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Le photographe Maurice Henri violemment agressé à Moncton

Portrait de Maurice Henri

Maurice Henri souffrait encore de courbatures quatre jours après l'agression subie le 15 août à Moncton.

Photo : CBC/Vanessa Blanch

Radio-Canada

Les célébrations du 15 août ont pris une tournure violente pour le photographe Maurice Henri au centre-ville de Moncton, au point où il prévient ses concitoyens que la ville n'est plus aussi sûre qu'avant.

Maurice Henri, 61 ans, se trouvait à l’intersection des rues Main et Highfield jeudi dernier vers 19 h au moment où la foule célébrait la fête nationale de l’Acadie. Il prenait à cette occasion des photographies du Centre Avenir.

Dans une entrevue accordée à CBC, le photographe affirme qu'un inconnu s’est tout à coup approché de lui et a exigé qu’il lui donne son appareil photo. M. Henri a refusé. L’appareil photo, précise-t-il, a une valeur de 3500 $.

Selon lui, l’inconnu lui a alors lancé des menaces de mort, s’est élancé vers lui et s'est mis à le frapper . M. Henri dit qu’il n’est pas un bagarreur, mais qu’il s’est défendu et qu’il a répliqué aux coups que lui donnait son agresseur.

La bagarre s’est poursuivie le long de la rue Main dans la foule. Selon M. Henri, l’agresseur criait qu’il allait le tuer tandis qu’il appelait à l’aide.

Maurice Henri a aperçu un homme qui avait un téléphone cellulaire en main. En criant, il lui a demandé deux fois d’appeler le 911, mais selon lui l‘homme s’est simplement éloigné.

Puisque personne ne l’aidait, M. Henri a compris qu’il devait se débrouiller seul. Il a réussi à se dégager et à appeler le 911 lui-même. À ce moment, ajoute-t-il, son agresseur a pris la fuite et il s’est lancé à sa poursuite.

Maurice Henri reconnaît que ce n’était pas une bonne chose à faire. Il était sous le choc, explique-t-il, et il ne voulait pas que son agresseur échappe à la justice.

Des policiers sont arrivés et ils ont arrêté l’homme. Une agression le long de la rue Main a été signalée le 15 août peu avant 19 h 15, confirme la Gendarmerie royale du Canada.

Un homme de 55 ans a été arrêté, puis relâché. Il doit comparaître en cour à une date ultérieure, explique la porte-parole de la GRC, la caporale Jullie Rogers-March.

La ville change, selon Maurice Henri

Maurice Henri a décidé de parler publiquement de sa mésaventure parce qu’il craint ce qui pourrait se produire si une personne incapable de se défendre subissait une telle agression. Il croit que l’homme a voulu s’emparer de son appareil photo pour le vendre et acheter des drogues.

Le photographe recommande aux gens d’être plus attentifs et prudents.

Notre ville grandit et les choses changent. Nous ne savons pas qui rôde près de nous.

Maurice Henri, résident de Moncton

Il ne souhaite pas que les gens aient peur, il veut simplement les sensibiliser au risque. Il veut aussi que les gens appellent à l’aide quand ils voient une personne en difficulté.

Maurice Henri se demande ce qui se serait passé si son assaillant avait plutôt attaqué une personne âgée ou des enfants incapables de se défendre. Les personnes sans défense risqueraient d'être plus gravement blessées, dit-il.

Le photographe mesure 1,77 mètre (5 pieds et 10 pouces) et il pèse 90 kg (200 livres). Il ne croit pas que son agresseur s’attendait à ce qu’il se défende. S’il avait su ce qui allait se produire, dit-il, il lui aurait remis son appareil photo.

Appui de la communauté

Maurice Henri a publié son récit sur les médias sociaux. Il dit être touché par les centaines de messages d’appui qu’il a ensuite reçu de la communauté.

Le photographe ressent toujours une douleur physique et un choc psychologique à la suite des faits. Il ne peut cesser d’y penser au point de souffrir d’insomnie, explique-t-il.

Par son travail de photographe, il a lui-même aidé beaucoup de gens traumatisés. Il entend demander le soutien de certains professionnels qu’il connaît.

Maurice Henri se sent toutefois réconforté par les messages d’appui. Ces gestes personnels l’aident à cheminer vers la guérison, explique-t-il.

Il espère bientôt surmonter le choc qu'il a subi et marcher à nouveau dans les rues de Moncton avec ses appareils photo. S’il devait renoncer à la photographie à cause de cette agression, ce serait un choc bien pire, conclut M. Henri.

Avec les renseignements de CBC

Nouveau-Brunswick

Crimes et délits