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Montréal mènera des consultations publiques sur les locaux vacants

Photo : Radio-Canada - Simon-Marc Charron

Radio-Canada

L’administration de Valérie Plante souhaite s’attaquer au problème des locaux vacants sur les artères commerciales de la métropole et elle compte sur l’aide de la population pour le faire.

Un texte de Raphaëlle Drouin

En janvier prochain, les commerçants, mais aussi la population en général, seront invités à participer à des consultations publiques menées par la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation.

Le but : trouver des solutions concrètes et adaptées pour contrer l’enjeu des locaux vacants et dynamiser certaines artères commerciales de la Ville, une promesse électorale de Projet Montréal.

Si la mairesse affirme que l’économie montréalaise se porte bien, elle précise que le problème des locaux vacants est bien réel : De nombreuses artères commerciales montréalaises présentent des taux de vacance entre 10 % et 15 %, indique Valérie Plante.

Elle ajoute que ce phénomène a des conséquences importantes.

[Les locaux vacants] nuisent à la vitalité des artères commerciales, ils ont des répercussions sur la qualité de vie de la population et peuvent même affecter le pouvoir d’attraction de quartiers au complet.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Des portraits différents

De nombreuses raisons peuvent expliquer ce problème, notamment la hausse des loyers, la spéculation immobilière et l’essor du commerce électronique.

La Ville de Montréal insiste d’ailleurs sur le fait que chaque artère commerciale est différente et qu'il faudra peut-être opter pour des solutions diverses.

La rue Masson s’est renouvelée dans les dernières années avec l’arrivée d’une population plus jeune. Avec un taux de vacance de 6,2 %, l’artère se tire très bien d’affaire. La rue Saint-Laurent a un taux de vacance de 12,6 %, près du double, mais la particularité, c’est qu’une partie importante de ses locaux ne sont pas loués volontairement.

Robert Beaudry, responsable du développement économique et commercial et de l’habitation du comité exécutif

La rue Saint-Denis représente par exemple un défi important. C’est pourquoi la Ville mise sur un vaste plan comprenant l’ajout d’un réseau express vélo, de l’art public et du verdissement afin de susciter un nouvel engouement pour l’artère.

Des solutions venues d'ailleurs?

Cet automne, la Commission sur le développement économique et urbain et l’habitation réalisera un diagnostic de la situation actuelle en prévision des consultations de cet hiver.

Pour ce faire, la Ville compte examiner des artères qui se portent plutôt bien et d’autres, plus problématiques, afin de dresser un portrait exhaustif. Le boulevard Saint-Laurent, la rue Sainte-Catherine Est, la rue Masson, le boulevard Décarie, la rue Wellington et la rue Saint-Denis seront donc analysés.

La Commission se penchera aussi sur les pratiques déjà mises en place ailleurs dans le monde pour contrer les locaux vacants.

Devrions-nous faire comme certaines villes qui ont limité l’implantation de grandes franchises sur des artères commerciales? Ou encore, faire comme New York et mettre en place un registre du statut des locaux commerciaux?

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Parmi les autres solutions envisagées, on compte aussi la modification des règles de zonage ou l’occupation temporaire des locaux vacants par des entrepreneurs ou des organismes communautaires. Une proposition qui a été évoquée par Projet Montréal lors de la dernière campagne électorale.

Trop peu, trop tard?

Pour le président et chef de la direction de la Chambre du commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, bannir les grandes chaînes des artères commerciales montréalaises n'est peut-être pas la bonne avenue.

Il convient toutefois de l'importance de mener un exercice de réflexion complet, mais il aurait préféré un échéancier raccourci afin d'obtenir des résultats plus rapidement.

On parle d’avoir des résultats dans plusieurs mois pour agir au printemps. J’aurais préféré qu’on se donne deux mois pour faire les consultations et qu’en décembre, on soit prêts avec un plan d’action.

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre du commerce du Montréal métropolitain

Le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Lionel Perez, estime quant à lui que la Ville a fait les choses à l'envers, d’autant plus que les causes des taux de vacance élevés sont, selon lui, déjà connues.

Non seulement on connaît les facteurs, je pense qu’habituellement on va de l’avant avec des consultations publiques avant qu’on ne mette en place une stratégie économique, explique le leader de l’opposition qui précise que l’administration Plante a annoncé en grande pompe, l’année dernière, la mise en branle de huit plans d’action pour le développement économique.

Pendant dix ans, Projet Montréal n’a rien fait pour Saint-Denis et maintenant, tout d’un coup, il se préoccupe de cela.

Lionel Perez, chef de l'opposition officielle à la Ville

Quant aux commerçants, ceux rencontrés disent remarquer le nombre de plus en plus élevé de locaux vacants, mais ne peuvent mettre le doigt sur le problème. Prix des loyers, fermetures de rue et impôts fonciers élevés sont quelques-unes des raisons qui expliqueraient, selon eux, le phénomène.

Le président de la Chambre des commerces espère d'ailleurs que les commerçants se rendront en grand nombre aux consultations pour faire entendre leurs voix.

Avec les informations de Julie Marceau

Grand Montréal

Urbanisme