•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Faillite possible chez Capitales Médias, quel impact sur l'information régionale?

Trois éditions du journal sur une table. Gros plan sur le titre du journal.

Le Groupe Capitales Médias publie le quotidien Le Soleil.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Louis Lessard

Les difficultés financières du Groupe Capitales Médias sont source d'inquiétudes chez certains journalistes gaspésiens. Deux pigistes d'expériences se questionnent sur leur avenir et sur la baisse du nombre des nouvelles régionales sur la scène médiatique nationale.

En grave difficulté financière, Capitales Médias a envoyé un avis d'intention pour se placer sous la protection de la loi sur les faillites. Deux des reporters-pigistes qui dépendent de ce groupe de presse ne cachent pas leurs inquiétudes devant cet avenir économique qui s'annonce incertain.

Leur incertitude est vive, en réaction à la nouvelle, avant une rencontre d'urgence des ministres à Québec sur le sujet, en fin d'après-midi, lundi.

La journaliste pigiste Johanne Fournier, dont le groupe est le principal employeur depuis une décennie, affirme que les prochaines semaines risquent de se passer sous le signe de la précarité. La reporter écrit de 7 à 10 articles par semaine dans le journal Le Soleil, propriété de Capital Médias. Une participation régulière qui correspond à 90 % de ses revenus. J’étais à temps plein pour Le Soleil. Moi, c’était mon pain et mon beurre Le Soleil.

J’ai des textes tous les jours, je viens de travailler huit jours de suite sans prendre de congé.

Johanne Fournier, journaliste

Gilles Gagné est aussi journaliste pigiste pour Le Soleil. Il collabore avec le quotidien de Québec depuis 28 ans. Le reporter d'expérience y écrit jusqu'à 4 articles par semaines. Il explique que le quotidien a un appétit pour des histoires diverses comme les procès, les faits divers et les sujets environnementaux.

M. Gagné qualifie l'annonce de mauvaise nouvelle, mais se retient d'adopter un ton résigné pour le moment. C'est un porte-voix de l'actualité gaspésienne que l'on perd momentanément dit-il, on pense que c'est une restructuration ordonnée, on pense qu'il y a aura au bout de ça un redémarrage des publications.

Une information régionale menacée?

En plus de son travail de journaliste, Johanne Fournier occupe aussi le siège de présidente de la section Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec. Elle déplore la possible perte d'un organe de presse qui joue un rôle régional important selon elle, celui de rapprocher les citoyens des grands centres et les régions. Les sondages le démontrent d’année en année, dit-elle. La place qui est réservée dans les nouvelles aux régions, elle baisse tout le temps, elle est de plus en plus petite!

Si Le Soleil n’est plus là pour informer de ce qui se passe dans l'Est-du-Québec? C’est triste. On s'isole.

Joanne Fournier, journaliste

Gilles Gagné ajoute que certains angles de traitement du quotidien, dont les commentaires éditoriaux régionaux, participaient à une vie démocratique riche et intéressante.

Les deux journalistes constatent que ce type de défis économiques reposent en partie par la perte de revenus publicitaires des médias. Nos sources de revenus se tarissent et ce sont d'autres joueurs qui prennent, qui encaissent les revenus publicitaires affirme Gilles Gagné.

C'est comme si un livreur de pizza gardait tous les profits et ne ramerait rien au restaurant.

Gilles Gagné, journaliste

Il faut vraiment revoir le modèle ajoute Johanne Fournier.

À court terme, Capitales Médias souhaite se protéger de ses créanciers en se faisant représenter par un syndic.

L'entreprise sera en faillite technique si ses démarches ne donnent rien.

Bas-Saint-Laurent

Médias