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Pourquoi s'installer sur la côte ouest?

La baie Howe, photographiée du sommet d'une montagne de Squamish par une journée sans nuage.

La Colombie-Britannique séduit de nombreux Canadiens par ses grands espaces facilement accessibles.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Alexandre Milette-Gagnon

En 2020, 12 000 Canadiens choisiront de s'établir en Colombie-Britannique, révélait en août un rapport de la coopérative de crédit Central 1. Pour plusieurs, ce sera l’occasion d’expérimenter le mode de vie de la côte ouest. Qu’est-ce qui le caractérise?

Pour François-Xavier Gagnon, cela ne fait pas de doute, la côte ouest lui permet de profiter des espaces verts. Originaire du Québec, le guide d'aventure s'est installé ici après une expédition au mont Denali, en Alaska, à l'âge de 20 ans.

Il y a vraiment une opportunité pour faire du plein air [...] tu peux faire du ski le matin et faire du vélo de montagne et de la baignade dans l'après-midi, explique-t-il.

Avec des paysages à couper le souffle, un mode de vie empruntant à différentes cultures et un climat tempéré, la côte ouest séduit de nombreux voyageurs et Canadiens qui la visitent.

Le guide d'aventure croit que ceux qui incarnent un mode de vie « côte ouest » apprécient également le rapport matériel dans l'Ouest, un rapport qu'il juge différent de celui qu'il a expérimenté sur la côte est.

[Dans l'est] le mode de vie est très : boulot métro dodo, la maison, s'acheter une machine à espresso qui coûte cher, ici, à moins d'être très fortuné, [le matérialisme] n'a pas vraiment d'importance.

François-Xavier Gagnon, guide de plein air britanno-colombien
François-Xavier Gagnon au sommet d'une montagne enneigée

Le guide d'aventure François-Xavier Gagnon reconnaît que les gens sont plus actifs, mais peut-être un peu moins chaleureux sur la côte ouest.

Photo : courtoisie de François-Xavier Gagnon

François-Xavier pense que dans les plus petites communautés de la province, la place du travail est différente. En vivant à Revelstoke, vite je me suis rendu compte que ce n'est pas vraiment important ce que tu as fait comme études ou c'est quoi ta carrière. Mais c'est plus, quelles sont tes aspirations, quelle est ta passion, au niveau du sport par exemple, affirme-t-il.

Cette différence, il la remarque particulièrement lorsqu'il retourne visiter ses amis dans sa province natale.

Un endroit actif

François-Xavier n'est pas le seul Britanno-Colombien à avoir un mode de vie actif. La ville de Vancouver se trouve dans le palmarès des villes en Amérique du Nord où les gens utilisent le plus le vélo pour se rendre au travail. C’est dans cette ville côtière que se trouve la piste cyclable la plus empruntée en Amérique du Nord.

La piste du pont Burrard est empruntée par 1,13 million de cyclistes annuellement, soit une moyenne quotidienne de 3100 cyclistes. À titre comparatif, la rue Laurier de Montréal voit passer 1635 adeptes de la pédale quotidiennement.

Des cyclistes traversent la rue à Vancouver

Des cyclistes se rendent au travail à vélo

Photo : Radio-Canada / Daniel Beauparlant

La proximité de Vancouver à des emplacements de plein air peut en partie expliquer cette différence, croit François-Xavier. Un Vancouvérois doit seulement parcourir une quinzaine de kilomètres pour accéder aux montagnes situées sur sa rive nord. Un Montréalais doit parcourir plus de 60 kilomètres pour trouver une montagne équivalente.

Les montagnes de la rive nord sont visibles depuis le centre-ville de Vancouver.

Les montagnes de la rive nord de Vancouver représentent une occasion de faire du plein air pour les citadins

Photo : Philippe Moulier/Radio-Canada

Cascadie : l'utopie d'une côte ouest indépendante

Au cours de l'histoire, certains groupes ont même proposé de transformer le nord-ouest de l'Amérique du Nord en une république indépendante. Ils auraient modifié la biorégion de Cascadie en un état souverain.

Cascadia était un projet indépendantiste qui proposait de rassembler la province de la Colombie-Britannique et les états de Washington et de l’Oregon. Ces balbutiements remontent au 18e siècle alors que l'on proposait de former un territoire indépendant à l'ouest des Rocheuses.

L’idée a ensuite été remise au goût par le roman utopique Ecotopia de l'auteur Ernest Callenbach publié en 1975. Ce roman proposait un endroit où le rapport à la nature beaucoup plus intimiste et d'une décentralisation des pouvoirs au profit des communautés.

L’histoire derrière ces différences

La différence entre le mode de vie sur les deux côtes pourrait s’expliquer d’un point de vue historique, croit Allan Smith, professeur d’histoire à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC). Historiquement, l'Ouest canadien a développé des liens à la fois avec l'est du pays alors que des explorateurs ont parcouru le Canada à partir de l'Est, mais également avec les pays du Pacifique et les cultures asiatiques.

La région était [historiquement] partagée entre l’Est et l’Ouest [...] on peut encore apercevoir ce phénomène aujourd’hui avec l’histoire du pipeline avec l’Alberta

Allan Smith, professeur d'histoire à UBC
Un homme accorde une entrevue.

Allan Smith croit que la Colombie-Britannique est divisée entre l'influence qui lui provient de l'Est et de l'Ouest.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Milette-Gagnon

Par ailleurs, les récentes vagues d’immigration pourraient expliquer en partie un mode de vie emprunté aux cultures orientales, explique le professeur. Au recensement de 2016, la Colombie-Britannique comptait plus de 186 000 immigrants originaires d'Asie, dont 66 000 de la Chine continentale et 24 000 de Hong Kong.

Également, 16,6% des autochtones du Canada vivent en Colombie-Britannique.

Allan Smith affirme que le rapport différent avec les Premières Nations peut présenter un élément de réponse à la distinction entre l'Est et l'Ouest. Il rappelle que très peu de traités ont été signés avec les Premières Nations, ce qui modifie la dynamique avec elles.

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Colombie-Britannique et Yukon

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