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Anne-Marie Trudel quitte la direction du Salon du livre de l’Outaouais

Une femme est en entrevue.

Anne-Marie Trudel quitte ses fonctions de directrice générale du Salon du livre de l'Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Christelle D'Amours

Après avoir vécu le 40e Salon du livre de l’Outaouais, à l'hiver 2019, la directrice générale Anne-Marie Trudel tourne la page. Celle qui aura été à la barre de l’événement durant 10 ans passe le flambeau à la poète et dramaturge Mélanie Rivet.

Dans quelques jours, le Salon du livre de l’Outaouais (SLO) entamera les préparatifs de son prochain événement : une 41e rentrée, qui se fera sans sa directrice générale des 10 dernières années, Anne-Marie Trudel. C’est Mélanie Rivet, qui a occupé les fonctions de directrice adjointe lors du dernier salon, qui a été choisie par la directrice sortante pour lui succéder.

C’est le temps. Pour une organisation, c’est très sain de pouvoir avoir du sang neuf, d’aller de l’avant.

Anne-Marie Trudel, directrice sortante du SLO

Pour Mme Trudel, vivre un dernier salon sur le thème « Oser le SLO » a été une façon de « boucler la boucle ». Elle se dit fière d’avoir concrétisé sa vision de l’événement, articulée autour de « l’approche événementielle et de l’importance d’une programmation diversifiée ».

C’est en espérant que le SLO poursuive son virage d’actualisation qu’Anne-Marie Trudel a arrêté son choix sur Mélanie Rivet pour prendre le relais de ses fonctions. « Elle a des qualités, une fraîcheur, un dynamisme et une créativité qui vont permettre au salon de continuer à aller de l’avant et à se transformer », assure-t-elle.

C’est la personne qu’il faut [au Salon du livre de l'Outaouais] à ce moment-ci de son histoire.

Anne-Marie Trudel, directrice sortante du SLO

Pour faciliter la transition, Mme Trudel agira à titre de consultante dans la préparation de la prochaine édition.

Mélanie Rivet se dit quant à elle reconnaissante de prendre les rênes d’une organisation en santé, « dans la douceur et l’harmonie ».

On a vu trop souvent des organismes culturels qui ont vraiment un moment difficile dans une transition de direction qui se passe rapidement; l’organisme reste un peu orphelin pendant un bout de temps, puis c’est difficile après ça. Ça crée des zones troubles, explique la nouvelle directrice générale. Anne-Marie et moi, on se ressemble beaucoup et on l’a découvert au cours de l’année. Je pense qu’il va y avoir une continuité évidente.


Regard sur l’oeuvre d’une décennie

Une femme sourit légèrement, portant une robe noire et une écharpe de coton bleu pâle.

Anne-Marie Trudel espère que le Salon du livre de l'Outaouais continuera de se transformer sous la nouvelle direction de Mélanie Rivet.

Photo : Radio-Canada

(Christelle D'Amours) Qu’est-ce qui vous a le plus marquée dans votre expérience à la direction du Salon du livre de l’Outaouais?

(Anne-Marie Trudel) C’est sûr que le Salon du livre de l’Outaouais va toujours occuper une grande place dans ma vie. Vous savez, faire un événement, on ne fait pas ça de 9 h à 17 h. On y pense continuellement. La direction d’un salon, c’est un travail extraordinaire parce qu’il y a beaucoup de place à la créativité. Surtout quand on peut avoir la confiance comme je l’avais du conseil d’administration et ça, c’est vraiment précieux. Je pense que c’est vraiment le souvenir que je vais en garder.

De quoi êtes-vous la plus fière?

Certainement que le SLO soit reconnu comme un événement capable d'innover, d'évoluer, de prendre des risques et de se transformer.

Êtes-vous émotive à l’idée de quitter la direction?

Je suis très sereine et contente. Le salon appartient à tout le monde, ce n’est surtout pas mon salon du livre. Mais c’est sûr qu’après s’être investie autant, ça me crée une grande joie et beaucoup de sérénité de penser que Mélanie, avec la compétence qu’elle a, va assurer la suite des choses. [...] Il y a un petit peu d’excitation aussi parce que pour moi, ça veut dire un nouveau pan de vie!

À quoi sera-t-elle consacrée, cette nouvelle vie?

J’espère avoir l’occasion de relever d’aussi beaux défis, de partager l’expérience que j’ai acquise au cours de mon aventure professionnelle et particulièrement dans les 10 dernières années, au SLO. Je vais œuvrer à titre de consultante pour les organisations qui auront envie d’avoir cette expertise-là.

Qu’est-ce qui va vous manquer le plus au Salon du livre de l’Outaouais?

