•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le Ligandrol, une substance interdite et à la mode

Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand Frappier.

La directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS-Institut Armand Frappier, Christiane Ayotte, manipule un échantillon d'urine.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Marie-Ève Trudel

La substance décelée dans l'organisme de Laurence Vincent-Lapointe, le Ligandrol, est une substance de plus en plus en vogue, selon la directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'Institut national de recherche scientifique (INRS).

Christiane Ayotte savait qu'un athlète avait eu un test antidopage positif à la fin juillet. C'est son laboratoire qui a procédé au test. Or, l'utilisation de bouteilles codées fait en sorte qu'elle ignorait qui était en faute. Un athlète étranger? se demandait-elle. Mais non. C'est donc avec grande surprise qu'elle a appris la suspension de la canoéiste de Trois-Rivières par la Fédération internationale de canoë.

Son devoir de réserve ne lui permet pas de commenter le cas de Laurence Vincent-Lapointe, qui, rappelle-t-elle, aura droit à une défense pleine et entière. Chose certaine, le Ligandrol n'est plus étranger dans son laboratoire.

On a des cas positifs pour le LGD depuis 2014, 2015, dit-elle, donc ça fait malheureusement partie des dopes qui sont utilisées dans le sport.

Le Ligandrol, « il y en a partout »

Le Ligandrol est un agent anabolisant, interdit au Canada, mais malheureusement, si vous consultez l'Internet, il y en a partout, dit Chritiane Ayotte.

Santé Canada mentionne bien que ce sont des substances dangereuses, mais la spécialiste note qu'elles sont banalisées.

Le marché noir en fait la promotion en disant qu'il s'agit de substances aussi efficaces que la testostérone, mais sans les effets secondaires.

Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l'INRS

On blâme beaucoup à raison la Chine, ce sont des laboratoires chinois qui préparent en quantités importantes le matériel de base qui est importé au Canada, explique-t-elle. N'importe qui prépare des produits qui sont ensuite distribués librement sur Internet, mais qui ne devraient pas l'être.

Est-ce qu'il a pu y avoir contamination? Est-ce que ça a pu se faire à l'insu de l'athlète qui domine sa discipline? Toutes des questions sans réponse.

Quand c'est fait par le marché noir, bien sûr que ce n'est pas fait par l'industrie pharmaceutique [...], bien sûr qu'il peut y avoir des contaminations, affirme l'experte. La question [est] de savoir si c'était une ingestion délibérée ou involontaire et ça, le test d'urine ne peut pas le dire.

Le début d'un processus administratif

Le cas de Laurence Vincent Lapointe sera jugé devant un tribunal administratif indépendant. L'athlète aura le fardeau de la preuve et devra donc prouver son innocence.

À ce stade-ci, il faut laisser les procédures administratives suivre leur cours, dit Christiane Ayotte.

La suspension de Laurence Vincent-Lapointe fait en sorte qu'elle doit mettre une croix sur les Championnats mondiaux, auxquels elle se préparait intensivement, et qui commencent cette semaine en Hongrie. Cette compétition est une étape cruciale pour les athlètes vers les Jeux olympiques de Tokyo, à l'été 2020.

La nouvelle a créé une onde de choc à Trois-Rivières.

Mauricie et Centre du Québec

Compétitions sportives