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Les chasseurs veulent des mesures pour éradiquer la maladie débilitante chronique

Deux cerfs de Virginie dans un boisé près de Regina, en Saskatchewan

La maladie débilitante chronique a été dépistée chez des cerfs sur trois quarts du territoire de la Saskatchewan.

Photo : Radio-Canada / Richard Spaeth

Radio-Canada

L’association Saskatchewan Wildlife Federation (SWF) réclame le dépistage obligatoire de la viande provenant de la chasse des cervidés dans des zones de surveillance de la maladie débilitante chronique (MDC) et l’interdiction d'utiliser des appâts pour chasser ces animaux.

La MDC est une maladie cérébrale qui provoque des trous dans le cerveau de certains animaux comme les cerfs et les orignaux. Les animaux malades salivent abondamment et marchent en tremblant, d’où le nom de « maladie du cerf zombie ».

Même s’il n'y a pas de preuve scientifique d’une transmission de la maladie à l’homme, il est déconseillé de consommer les animaux infectés.

L’agence fédérale s’occupe de garder ces viandes contaminées hors du circuit commercial, mais pour la consommation privée de viande de chasse, la réglementation relève de la province.

En 2018, les chasseurs ont rapporté 34 930 cerfs de virginie et cerfs-mulets, selon les données du gouvernement saskatchewanais. Toutefois, seulement 2000 échantillons de ces viandes ont subi un test de dépistage. De ce nombre, 17 % avaient laMDC.

David Pezderic, un membre du conseil d’administration de la SWF, demande au gouvernement de rendre obligatoire le dépistage de la viande de chasse.

« On doit rendre le dépistage obligatoire et prévoir des pénalités si des gens ne s’y conforment pas. C’est la seule façon de protéger le public et aussi la faune », soutient-il.

La MDC a été dépistée chez des cerfs sur trois quarts du territoire de la Saskatchewan.

Le test des viandes de chasse est obligatoire dans certaines régions de la Colombie-Britannique, de l’Alberta et du Manitoba.

Le sous-ministre adjoint de l’Environnement, Kevin Murphy, indique que le gouvernement est prêt à envisager de rendre le dépistage obligatoire dans certaines zones de la province. Il ajoute que l’accent sera mis sur des campagnes de sensibilisation auprès des chasseurs pour les inciter à faire tester leur viande.

De plus, il indique que des mesures seront prises pour réduire le temps nécessaire pour recevoir le résultat d’un examen d’échantillon de viande. Dans certaines régions éloignées de la province, il faut actuellement attendre plusieurs mois pour obtenir un résultat.

Ce long temps d’attente pose particulièrement problème pour les chasseurs autochtones qui ont l’habitude de consommer rapidement leur viande, selon Kevin McLeod, responsable de la qualité de l’environnement à la Fédération des Nations autochtones souveraines.

Dans les communautés autochtones, même deux semaines d’attente pour le résultat d’un test reviennent « à une éternité à côté d’un superbe cerf  », déclare Kevin McLeod.

Un appel à bannir les appâts pour réduire la propagation de la maladie

L’usage d'appâts entraîne des regroupements inhabituels de cervidés, ce qui augmente la propagation de la maladie par l'urine, les excréments et la salive.

Plan serré de David Pezderic fixant l'objectif.

David Pezderic, un membre du conseil d’administration de l'association de Saskatchewan Wildlife Federation, plaide pour l'interdiction des appâts pour la chasse aux cervidés dans la province.

Photo : Radio-Canada / Matthew Garand

L’Alberta et le Manitoba ont banni l’usage des appâts dans la chasse des cervidés.

« Nous pensons qu’ils devraient être bannis en Saskatchewan », lance Pezderic.

Toutefois, une telle interdiction n’est pas prévue en Saskatchewan, indique Kevin Murphy. Il ajoute qu’à sa connaissance, aucune étude n’a prouvé qu'une telle mesure conduirait à l’éradication de la MDC.

Kevin Murphy soutient que la province a déjà une réglementation qui encadre l’usage des appâts et qu’elle compte la renforcer à l’avenir pour lutter contre la maladie.

Avec les informations de Bonnie Allen

Saskatchewan

Santé publique