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Huttopia : la MRC de L'Île d'Orléans et la municipalité de Saint-François traînées en cour

Le terrain de la Pointe d'Argentenay vu du haut des airs

L'entreprise française Huttopia souhaite louer 21,7 hectares de terrain de la Pointe d'Argentenay.

Photo : Coalition citoyenne pour la sauvegarde de la Pointe d'Argentenay

David Rémillard

Les opposants au camping de luxe envisagé par l'entreprise française Huttopia sur la Pointe d'Argentenay, à l'île d'Orléans, saisissent les tribunaux pour mettre fin au projet, qu'ils estiment non conforme à la réglementation municipale.

Des membres de la Coalition pour la sauvegarde de la Pointe d'Argentenay, par l'entremise de leur avocat, viennent de déposer une requête en Cour supérieure, dont le but avoué est de mettre un terme définitif aux démarches d'Huttopia.

Formée de citoyens habitant près du terrain convoité pour le futur site touristique, la coalition souhaite que le projet soit déclaré non conforme à la réglementation de la Municipalité de Saint-François-de-L'Île-D'Orléans, peut-on lire dans la requête dont Radio-Canada a obtenu copie.

Ces citoyens se dressent ainsi devant la mairie de Saint-François et la MRC de L'Île-D'Orléans, qui voient dans le projet d'Huttopia un outil de relance économique pour la pointe est de l'île. Le projet aurait des effets néfastes sur le voisinage, croient cependant les opposants.

La coalition citoyenne plaide que le lot, qui se rend jusqu'au fleuve Saint-Laurent au sud, est protégé en vertu du règlement de zonage municipal. Le règlement y autorise l'aménagement d'espaces verts, de sites d'observation, de centres de ski de fond, de réserves écologiques, de parcs de conservations ou de réserves fauniques.

Le projet implique nécessairement des usages qui ne sont pas parmi les usages autorisés, insiste la requête.

Camping de luxe

Huttopia, qui mise sur le prêt-à-camper haut de gamme, veut implanter un village de villégiature de 130 unités.

Le site Huttopia de l'île d'Orléans comprendrait environ 95 tentes de type bois et toile, dont dont plusieurs avec électricité et munies d'une salle de bain.

S'ajouteraient une piscine chauffée, un comptoir restaurant, un service de bar, un mini-dépanneur, une terrasse, une aire de jeux pour enfants, les résidences du personnel, l’aqueduc, un système de traitement des eaux usées et des stationnements.

Modifications invalides?

En saisissant les tribunaux, le regroupement de citoyens espère également qu'un juge pourra invalider certaines modifications apportées au schéma d'aménagement de la MRC de L'Île-d'Orléans ces dernières années.

Ces modifications auraient pour seul but, selon les détracteurs, de paver la voie à Huttopia.

L'une des modifications, adoptée en août 2018, constitue la création d'une nouvelle affectation récréotouristique à même une partie de l'affectation de conservation, en zone agricole permanente, dans le secteur de la Pointe d'Argentenay, peut-on lire dans le schéma.

Les opposants croient que la MRC a excédé ses pouvoirs en agissant de la sorte.

La coalition dénonce également une forme de spot zoning, ou zonage parcellaire, uniquement pour le lot convoité par Huttopia, ce qui est selon elle illégal.

À noter que le projet doit obtenir l'aval de la Commission de protection du territoire agricole, le terrain étant également zoné agricole.

Il doit aussi obtenir l'autorisation du ministère de la Culture et des Communications du Québec, la totalité de l'île d'Orléans étant un site patrimonial.

Jointe par Radio-Canada, la mairesse de Saint-François, Lina Labbé, a refusé de commenter le contenu de la requête. Elle a simplement déclaré que le projet suivait son cours, sans non plus préciser quelles étaient les intentions des élus.

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