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La cheffe de l’exécutif hongkongais entrevoit une « issue » au chaos

Une femme aux cheveux courts avec des lunettes parle au micro.

La cheffe de l’exécutif honkongais, Carrie Lam, a réitéré que le projet de loi d’extradition était bel et bien mort.

Photo : Reuters / Ann Wang

Reuters

La cheffe de l'exécutif hongkongais, Carrie Lam, a déclaré mardi qu'elle espérait que la mobilisation pacifique du week-end était le début d'un effort visant à restaurer la paix. Le gouvernement compte discuter avec les manifestants pacifiques et traiter les plaintes contre la police.

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans le calme dans les rues du territoire autonome dimanche, après 11 semaines de mobilisation souvent marquées par des affrontements violents.

D'autres manifestations sont prévues dans les prochaines semaines, notamment une nouvelle grève dans divers quartiers de la ville.

« J'espère sincèrement que cela marquera le retour d'une société qui a retrouvé la paix, loin de la violence », a dit Carrie Lam.

Nous commencerons immédiatement les travaux visant à établir une plateforme de dialogue. Ce dialogue, je l'espère, sera basé sur une compréhension et un respect mutuels et permettra de trouver une issue pour le Hong Kong d'aujourd'hui.

Carrie Lam, cheffe de l'exécutif hongkongais

Le gouvernement entend lancer « une importante étude, couplée à un système très solide, permettant d'enquêter et d'examiner les plaintes déposées contre la police au cours de cette période prolongée d'affrontements et de violences », a-t-elle déclaré devant des journalistes.

Lancé à l'origine contre un projet de loi aujourd'hui suspendu qui aurait autorisé l'extradition de suspects vers la Chine, le mouvement s'est élargi à la défense des libertés garanties par le principe « un pays, deux systèmes », accepté dans le cadre de la rétrocession de l'ex-colonie britannique en 1997.

Cette formule reconnaît la souveraineté chinoise sur la « région administration spéciale », tout en garantissant son autonomie et le respect des libertés individuelles. Pour de nombreux Hongkongais, Pékin a resserré son emprise sur le territoire et remet en cause ce principe.

« La seconde question à laquelle j'ai déjà répondu à plusieurs reprises – et je peux vous faire cette promesse très claire – au niveau politique ce projet de loi est mort [...] Il n'est pas prévu de le relancer, surtout compte tenu des préoccupations publiques », a déclaré Mme Lam.

Ces récentes annonces ne correspondent toutefois pas aux demandes formulées par les manifestants : que Carrie Lam démissionne et qu'une enquête indépendante se penche sur la brutalité policière au cours des manifestations.

Risque de récession

« L’économie de Hong Kong est exposée au risque de ralentissement économique. Nous pouvons le voir à partir des données du premier semestre. En fait, je pense que les données du premier semestre ne reflètent pas pleinement la gravité du problème », a souligné Carrie Lam.

Le secrétaire aux Services financiers et au Trésor, James Lau, a dit à la radio RTHK que le risque de récession était « assez considérable ».

Campagne sur les réseaux sociaux

La police a été critiquée pour avoir eu recours à des méthodes de plus en plus agressives pour disperser les manifestations. Dimanche, la présence policière était minime et aucune interpellation n'a été effectuée. Plus de 700 personnes ont été arrêtées depuis le début du mouvement.

Le chaos s'est propagé à l'étranger. Twitter et Facebook ont annoncé lundi avoir démantelé une campagne sur les réseaux sociaux dirigée depuis Pékin visant à discréditer et à diviser le mouvement de protestation à Hong Kong.

Twitter a déclaré avoir suspendu 936 comptes et que les opérations semblaient être coordonnées par l'État depuis la Chine continentale. Le réseau social a précisé que ces comptes constituaient la frange la plus active de cette campagne de dénigrement et qu'un réseau plus vaste d'environ 200 000 comptes avait été suspendu avant d'être réellement actifs.

Pour sa part, Facebook a indiqué avoir supprimé des comptes et des pages appartenant à un petit réseau sur les conseils de Twitter. Après enquête, l'entreprise a découvert des liens avec des personnes associées au gouvernement chinois.

Twitter et Facebook sont bloqués en Chine continentale par le gouvernement, mais disponibles à Hong Kong.

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