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La bibliothèque d’Halifax, lieu où se concentrent tous les problèmes sociaux

La Bibliothèque centrale d'Halifax en 2015

La clientèle de la bibliothèque centrale d'Halifax est un microcosme de la population en général.

Photo : Getty Images / Paul McKinnon

Radio-Canada

Des insultes racistes, des visiteurs qui se droguent, des enfants qui se blessent : voilà quelques-unes des situations auxquelles font régulièrement face les employés de la bibliothèque centrale d’Halifax. Une formation leur est donnée pour qu’ils sachent comment agir.

D’après les rapports des incidents qui se sont produits à cette grande bibliothèque publique, de janvier 2018 à avril 2019, il y a eu :

  • 18 cas de vol, de vandalisme ou de crimes commis contre des usagers de la bibliothèque;
  • 22 urgences médicales;
  • 32 gestes troublant l’ordre public;
  • 24 « autres incidents ».

Le personnel a dû contacter les premiers répondants à 57 reprises au cours de cette période.

La bibliothèque publique est un espace où tout le monde est le bienvenu et cela veut dire que nous recevons toutes sortes de gens, affirme Asa Kachan, bibliothécaire en chef et PDG des bibliothèques publiques d’Halifax.

Lorsque des millions de pas franchissent nos portes, cela nous amène des activités assez diverses.

Asa Kachan
La PDG des bibliothèques publiques d'Halifax en entrevue

Asa Kachan affirme que la compassion peut désamorcer bien des crises potentielles.

Photo : CBC/Craig Paisley

Parmi ces « activités », il y a des actes criminels comme des agressions contre des usagers et des crises de santé qui exigent les premiers soins, comme un enfant qui se coupe ou un usager qui éprouve un malaise cardiaque.

Certains incidents sont de nature plus bénigne, mais exigent tout de même une intervention. Des usagers doivent par exemple être rappelés à l’ordre parce qu’ils écoutent de la musique trop forte ou qu’ils dérangent un voisin qui tente de se concentrer sur sa lecture.

Des problèmes de santé mentale

Pour faire face à tous ces incidents, les employés reçoivent, deux ou trois fois par année, une formation, non seulement sur l’accueil de la clientèle, mais aussi en premiers soins aux personnes ayant des problèmes de santé mentale et sur l’intervention en situation de crises sans violence.

La bibliothèque travaille aussi de près avec des policiers communautaires et une équipe volante de la régie provinciale de santé qui intervient notamment auprès des sans-abri. L’établissement compte aussi dans ses rangs un travailleur social.

Les problèmes de santé mentale existent dans notre communauté, affirme Mme Kachan. Nous voulons être prêts à y faire face.

L'intérieur de la bibliothèque centrale d'Halifax

Les employés assistent à toutes sortes de comportements indésirables, qui vont du client qui dérange ses voisins avec de la musique trop forte aux visiteurs qui consomment de la drogue ou de l'alcool.

Photo : CBC/Emma Davie

Certaines des bibliothèques publiques de la capitale néo-écossaise ont d’autre part adopté une approche plus directe pour tenter de limiter les comportements indésirables. Elles offrent à leurs clients thé, café et fruits gratuits et ont remarqué que cette approche a aidé à diminuer les écarts de conduite.

Lorsque vous avez faim, il est difficile d’agir normalement, explique Asa Kachan.

L'empathie pour désamorcer les crises

Le mois prochain, les employés recevront également une formation de Ryan Dowd, qui travaille auprès de l’un des plus grands refuges pour sans-abri aux États-Unis. Il enseigne au personnel des bibliothèques à faire usage d’empathie pour gérer les comportements problématiques de certains usagers.

Les bibliothécaires, rappelle-t-il, n’ont pas les outils pour interagir avec une personne aux prises avec une maladie mentale comme la schizophrénie paranoïde.

La façon dont vous vous comportez peut avoir une assez grande influence sur le comportement du client. J’enseigne donc aux employés à modifier la façon dont ils interagissent avec leurs clients pour que les rapports entre eux se déroulent dans le calme, sans risque pour quiconque.

Ryan Dowd, formateur

Les écarts de comportement les plus graves entraînent toutefois l’expulsion immédiate des clients, comme la consommation de drogues ou d’alcool entre les murs des bibliothèques publiques. Ces expulsions durent le temps d’une journée ou plus longtemps.

Et lorsqu’il y a de la violence, la police doit s’en mêler, précise Ryan Dowd. La formation qu’il donne aux employés ne leur permet pas d’intervenir dans ces situations.

Il constate que les incidents dans les bibliothèques publiques vont de pair avec l’augmentation du nombre de sans-abri dans les villes d’une certaine taille. Les bibliothèques sont un des derniers endroits où les sans-abri peuvent se réfugier sans craindre d’être expulsés.

Avec les informations d'Emma Davie, CBC

Nouvelle-Écosse

Santé mentale