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Hibernia : des biologistes réclament la présence constante d’observateurs indépendants

La plateforme pétrolière Hibernia au large de Terre-Neuve.

La plateforme pétrolière Hibernia, au large de Terre-Neuve.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Patrick Butler

À la suite du deuxième déversement à Hibernia en un mois, des biologistes réclament la présence permanente d’observateurs indépendants de la faune sur les plateformes pétrolières au large de Terre-Neuve.

La biologiste à l’Université York, Gail Fraser, qui étudie les impacts des déversements de pétrole sur les oiseaux marins, indique que sans une présence continue d’observateurs indépendants, l’impact de l’industrie pétrolière sur la faune marine demeure inconnu.

L’industrie pétrolière fait très peu d’effort pour évaluer avec précision son impact sur la faune marine. [...] On est effectivement tenu dans le noir.

Gail Fraser, biologiste, Université York

Gail Fraser cite l’exemple du pétrel cul-blanc, une espèce d’oiseau marin dont la population a diminué de façon importante ces dernières années.

La population [de pétrel] diminue, on le sait, affirme-t-elle. Mais nous n’avons pas les données nécessaires pour savoir jusqu’à quel point la mortalité de la population est liée à l’industrie pétrolière.

Deux pétrels englués sont morts après un déversement à Hibernia, en juillet dernier.

Définir « indépendant »

Pourtant, l’Office Canada-Terre-Neuve-et-Labrador des hydrocarbures extracôtiers, l’agence indépendante qui réglemente l’industrie pétrolière de la province, soutient que des observateurs de la faune sont présents à tout moment sur les plateformes pétrolières au large de Terre-Neuve.

Mais le président de l’agence, Scott Tessier, ajoute que ces observateurs sont engagés par les sociétés, donc, ça dépend de comment vous voulez définir “indépendant”.

Il assure cependant que typiquement, dans le monde industrialisé, […] on voit seulement ce genre de surveillance par une tierce partie ou par un régulateur dans les cas où il y a un mépris persistant ou flagrant du régime de réglementation, indique-t-il.

C’est de la conjecture de dire que, même après les incidents survenus récemment, il existe ce mépris persistant ou flagrant dans l’industrie.

Scott Tessier, président, Office Canada-T.-N.-L. des hydrocarbures extracôtiers

Montrez-moi vos données

Gail Fraser, qui s'intéresse à la surveillance de l’industrie extracôtière à Terre-Neuve depuis 2002, n’est pas convaincue.

S’il y a des gens sur les plateformes qui font des observations systématiques de la faune marine, montrez-moi vos données, parce que je ne les ai jamais vues, lance-t-elle.

Elle indique également que lors d’un déversement, les observateurs indépendants peuvent mettre des journées à arriver au site d’une fuite à cause des conditions en mer.

Un manque de transparence?

Bill Montevecchi, un biologiste à l’Universté Memorial, dénonce également la façon dont les déversements et leur impact environnemental sont communiqués au public.

M. Montevecchi remarque qu'à cause de la grande distance entre les plateformes comme Hibernia et l'île de Terre-Neuve, la majeure partie de l’information communiquée au public après un déversement provient des compagnies qui exploitent les plateformes.

Comme pour lui donner raison, aucune image de la plus récente nappe de pétrole provenant d'Hibernia n’a été diffusée.

Il devrait y avoir des observateurs d’Environnement Canada sur place et nous devrions savoir exactement ce qui se passe, soutient Bill Montevecchi.

Selon la Société d’exploitation et de développement d’Hibernia, environ 2200 litres de pétrole se sont déversés de la plateforme samedi dernier. Jusqu’à maintenant, aucun oiseau n’a été repéré dans ou près de la nappe de pétrole créée par le déversement.

La plateforme Hibernia se trouve à environ 315 kilomètres à l’est de l’île de Terre-Neuve. Quatre navires, dont un bateau-balayeur, ont été déployés pour essayer de récupérer les hydrocarbures qui se sont échappés.

Scott Tessier précise toutefois qu’il est généralement impossible de récupérer la majeure partie des hydrocarbures en mer après un déversement.

Terre-Neuve-et-Labrador

Protection des espèces