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New York : 5 ans après, renvoi d'un policier accusé d'avoir asphyxié un Noir

À Los Angeles en décembre 2016, une manifestante contre le profilage racial s'est couvert la bouche et y a inscrit « I can’t breathe », en souvenir de la strangulation de l'Afro-Américain Eric Garner.

La mort d'Eric Garner continue de susciter la colère de la communauté noire.

Photo : Getty Images / David McNew

AFP

L'affaire avait en 2014 galvanisé le mouvement Black Lives Matter qui dénonçait les violences policières contre les Noirs. Lundi, le chef de la police new-yorkaise a annoncé le renvoi du policier accusé d'avoir asphyxié un Noir non armé qui résistait aux injonctions de la police.

Le chef James O'Neill a indiqué avoir décidé de suivre la recommandation d'une juge administrative qui avait appelé à un licenciement à l'issue d'un procès disciplinaire qui s'était terminé en juin.

Je suis d'accord avec cette recommandation, l'officier de police Daniel Pantaleo ne peut plus servir de façon efficace comme policier à New York, a indiqué James O'Neill, tout en soulignant que la décision avait été extrêmement difficile.

L'histoire, qui a déchaîné les passions et suscité de nombreuses manifestations, remonte au 17 juillet 2014 : Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, avait été violemment plaqué au sol par des policiers qui le soupçonnaient de vendre illégalement des cigarettes dans un quartier de Staten Island.

Obèse et asthmatique, M. Garner, qui refusait d'être interpellé mais qui n'était pas armé, avait perdu connaissance pendant que cinq hommes s'employaient à le menotter, puis était décédé.

Je ne peux pas respirer

Les images de l'interpellation, filmées par un ami et mises en ligne peu après, avaient fait le tour du monde : on y entend Eric Garner répéter à maintes reprises : Je ne peux pas respirer (I can't breathe).

Malgré les manifestations que la mort avait suscitées, le policier Daniel Pantaleo avait conservé son emploi, mais était cantonné à des tâches administratives. Il avait été récemment suspendu dans l'attente de la décision de M. O'Neill.

Son licenciement semblait cependant la seule option depuis la recommandation de la juge, au début d'août.

De puissantes associations de défense des droits civiques, dont celle du célèbre révérend Al Sharpton, avaient appelé le chef de la police à s'y conformer.

Le maire de Blasio, candidat à la présidentielle 2020

Le sujet était aussi devenu très sensible pour le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, candidat à l'investiture démocrate de la présidentielle de 2020, qui se positionne comme un grand défenseur des minorités et ne cesse de citer son bilan en matière de criminalité à New York parmi ses points forts.

Lundi, il a, comme la procureure générale de l'État de New York Letitia James et d'autres responsables démocrates, salué une décision « objective », espérant qu'elle apportera la paix à la famille Garner et l'incitera à tourner la page.

Emerald Garner, fille d'Eric Garner, a cependant prévenu qu'elle allait continuer à se battre pour une loi interdisant les techniques d'asphyxie que les policiers restent autorisés à pratiquer dans certains cas.

Je vais faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'il n'y ait plus jamais d'Eric Garner, a-t-elle déclaré, Al Sharpton à ses côtés.

M. O'Neill, qui a servi quelque 30 ans comme policier avant d'être promu à la tête de la police new-yorkaise, a immédiatement prédit que sa décision déclencherait la colère dans ses rangs.

Si j'étais encore policier aujourd'hui, je serais probablement furieux contre moi, a-t-il dit, faisant valoir que les policiers exerçaient l'un des métiers les plus difficiles du monde et devaient prendre des décisions difficiles en un instant.

Mais c'est ma responsabilité de protéger la ville comme les policiers new-yorkais, s'est justifié M. O'Neill.

Un syndicat de policiers new-yorkais, The Police Benevolent Association, l'a immédiatement accusé de choisir « la politique et ses propres intérêts plutôt que ceux des policiers qu'il prétend diriger ».

Des explications « non plausibles et mensongères »

Dans un avis de 46 pages, dont des extraits ont été publiés par les médias américains dimanche, la juge administrative Rosemarie Maldonado avait notamment estimé que le policier Daniel Pantaleo avait fourni, lors d'une enquête interne sur les circonstances de la mort d'Eric Garner, des explications « non plausibles et mensongères ».

Elle avait aussi jugé « non fiables » les témoignages des autres policiers interrogés sur cet événement.

La démocrate noire Letitia James a salué cette décision.

« Depuis plus de cinq ans, la famille Garner et les citoyens à travers le pays attendent que justice soit faite dans la mort d'Eric Garner [...] Même si nous ne pourrons jamais changer les événements qui ont eu lieu ni faire revivre M. Garner, un semblant de justice a été rendu aujourd'hui. »

Si le mouvement Black Lives Matter est moins fort aujourd'hui, les polémiques sur les violences policières contre des Noirs se déclenchent régulièrement.

En janvier 2019, un policier blanc de Chicago, reconnu coupable du meurtre, quatre ans plus tôt, d'un adolescent sur lequel il avait tiré 16 fois, a été condamné à près de sept ans de prison.

La condamnation, relativement clémente, a choqué une partie de la ville, et le maire démocrate Rahm Emanuel a décidé de ne pas se représenter, après avoir été critiqué pour avoir tardé à diffuser la vidéo de la fusillade.

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