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Les agences de protection de la nature de l'Ontario forcées de couper des programmes

Clarence-Rockland.

Les programmes de Conservation Ontario qui protègent les collectivités contre les catastrophes naturelles et les inondations ne sont pas visés par les restrictions budgétaires exigées du gouvernement provincial de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Fanny Geoffrion

Le gouvernement de l'Ontario exige des agences de protection de la nature de la province de couper certains programmes qui ne répondraient pas à leur mandat principal. Les municipalités, qui assument déjà la moitié du financement de Conservation Ontario, risquent de devoir récupérer la facture.

Dans une lettre envoyée le vendredi 16 août, le ministre de l'Environnement de l'Ontario, Jeff Yurek, a prévenu les 36 agences régionales de Conservation Ontario qu'un changement à la loi les forcera à réorienter leur budget uniquement vers les programmes qui répondent à leur mandat principal. Le ministère de l’Environnement indique que les coupes s’appliqueront entre autres aux infrastructures récréatives, aux terrains de golf, aux parcs et aux festivals aquatiques et aux activités archéologiques.

Conservation Ontario doit à la fois protéger les personnes et les biens contre les inondations et d’autres catastrophes naturelles, mais aussi protéger les ressources naturelles à des fins économiques, sociales et environnementales, ainsi que la faune et la flore.

L'organisme chapeaute les 36 agences agences de protection de la nature. Celles-ci sont chargée de mettre en place les programmes. Elles prévoient, entre autres, les inondations : elles lancent des avertissements, renseignent le public, surveillent le débit des cours d'eau ou encore réglementent les activités de développement dans les plaines inondables.

Nous sommes surpris et déçus puisque nous collaborons depuis des mois avec le gouvernement pour revoir nos programmes afin de les aider à réduire le déficit budgétaire.

Kim Gavine, directrice générale, Conservation Ontario

Dans sa lettre, le gouvernement décline le mandat de Conservation Ontario sous quatre volets principaux :

  • Gestion des catastrophes naturelles

  • Protection et gestion des terres appartenant à Conservation Ontario

  • Protection du bassin du lac Simcoe

  • Autres programmes et services prescrits par la loi

Négocier avec les municipalités

Dans le cadre de cette révision à venir, le gouvernement exige des agences de ne pas aller de l’avant avec de nouveaux programmes ou de nouveaux prélèvements sur les municipalités.

Il ajoute que les agences pourront négocier avec les municipalités, qui financent déjà 53 % du budget des agences, afin de poursuivre les programmes dits secondaires.

Cette annonce survient quelques mois après que le gouvernement a réduit de moitié le financement provincial alloué à Conservation Ontario pour ses programmes de gestion des catastrophes naturelles, dont les inondations.

Si le gouvernement mentionne que la démarche permettra un meilleur contrôle des villes, ces dernières n'accueillent pas du tout la nouvelle de la même façon. les agences en ajoutant que ces dernières pourront prendre la relève pour les programmes jugés secondaires.

L' Association des municipalités de l'Ontario (AMO) dit avoir besoin de temps pour évaluer les impacts de ce projet, mais elle comprend que les choses ne seront plus comme avant.

L'agence de protection de la nature de la région de Toronto a d'ailleurs réagit en évoquant la possibilité de négocier des accords de prestation de services avec les villes membres, ce qui lui permettrait de générer des revenus.

Le chef du parti Vert de l’Ontario, Mike Schreiner, condamne ce qu’il qualifie d’attaques répétées de la part du gouvernement Ford envers l’environnement. Il affirme que l’Ontario est une des provinces canadiennes où le budget pour lutter contre les inondations est le plus bas par tête d’habitant. De plus, les villes qui hériteront de ces responsabilités perdront, selon lui, la réelle expertise développée par les agences régionales de Conservation Ontario. 

Avec les informations de Jean-Philippe Nadeau et Philippe de Montigny

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