaines de personnes se sont rassemblées à l'extérieur de l'hôtel de ville. Certaines étaient pour la motion, tandis que d’autres étaient contre. Des pancartes portaient des slogans tels que La réduction des méfaits est prouvée scientifiquement ou Lethbridge, pas Methbridge.

Au même moment, à l’intérieur du bâtiment, M. Hyggen tentait de convaincre les autres conseillers municipaux que le financement concernant ARCHES, le seul centre d’injection supervisée de la ville, devrait être suspendu jusqu'à l'automne.

Selon lui, le gel du financement pour les nouveaux centres d’injection supervisée en Alberta, imposé pendant que la province termine son examen, devrait également se répercuter sur les centres déjà en activité.

Il a expliqué que les utilisateurs de drogue pourraient être des touristes se rendant dans la ville pour profiter du wi-fi, de la nourriture et des drogues dans le centre. Il a également plaidé pour l'interdiction de la distribution d'aiguilles stériles.

J'ai entendu dire que le centre débordait de musique et d'amusements. Les consommateurs de drogue ont reçu des sacs-cadeaux et des chocolats suisses de Costco, a déclaré Blaine Hyggen au cours du débat.

Le maire révolté

Le maire de la ville, Chris Spearman, a vivement contesté les propos du conseiller Hyggen, affirmant qu'ils n'étaient pas fondés.

Le maire a également demandé au conseiller de s'expliquer au sujet d'une déclaration qu'il avait faite aux médias locaux.

M. Hyggen avait affirmé que la Ville n'avait pas été informée de la mise en place du centre d’injection supervisée , alors quela Ville avait bel et bien été informée, a déclaré Chris Spearman.

Il (Blaine Hyggen) fait tout un discours d'ouverture avec bon nombre d'allégations non fondées.

Chris Spearman, maire de Lethbridge

Un vote synonyme de message

Le conseiller Joe Mauro, a voté pour la motion. Il espère que ce vote fera prendre conscience à la province des préoccupations de la communauté concernant la forte consommation de drogue et les seringues usagées dans les rues.

Je pense qu’un vote positif enverrait un signal à la province, afin qu’elle entende nos frustrations, a-t-il dit.

ARCHES est l’un des centres d’injection supervisée les plus fréquentés en Amérique du Nord.

Entre le 28 février 2018 et le 30 juillet 2019, il a reçu plus de 260 000 visites et répondu à plus de 2500 urgences médicales.

Le centre propose également des services de conseils en toxicomanie ainsi que de l'aide pour le logement et des services d'infirmiers.

La directrice des opérations d'ARCHES, Jill Manning, avait déclaré dans les jours qui ont précédé le vote que des réductions éventuelles pourraient avoir des effets dévastateurs.

Selon elle, la distribution de seringues a diminué de 70 % au cours des 18 derniers mois et le nombre de seringues rapportées au centre est supérieur au nombre distribué.

Lethbridge arrive deuxième pour le taux le plus élevé de morts par surdose de fentanyl par habitant en Alberta.

Alberta

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