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Les producteurs de grains du Québec défendent leur usage des pesticides

Les changements climatiques forcent le recours aux pesticides, selon les Producteurs de grains du Québec.

Un champ de blé et un tracteur travaillant dans le champ.

Le Québec compte 10 500 producteurs de grains, principalement de maïs et de soya. Ils représentent la moitié de toutes les superficies agricoles du Québec.

Photo : Associated Press / Eric Albrecht

Thomas Gerbet

Dans un mémoire publié dans le cadre de la commission parlementaire sur les pesticides, les Producteurs de grains du Québec (PGQ) s'estiment incompris et accusent les groupes environnementaux de désinformer le public. Ils critiquent aussi l'action du gouvernement du Québec.

Les PGQ estiment ne pas avoir le choix d'utiliser herbicides, insecticides et fongicides pour contrer l'effet néfaste des mauvaises herbes, des insectes ravageurs et des champignons.

La population comprend peu ou pas la réalité avec laquelle les producteurs doivent conjuguer quotidiennement.

Extrait du mémoire déposé par les Producteurs de grains du Québec

Selon le mémoire, ces produits constituent « un outil essentiel pour maintenir le potentiel de rendement » et assurer « la qualité des grains exigée par la réglementation et par les consommateurs ».

Le ministère de l'Environnement du Québec calcule qu'on retrouve des insecticides néonicotinoïdes (« tueurs d'abeilles ») sur 100 % des cultures traditionnelles de maïs et de canola, et sur plus de la moitié des cultures de soya de la province.

Le mémoire affirme pourtant qu'« il n'y a pas d'utilisation de pesticides à grande échelle au Québec ».

La faute aux changements climatiques?

Si l'utilisation des pesticides a augmenté, c'est en partie à cause des changements climatiques, selon les PGQ.

La perte de rendements sera entre 10 % et 15 % pour chaque augmentation de la température du globe de 1 degré.

Extrait du mémoire des Producteurs de grains du Québec

Les PGQ accusent les événements météo extrêmes, l'augmentation de la température, les changements des périodes de précipitations d'être des éléments favorables au développement des champignons et à l'émergence de nouveaux insectes ravageurs.

Dans le mémoire, ils affirment que les groupes environnementaux critiquent l'utilisation de certains pesticides « sans fondement scientifique » et que les écologistes ne font que « ternir l'image de l'agriculture » en utilisant de la « désinformation » et en diffusant des pétitions « flouées ».

Le gouvernement « exagère » la pollution, selon les PGQ

La rivière Boyer qui passe entre deux champs en culture

Un cours d'eau qui passe entre deux terres agricoles

Photo : Radio-Canada

Les PGQ exposent que le niveau de risque pour la santé et l'environnement y est beaucoup plus faible que la plupart des pays du monde.

Selon eux, le ministère de l'Environnement utilise une mauvaise norme pour analyser la pollution des cours d'eau agricoles, ce qui ne ferait que « miroiter, systématiquement, une pollution exagérée des cours d'eau et mettre le secteur agricole en défaut ».

Le Québec compte 10 500 producteurs de grains, principalement de maïs et de soya. Ils représentent la moitié de toutes les superficies agricoles de la province.

La compétitivité, comme enjeu majeur

Les PGQ craignent de subir des pertes économiques en abandonnant les néonicotinoïdes et de subir de plein fouet la concurrence, notamment des producteurs américains.

Pourtant, des études citées par le ministère de l'Environnement démontrent que l'utilisation systématique de ces insecticides « n’est généralement pas justifiée ».

L'an dernier, une étude de l'Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA) a démontré que réduire l'utilisation des pesticides dans les grandes cultures (maïs, soya) n'a pas d'effet négatif sur la rentabilité des entreprises agricoles.

D'autres études, menées sur des champs dans tout le Québec, démontrent que les gains de rendement pour les producteurs de maïs qui utilisent des néonicotinoïdes sont seulement de 0,5 % et sont même nuls pour les producteurs de soya.

L'industrie des pesticides est un partenaire avec qui nous devons collaborer.

Extrait du mémoire des Producteurs de grains du Québec

Comme l'Union des producteurs agricoles dans son mémoire, les PGQ demandent au gouvernement « des investissements, de la formation, de l'accompagnement professionnel et davantage de recherche ».

Aucun incitatif n'est en place pour les producteurs qui osent innover et mettent de l'avant de nouvelles pratiques

Extrait du mémoire des Producteurs de grains du Québec

Les PGQ dénoncent le « manque de cohérence » entre les acteurs gouvernementaux, notamment le ministère de l'Agriculture et celui de l'Environnement. Ils recommandent que soit constitué un comité interministériel incluant les ministères des Finances et des Affaires municipales, sous la présidence du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre.

D'autres recommandations du mémoire des Producteurs de grains du Québec :

  • Évaluation systématique des effets et risques économiques liés à l’introduction ou la modification de la réglementation
  • Évaluation des nouveaux risques liés à l’application de méthodes novatrices
  • Introduction d’incitatifs financiers concrets et de dédommagements appropriés liés à la réglementation récente et à venir

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