Quand on se promène, puis qu’on sait que le fruit de notre travail nous a permis de créer cet événement-là. Vous savez, la paye principale quand on organise un salon, c’est les sourires, c’est de voir les gens qui, au cœur de l’hiver, se rencontrent dans cette grande place publique qu’on a créée avec beaucoup de travail et de vision. Cette satisfaction-là risque de me manquer.

Qu’est-ce que vous souhaitez au SLO pour l’avenir?

De continuer sur sa lancée, de continuer à se développer, notamment autour d’une programmation qui serait offerte à l’année. Je pense que faire la promotion de la lecture, des auteurs, des livres, il faut que ça dépasse les quatre jours de l’événement.

Anne-Marie Trudel laisse la barre du SLO


Un SLO tourné vers l’avenir

Une femme aux cheveux foncés sourit.

L'auteure, poète et dramaturge Mélanie Rivet est la nouvelle directrice du Salon du livre de l'Outaouais.

Photo : Facebook / Mélanie Rivet

(C. D.) Était-ce un objectif de carrière, pour vous, de diriger un événement comme le Salon du livre de l'Outaouais?

(Mélanie Rivet) Ce n’était pas pensé, réfléchi en tant que tel, mais c’est comme si tout ce j’ai fait dans ma vie au point de vue professionnel me dirigeait vers là. Lorsque j’ai pris, l’an passé, la direction adjointe, je n’avais aucune idée que cette année ce serait une étape encore plus loin. Sauf que je l’embrasse pleinement, parce que ça me ressemble!

Comment envisagez-vous ce nouveau défi?

Après avoir été auteure, éditrice, journaliste et créatrice d’événements, c’est comme si, au lieu de m’éparpiller dans plein de projets, je peux tout faire ça au sein de mon emploi. [...] C’est un emploi de rêve auquel je ne me serais pas permis de rêver et qui m’est offert. Je trouve ça super logique et cohérent dans ma démarche de carrière. C’est un immense défi et, à la fois, c’est très naturel.

Que représente le SLO pour vous?

Je l’ai découvert quand je suis arrivée à Gatineau, en 2009. J’étais à Montréal, puis à Terrebonne avant et j’ai eu un coup de cœur tout de suite comme visiteuse. Après ça, j’ai eu un immense coup de cœur comme auteure. C’est un lieu où on se sent bien, on se sent chez nous, on a facilement accès aux auteurs, aux éditeurs et on peut faire des découvertes.[...] C’est un phare et un catalyseur des belles activités culturelles, autant sur le plan régional qu’en dehors de la région.

C’est un événement qui a 40 ans. Selon vous, qu’est-ce qui doit absolument rester tel quel?

Son caractère profondément humain. Puis, il y a un autre truc qui a été ajouté au cours des dernières années : c’est l’élément de surprise. De faire les choses avec audace, un peu autrement. On se distingue avec les activités hors les murs et ça ajoute un peu de piquant. Ça, ça doit rester. Puis, il y a une équipe extraordinaire, une équipe de bénévoles et un conseil d’administration engagé. On a aussi besoin que ça continue comme ça.

Et qu’est-ce qui doit absolument changer dans les prochaines années?

Être présents toute l’année! Parce que quatre jours, ce n’est pas assez.

Quel genre de directrice serez pour vous le Salon du livre de l’Outaouais?

Je suis assez rigoureuse et by the book! [rires]. Mais je serai investie sur le plan de la programmation et de développer des partenariats qui n’ont pas encore été faits. Il y a de nouveaux lieux à investir, de nouvelles façons de faire approcher l’amour des mots et de l’écriture à des gens, de développer plus largement le public. Je ne veux pas tout dévoiler maintenant, mais il y a des petites idées et de nouveaux partenariats qui sont en train d’être explorés.

Si on se permet de rêver, comment imaginez-vous le SLO dans cinq ans?

Il aurait un réseau vibrant de partenaires autour de lui. Il continuerait aussi à faire connaître et à créer de la médiation littéraire et de la promotion de la lecture tout au long de l’année. Un rêve : on devient un must! Les gens ne peuvent pas ne pas venir chez nous!

Mais on est partis pour ça, donc je pense qu’on doit continuer à bien faire ce qu’on fait et on va y arriver.

Mélanie Rivet et Anne-Marie Trudel sont assises en studio.

De gauche à droite, Mélanie Rivet, la nouvelle directrice générale du Salon du livre de l'Outaouais (SLO) et Anne-Marie Trudel, sa prédécesseure.

Photo : Radio-Canada / Nathalie Bastien

Ottawa-Gatineau

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