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Brexit : l'UE rejette la solution au « backstop » de Boris Johnson

Donald Tusk montre un air sérieux derrière un micro.

Le président du Conseil européen Donald Tusk affirme que la clause de sauvegarde est le seul moyen d'empêcher le retour d'une frontière physique en Irlande.

Photo : Reuters / Francois Lenoir

Reuters

Le président du Conseil européen Donald Tusk estime que la proposition présentée lundi par Boris Johnson ne constitue pas « une solution réaliste » à la clause de sauvegarde telle qu'elle a été approuvée en novembre par les négociateurs britanniques et européens sur le Brexit.

Cette clause de sauvegarde ou backstop est destinée à éviter le retour à une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande une fois le divorce entre Londres et Bruxelles consommé.

Le premier ministre britannique, qui a adressé une lettre à Donald Tusk dont le contenu a été publié lundi par ses services, pose l'abandon de cette clause comme condition préalable à la discussion d'un accord entre le Royaume-Uni et l'UE.

Le backstop est une assurance destinée à éviter une frontière physique sur l'île d'Irlande en attendant qu'une solution de rechange soit trouvée, écrit Donald Tusk sur Twitter.

Ceux qui sont contre le backstop et ne proposent pas de solutions de rechange réalistes sont en réalité favorables au rétablissement d'une frontière, même s'ils ne l'admettent pas.

Donald Tusk président du Conseil européen

Boris Johnson juge que cette clause [le filet de sécurité irlandais], qui cristallise l'opposition des brexiters à l'accord négocié par Theresa May, porte atteinte à la souveraineté britannique.

Il propose de la remplacer par d'autres dispositions d'ici la fin de la période de transition destinée à gérer en douceur la sortie britannique du bloc communautaire.

Le premier ministre britannique Boris Johnson affiche un air enjoué devant un drapeau du Royaume-Uni.

Le premier ministre britannique Boris Johnson plaide pour un Brexit sans faute le 31 octobre.

Photo : Reuters / Toby Melville

Les commentaires du président du Conseil européen font écho à la position de la Commission européenne qui a répété mardi que la clause de sauvegarde était le seul moyen d'empêcher le retour d'une frontière physique en Irlande, supprimée depuis les accords de paix du Vendredi saint en 1998.

Pas de solution opérationnelle

La lettre ne fournit pas de solution opérationnelle légale pour empêcher le retour d'une frontière physique sur l'île d'Irlande, a déclaré Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne, lors d'un point de presse.

Notre position sur le backstop est bien connue [...] C'est le seul moyen identifié jusqu'à présent par les deux parties pour honorer cet engagement.

Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission européenne

L'Union européenne veut s'assurer que la seule frontière terrestre entre le bloc communautaire et le Royaume-Uni ne devienne pas un lieu de transit pour l'entrée frauduleuse de biens sur le marché européen.

L'Irlande, soutenue dans sa position par Bruxelles, estime que l'instauration d'une frontière risque de ranimer les tensions communautaires en Irlande du Nord, qui ont duré pendant plus de trois décennies.

M. Johnson, qui a promis que le Brexit aurait lieu coûte que coûte le 31 octobre, tente de relancer une campagne pour l'abandon du backstop, clause qui hérisse les partisans du Brexit, car elle prévoit le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière communautaire le temps que soit trouvée une solution à la question irlandaise.

Les brexiters font valoir que cela va entraver pendant des années la capacité du Royaume-Uni à conclure des accords commerciaux et que cela empiète sur sa souveraineté.

Cette question de la clause de sauvegarde a été le principal point qui a fait échouer les trois tentatives menées par l'ancienne première ministre Theresa May de faire approuver par la Chambre des communes l'Accord de retrait conclu en novembre.

Un porte-parole du gouvernement finlandais a déclaré mardi que le premier ministre Antti Rinne avait réaffirmé dans un entretien téléphonique avec Boris Johnson que l'Accord de retrait ne pouvait pas être rouvert.

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