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Le pétrolier iranien retenu à Gibraltar appareille après le rejet de la demande américaine

Un pétrolier face à une montagne.

Le pétrolier iranien est toujours ancré au large de Gibraltar.

Photo : Reuters / Jon Nazca

Agence France-Presse

Le pétrolier iranien, au centre d'une crise diplomatique et retenu depuis des semaines par Gibraltar, a appareillé dimanche soir après le rejet par le territoire britannique d'une demande américaine de saisir le navire.

Selon le site de suivi du trafic maritime Marine Traffic, le pétrolier qui était immobilisé depuis le 4 juillet au large des côtes de Gibraltar a levé l'ancre dans la soirée et naviguait vers le sud. Les autorités de Gibraltar n'ont pas confirmé son départ.

Rebaptisé Adrian Darya, ce pétrolier est passé sous pavillon iranien, drapeau qui flottait dimanche à sa poupe. Il naviguait auparavant sous pavillon panaméen et portait le nom de Grace 1.

Selon un communiqué publié dimanche, les autorités du « Rocher » ont refusé la saisie demandée par Washington en application de sanctions prévues par une loi américaine. En vertu du droit européen, Gibraltar est dans l'impossibilité de prêter l'assistance demandée par les États-Unis, ont-elles dit.

C'est la deuxième fois que le territoire britannique rejette une demande d'assistance américaine dans cette crise qui oppose Washington, Téhéran et Londres.

Gibraltar avait arraisonné le 4 juillet le pétrolier Grace 1, soupçonné de transporter du pétrole vers la Syrie, en application des sanctions européennes contre la Syrie. Le pétrolier a été autorisé jeudi à repartir quand Téhéran a assuré que la cargaison de 2,1 millions de barils ne serait pas livrée à la Syrie.

Entre-temps, explique le communiqué, les États-Unis ont présenté plusieurs demandes pour que le pétrolier soit immobilisé, et le département américain de la Justice a lancé vendredi un mandat de saisie fondé sur les sanctions américaines contre l'Iran.

Mais le régime des sanctions de l'Union européenne est fondamentalement différent de celui des États-Unis, souligne le communiqué. De plus, la réglementation européenne « interdit spécifiquement d'appliquer certaines lois américaines », dont celles sur les sanctions contre l'Iran.

Crise diplomatique

L'arraisonnement du Grace 1 avait provoqué une grave crise entre Londres et Téhéran, qui démentait que le navire fasse route vers la Syrie, et avait saisi quinze jours plus tard un pétrolier britannique, le Stena Impero, dans le détroit d'Ormuz.

L'Iran avait saisi deux autres pétroliers, aggravant ainsi la tension dans une région où plusieurs navires ont été attaqués ou endommagés par des mines et où un drone américain a été abattu par l'Iran, alors que les États-Unis resserrent l'étau des sanctions contre la République islamique.

Le président américain Donald Trump s'est retiré en 2018 d'un accord international permettant d'encadrer l'industrie nucléaire iranienne, négocié par son prédécesseur Barack Obama avec l'Iran, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, la Chine et l'Allemagne, et a rétabli des sanctions draconiennes contre Téhéran.

Les Européens ont tenté de persuader l'Iran de continuer à respecter l'accord, en s'efforçant de limiter l'impact des sanctions américaines que Washington veut appliquer à toutes les sociétés qui commercent avec l'Iran, quelle que soit leur nationalité.

Équipage remplacé

Le pétrolier, qui naviguait sous pavillon panaméen, a été rebaptisé Adrian Darya pour la suite de son voyage et est passé sous pavillon iranien, qui flottait dimanche à sa poupe.

« Le navire devrait appareiller ce soir », avait annoncé sur Twitter l'ambassadeur d'Iran à Londres, Hamid Baeidinejad. Pour compléter l'équipage, deux équipes de mécaniciens sont en route vers Gibraltar sur deux vols différents, avait-t-il ajouté.

Une partie de l'équipage, dont le capitaine, a dû être remplacée parce que les États-Unis ont menacé de refuser ou de retirer les visas d'entrée aux membres d'équipage de bateaux aidant les Gardiens de la révolution [islamique] en transportant du pétrole depuis l'Iran.

Les États-Unis avaient tenté une première fois le 15 août de persuader Gibraltar de retenir le pétrolier en envoyant une demande d'assistance judiciaire, alors que la justice du territoire britannique s'apprêtait à le relâcher.

Gibraltar explique dans son communiqué avoir répondu le jour même qu'il « était dans l'impossibilité de donner suite à cette demande », sur la base des informations fournies par Washington, les délits invoqués par les États-Unis n'en étant pas dans l'Union européenne.

Le 16 août, les États-Unis ont envoyé des informations supplémentaires, notamment pour prouver que les Gardiens de la révolution iranienne contrôlaient le pétrolier et sa cargaison.

Mais contrairement aux États-Unis, l'Union européenne ne considère pas les Gardiens de la révolution comme une organisation terroriste et n'applique pas les mêmes sanctions que les États-Unis, rappelle le communiqué.

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