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Les conservateurs offrent aux médias de couvrir leur campagne électorale à bas coût

En 2015, alors que la campagne électorale a duré environ deux fois plus longtemps que la campagne habituelle de 37 jours, les conservateurs avaient facturé 70 000 $ aux médias.

Photo : La Presse canadienne / Marc Grandmaison

Radio-Canada

Le Parti conservateur a décidé de baisser considérablement le coût facturé aux médias pour accompagner son chef, Andrew Scheer, tout au long de la campagne. Ceux qui sauteront dans la caravane conservatrice cet automne payeront cinq fois moins cher que lors des élections de 2015.

En 2015, alors que la campagne électorale a duré environ deux fois plus longtemps que la campagne habituelle de 37 jours, les conservateurs avaient facturé 70 000 $ aux médias. Cette fois-ci, les frais s'élèveront plutôt à 11 500 $.

Nous avons une belle histoire à raconter et nous voulons nous assurer de la faire connaître aux Canadiens de toutes les façons possibles.

Andrew Scheer, chef du Parti conservateur

La tournée du chef est un élément essentiel des campagnes politiques modernes. Dans le passé, les principaux médias ont affecté des journalistes à chaque rassemblement tout en assumant les frais du voyage, payés directement aux partis.

En comparaison, le Nouveau Parti démocratique (NPD) demande 45 000 $ pour les élections de cet automne.

De leur côté, les libéraux n'ont pas encore fixé le prix de la tournée de Justin Trudeau, mais le porte-parole du parti, Braeden Caley, a déclaré qu'ils s'efforceront aussi de maintenir les prix bas.

Un prix qui dérange

Cette situation soulève son lot de questions, d’autant plus que cette couverture médiatique a une influence non négligeable sur le choix des électeurs.

Le parti assure pour sa part qu'il ne s'agit pas d'une façon de s'acheter du temps d'antenne. Le porte-parole du Parti conservateur, Cory Hann, a déclaré qu'aucun rabais n'était offert aux médias.

Nous avons calculé le montant en fonction de ce qu'il en coûterait à un journaliste pour suivre la tournée de la façon la plus évidente et la plus économique possible, c'est-à-dire un laissez-passer de vol et un laissez-passer d'autobus, plus l'achat de wi-fi dans les autobus et les avions et des repas lorsque l'horaire normal est dépassé, peut-on lire dans un courriel destiné à CBC.

Bien que notre coût soit inférieur à celui des campagnes précédentes, il est loin d'être subventionné, car l'avion volera, l'autobus fonctionnera, qu'il y ait quelqu'un dans le siège ou non.

Cory Han, porte-parole du Parti conservateur

Cette différence frappante des montants soulève la question de savoir si les médias ont été surfacturés par le passé, ou s'ils sont subventionnés maintenant.

Le porte-parole de Radio-Canada, Marc Pichette, a déclaré que le service de l'Information de la société d’État ne peut accepter aucune forme de financement ou de subvention d'un parti politique pour sa couverture électorale.

Néanmoins, il n’existe aucun moyen de vérifier exactement à combien s'élèvent les coûts pour permettre à un journaliste de suivre un chef pendant les élections.

Selon Natasha Gauthier, d'Élections Canada, un parti politique est tenu de déclarer comme dépense électorale toute différence entre le coût réel de la tournée et les frais réduits.

Ils doivent indiquer combien d'argent au total ils ont dépensé en voyages pour le chef et la campagne. Il incombe aux partis de s'assurer qu'ils rendent compte de toutes leurs dépenses et contributions conformément à la Loi électorale du Canada et qu'ils respectent les limites établies, a-t-elle ajouté.

Il ne fait aucun doute que les conservateurs possèdent un avantage considérable en matière de collecte de fonds. Le parti a recueilli plus de 24,3 millions de dollars en 2018, comparativement à 16,5 millions par les libéraux et un peu moins de 2 millions par le NPD.

Mais les limites de dépenses pendant la campagne électorale sont les mêmes, peu importe le montant d'argent dont dispose un parti.

Les Canadiens seront appelés aux urnes le 21 octobre prochain.

Avec les informations de Philippe-Vincent Foisy et CBC

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