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Un « Tiananmen » à Hong Kong compromettrait un accord commercial, prévient Trump

Le président américain Donald Trump prend la parole lors d'un rassemblement à Manchester, New Hampshire, le 15 août 2019.

« J'aimerais beaucoup voir cela résolu d'une manière humaine », a dit Donald Trump, qui appelle le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

Photo : Getty Images / NICHOLAS KAMM

Agence France

Le président américain Donald Trump a prévenu dimanche la Chine qu'une répression des manifestations de Hong Kong similaire à l'écrasement du mouvement de la place Tiananmen compromettrait la conclusion d'un accord commercial sino-américain.

Je pense qu'il serait très difficile de conclure un accord s'ils exercent de la violence [...] si c'est une autre place Tiananmen.

Donald Trump, président des États-Unis

« Je crois que ce serait très difficile à faire s'il y avait de la violence », a déclaré M. Trump à des journalistes dans le New Jersey, alors que des centaines de milliers de manifestants prodémocratie ont à nouveau défilé dimanche à Hong Kong.

Les manifestations se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois et la Chine a récemment durci le ton, faisant redouter une répression comme celle de juin 1989 à Pékin, lorsque l'armée chinoise avait mis fin au mouvement prodémocratie mené par des étudiants en faisant des centaines voire plus d'un millier de morts.

Si une telle situation se répétait à Hong Kong, je crois qu'il y aurait un sentiment politique énorme qui porterait à ne rien faire dans le domaine des négociations commerciales avec la Chine, a déclaré M. Trump.

Le président des États-Unis a de nouveau exprimé son souhait que la crise de Hong Kong ait une issue pacifique. J'aimerais beaucoup voir cela résolu d'une manière humaine, a-t-il dit, appelant le président chinois Xi Jinping à négocier avec les contestataires.

M. Trump a fait ces déclarations alors que son principal conseiller économique, Larry Kudlow, a assuré dimanche matin que Washington et Pékin tentaient activement de remettre sur les rails les négociations pour mettre un terme à la guerre commerciale qui les oppose et agite les marchés.

Des entretiens téléphoniques sont prévus pour les dix prochains jours, et s'ils sont fructueux, des négociations sino-américaines à un niveau plus élevé pourraient reprendre, a précisé M. Kudlow.

Les manifestants défilent à Hong Kong.

Les manifestations se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois.

Photo : Reuters / Aly Song

Washington en mode rattrapage?

Alors que M. Trump était de plus en plus critiqué à Washington pour une position jugée trop prudente sur la crise de Hong Kong, l'administration américaine a haussé le ton depuis le milieu de la semaine.

Les États-Unis sont très préoccupés par les mouvements paramilitaires chinois à la frontière avec Hong Kong et appellent la Chine à respecter le haut degré d'autonomie de l'ex-colonie britannique, a déclaré mercredi le département d'État.

Nous condamnons la violence et exhortons toutes les parties à faire preuve de retenue, mais restons déterminés dans notre soutien à la liberté d'expression et à la liberté de réunion pacifique à Hong Kong, a dit un porte-parole de la diplomatie américaine.

Les États-Unis exhortent fermement Pékin à respecter ses engagements contenus dans la déclaration conjointe sino-britannique [de 1984, encadrant la rétrocession intervenue en 1997] afin de permettre à Hong Kong d'exercer un haut degré d'autonomie, a insisté le porte-parole américain.

Tiananmen hante toujours Pékin

John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, assis devant un drapeau américain.

John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, a également mis en garde Pékin.

Photo : Associated Press / Emily Michot

Un quotidien chinois a fait vendredi une rare allusion à la répression de Tiananmen, sujet tabou en Chine, pour expliquer qu'une éventuelle intervention armée à Hong Kong ne serait pas une répétition du carnage commis en 1989 par les militaires chinois.

Pékin n'a pas décidé d'intervenir par la force afin de mater les émeutes à Hong Kong, mais cette option est à l'évidence à sa disposition, a averti dans un éditorial le quotidien de langue anglaise Global Times.

Mais même si le régime communiste décidait d'envoyer l'armée contre les manifestants, l'incident à Hong Kong ne sera pas une répétition de l'incident politique du 4 juin en 1989, a assuré le quotidien.

Avant Donald Trump, son conseiller à la sécurité nationale John Bolton a évoqué la répression de la place Tiananmen pour appeler la Chine à la modération.

Les Chinois doivent faire très attention aux mesures qu'ils prennent, parce que les Américains se souviennent de la place Tiananmen, a déclaré M. Bolton dans un entretien à Voice of America diffusé jeudi.

Ils se souviennent de l'homme debout face à une file de tanks. Et ils se souviennent de la répression du gouvernement chinois en 1989. Ce serait une grosse erreur de créer de nouveaux souvenirs comme ceux-là à Hong Kong, a insisté M. Bolton.

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