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Le bruit du train léger dérange des propriétaires de condominiums

Voici la vue d'un balcon au 215, avenue Parkdale.

Les trains de la ligne de la Confédération traversent une tranchée lorsqu'ils circulent entre les gares Pré Tunney et Bayview.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Quartiers plus calmes », c'est l'une des promesses que la Ville d'Ottawa a faites au sujet de son nouveau réseau de train léger sur rail de 2,1 milliards de dollars.

Les trains électriques seraient « nettement plus silencieux que les autobus à moteur diesel » et offriraient « un fonctionnement ultra-silencieux à l'intérieur comme à l'extérieur », a promis la Ville.

Vous devez arrêter de parler parce que vous ne vous comprenez pas.

Jane Taylor, résidente du 215, avenue Parkdale

Mais pour le quartier situé le long de la ligne de la Confédération, l'arrivée du train léger sur rail (TLR) a été tout sauf tranquille.

On dirait un avion de chasse CF-18, a déclaré Ghassan Hammouri, qui habite au 14e étage du 215, avenue Parkdale, un immeuble en copropriété qui se trouve juste à l'est de la station Pré Tunney.

En effet, les fenêtres ouvertes, un train qui passe ressemble davantage à un avion qui passe. Le bruit monte graduellement jusqu'à un pic assourdissant qui rend une conversation, la concentration sur une tâche ou même l'écoute de la télévision presque impossible, disent les résidents.

Je n'imaginais pas que ce serait si fort, a déclaré Jane Taylor, qui a emménagé dans l'immeuble il y a deux ans.

Mme Taylor a vécu près de la voie ferrée à Edmonton, donc elle n'a pas de problème avec les bruits urbains en général. Mais quand le train passe par ici, elle dit qu'on ne s'entend pas parler.

Une femme sur son balcon avec son chien.

Jane Taylor aime prendre un café le matin sur son balcon avec son chien à ses côtés, mais le bruit du train a perturbé ce rituel.

Photo : Radio-Canada

Elle aime prendre son petit-déjeuner sur son balcon avec son chien, Rosie, mais les trains, qui sont actuellement soumis à des tests intensifs, l'empêchent de le faire.

Certaines personnes dînent dehors sur leur balcon, et elles ont cessé de le faire, a ajouté M. Bennett. Ça vous prive de votre tranquillité ou de votre concentration.

Il y a un grondement

Dave Owen habite avec sa femme au 215, Parkdale depuis 25 ans. Ils vivent avec des autobus qui font la navette devant leur immeuble depuis des années, sans problème. Mais ce bruit est différent.

Ce que nous entendons, en fait, ce sont ces grands grondements, a décrit M. Owen. Les Red Arrows du Royal Air Force sont passés la semaine dernière, et c'est exactement ce à quoi ça ressemble!

Un homme sur son balcon.

Dave Owen vit au coin de Parkdale et Scott depuis 25 ans. Il n'a jamais été dérangé par le grondement des autobus qui passent, mais il dit que le bruit du TLR est plutôt un « rugissement ».

Photo : Radio-Canada

Une fois que la ligne de la Confédération sera entièrement opérationnelle, les trains feront 500 allers et retours par jour au Pré Tunney. Aux heures de pointe, les trains vont et viennent toutes les quelques minutes.

Les résidents du 215 Parkdale ont dit à CBC que le passage des trains les avait forcés à fermer leurs fenêtres et, chez certains, avait perturbé leur sommeil.

Certains en ont assez

Je songe maintenant à déménager, a indiqué M. Hammouri, qui possède deux logements dans l'immeuble. Le seul problème, c'est que je ne veux pas vendre cet endroit à un acheteur sans lui expliquer où il va emménager. Je ne peux en toute conscience vendre mes deux unités sans révéler à l'acheteur que ces trains vont vous tenir éveillé la nuit. Alors, je suis coincé.

Monsieur Hammouri regarde la caméra.

Ghassan Hammouri est tellement perturbé par le bruit du train qu'il songe à vendre ses deux appartements en copropriété.

Photo : Radio-Canada / Joanne Chianello

Un problème à l'échelle du quartier

Il n'y a pas que les résidents du 215 Parkdale qui disent que leur paix a été troublée.

Selon l'Association communautaire de Mechanicsville, les résidents d'une partie de la rue Scott à l'est de Parkdale, y compris ceux d'une résidence pour personnes âgées à faible revenu, se sont aussi plaints du bruit.

Dans une lettre envoyée au maire Jim Watson la semaine dernière, l'association communautaire a demandé des mesures d'atténuation pour étouffer le bruit du train léger sur rail. Il s'agit notamment de poncer les rails pour les rendre plus lisses, d'installer des matériaux qui atténuent le bruit le long des rails et même de ralentir les trains qui traversent cette zone.

La Ville admet que le bruit est perceptible

La Ville soutient que, d'après un rapport de l'ingénieur-conseil Novus, le bruit généré par le train se situe dans des limites acceptables.

Les résidents contestent cela. D'une part, les niveaux de décibels sont présentés comme une moyenne sur une période de 16 heures, ce qui, selon eux, ne reflète pas les hausses fréquentes et marquées de volume qui surviennent quand un train passe.

De plus, le test de niveau de bruit, qui a été effectué à l'intérieur d'un appartement de l'immeuble en copropriété Parkdale, a été mené les fenêtres fermées. Les résidents disent que cela ne représente pas exactement la perturbation sonore, en particulier pendant les mois d'été.

Les représentants de la Ville reconnaissent que le problème est amplifié par la tranchée entre les stations Pré Tunney et Bayview.

Selon une déclaration attribuée à Michael Morgan, directeur de la construction ferroviaire de la Ville, la tranchée est trop étroite pour le type de voie utilisée dans d'autres parties de la ligne Confédération, longue de 12,5 kilomètres, qui sont remplies de pierres concassées qui réduisent le bruit des trains. Ce tronçon nécessitait plutôt des attaches de rail souples, qui diminuent les vibrations au niveau du sol, mais qui tendent à augmenter le bruit.

Le courriel de M. Morgan confirme que Groupe de transport Rideau (RTG), le consortium qui construit le TLR, s'est engagé à meuler le rail une fois que tous les essais seront terminés et que les travaux pour réduire le niveau sonore se poursuivront selon les besoins.

On ne sait pas si cela suffira

Un rapport technique de 2010 préparé pour la Ville prévoyait l'installation de murs antibruit de 2,4 mètres le long d'une partie de la tranchée entre les stations Pré Tunney et Bayview. Cependant, un rapport subséquent indiquait que les barrières ne réduiraient pas le bruit et qu'elles n'avaient donc jamais été installées.

Je crains que cela ne se fasse pas, alors nous devons maintenir la pression, a déclaré le conseiller Jeff Leiper au sujet des mesures d'atténuation.

En même temps, il a dit comprendre la raison pour laquelle la Ville se montrait réticente à ralentir les trains pour régler un problème « localisé ». Il a dit qu'il veillera à ce que des problèmes semblables ne se reproduisent pas au cours de la deuxième phase du projet.

Le TLR s'étendra le long de la même tranchée jusqu'aux stations Westboro et Dominion, puis dans une nouvelle tranchée le long de l'avenue Byron.

Il faudra faire en sorte que le bruit ne soit pas amplifié et qu'il respecte « un niveau acceptable ».

Avec les informations de Joanne Chianello

Ottawa-Gatineau

Politique municipale