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« Une attaque envers les Ontariens » : les compressions au financement municipal dénoncées

Un homme avec les cheveux blonds et un veston cravate.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Jean-François Morissette

Toronto monte à nouveau aux barricades pour dénoncer le nouveau modèle de financement des services de santé publique et des services de garde annoncé par le gouvernement Ford. Le conseiller Joe Cressy prévient que les changements entraîneront des compressions budgétaires et constituent une « attaque » envers les Ontariens.

Le nouveau plan prévoit que toutes les municipalités, y compris Toronto, paieront 30 % des coûts des soins de santé publics, à compter du 1er janvier 2020.

Pour le président du conseil d'administration de la Commission de la santé publique de Toronto, Joe Cressy, la décision du gouvernement Ford de revoir ce modèle de financement est tout simplement inacceptable.

Ce n'est rien de moins qu'une attaque envers les Ontariens.

Joe Cressy, conseiller municipal à Toronto

Ces compressions seront dommageables pour les Ontariens. Elles ciblent les plus vulnérables, exprime-t-il en entrevue à Radio-Canada.

Le conseiller Joe Cressy en entrevue avec CBC, dans un couloir. Il porte une chemise blanche et un veston noir, il a les cheveux châtain clair.

Le conseiller municipal Joe Cressy

Photo : Radio-Canada / Yan Jun Li

Sans pouvoir chiffrer les compressions, M. Cressy croit qu’elles diminueront le budget de la santé publique de Toronto de plusieurs dizaines de millions de dollars par année.

Il craint notamment que les programmes de vaccination et des campagnes de santé publique, qui sont offerts par le service de santé publique de Toronto, ne soient touchés par cette décision.

Le maire de Toronto, John Tory, dit vouloir obtenir plus de détails sur l’annonce du gouvernement Ford avant de se prononcer, mais affirme être prêt à défendre de nouveau les services si le besoin s'en fait sentir.

Ma réaction reste la même : nous devons financer ces services essentiels, affirme M. Tory.

Il demande au gouvernement Ford de s’assurer que ces services soient maintenus.

Le maire de Toronto, John Tory.

Le maire de Toronto, John Tory

Photo : La Presse canadienne / Tijana Martin

Ces services doivent être suffisamment financés et la facture doit être répartie de manière juste et équitable entre les différents ordres de gouvernement, ajoute-t-il.

Financer ces services ne devrait pas retomber sur les résidents de Toronto qui paient des impôts fonciers.

John Tory, maire de Toronto

La médecin-hygiéniste en chef de Toronto, la Dre Eileen de Villa, se dit également inquiète de voir des compressions budgétaires dans les services de santé publique.

Elle affirme vouloir collaborer avec le gouvernement provincial afin de trouver des solutions qui ne réduiront pas les services aux Torontois.

Craintes dans les garderies

Du côté des services de garderie, Carolyn Ferns, coordonnatrice à la Coalition ontarienne pour de meilleurs services de garde, estime que bien que les compressions n'entrent pas en vigueur dès maintenant, elles seront dommageables pour les Ontariens.

Les municipalités devront payer 20 % du coût de la création de nouvelles places en garderie, que la province finançait auparavant entièrement. Ces changements entreront en vigueur en 2021.

Une femme avec un veston et un chandail mauve.

Carolyn Ferns, coordonnatrice à la Coalition ontarienne pour de meilleurs services de garde

Photo : Radio-Canada

Les compressions n'entrent pas en vigueur maintenant, mais elles vont survenir tôt ou tard, dit-elle.

Ces compressions créent de l'incertitude et des craintes pour les familles qui utilisent les services de garde financés par les municipalités.

Carolyn Ferns, coordonnatrice à la Coalition ontarienne pour de meilleurs services de garde

Elle qualifie de chaotique la décision du gouvernement Ford.

Pas de changement, affirme le gouvernement

Dans un discours prononcé au congrès de l'Association des municipalités de l’Ontario, le premier ministre, Doug Ford a confirmé les modifications au financement de certains programmes, dont la santé publique et les services de garde.

Un porte-parole pour la ministre de la Santé, Christine Elliott, estime que les résidents de Toronto ne verront pas leur service diminuer avec la nouvelle formule.

Tant que la Ville de Toronto remplit ses obligations, il ne devrait pas y avoir de réduction des dépenses globales pour les services et programmes de santé publique, dit-il.

Des tables rondes techniques seront mises en place afin d’aider les municipalités à réaliser des économies, conclut ce même porte-parole.

Le gouvernement provincial fournit 194 millions de dollars du budget annuel du service de santé publique de Toronto, qui se chiffre à 225 millions de dollars.

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