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Découvrez l’artiste qui peint la plus grande murale du Canada

Des murs d'un édifice recouverts de peinture multicolore

L'artiste visuel RISK peint une murale de 7500 mètres carrés sur les façades extérieures de l'ancien hôpital Saint-Joseph de Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

Radio-Canada

L’artiste visuel originaire de Los Angeles, RISK, de son vrai nom Kelly Graval, a déjà peint de larges immeubles, mais jamais un de la taille de l’ancien hôpital Saint-Joseph de Sudbury, en Ontario. L’immense murale de 7500 mètres carrés qu’il a entamée cette semaine, dans le cadre du 5e festival Up Here, deviendra ainsi la plus grande du Canada, selon les organisateurs.

Répondant à l’invitation du festival d’art urbain et de musique émergente, RISK indique qu’il voulait faire quelque chose de gros.

Les organisateurs du festival ont ri et m’ont répondu : “nous avons quelque chose de vraiment gros”. Et c’est ce qui est arrivé, je ne m’étais pas rendu compte de l’immensité de l’immeuble avant d’arriver ici, affirme-t-il.

Jusqu’à présent, l’immeuble le plus grand qu’il a peint mesure moins de la moitié de la taille de l’ancien hôpital sudburois. Créé en 1950 par la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph, l’hôpital a fermé ses portes en avril 2010, lors de la fusion des trois centres hospitaliers de la ville du nickel en un seul établissement : l’Hôpital régional de Sudbury devenu plus tard l’Hôpital Horizon Santé-Nord.

RISK dit être content d’avoir l’occasion de laisser sa marque sur un édifice qui revêt une grande importance pour des habitants de la région.

C’est vraiment cool de peindre cet immeuble. Tout le monde m’arrête dans la rue en me disant “je suis né là, ou telle autre chose”, donc tout le monde a un lien avec cet immeuble.

RISK, muraliste
Un homme avec une grosse barbe qui porte une veste fluorescente et un casquette noire

L'artiste visuel Kelly Graval (RISK) se dit content de pouvoir laisser sa marque sur un édifice aussi riche en histoire.

Photo : Radio-Canada

Au cours de sa carrière de près de 30 ans, RISK s’est illustré plus particulièrement dans l’art du graffiti et ses œuvres se retrouvent notamment sur des surfaces surélevées, comme des toits, des panneaux d’affichage et des passages à niveau. Mais l’élément qu’elles ont presque toutes en commun est la grande quantité de couleurs vives qu’elles affichent. La murale de Sudbury ne dérogera d'ailleurs pas à la règle.

Le bâtiment est presque dans ses derniers moments d’existence, il est délabré, donc la couleur lui redonne vie, son dernier brin d’énergie, note l’artiste.

L’œuvre devrait être achevée en 10 jours, mais selon son concepteur, elle attire déjà de nombreux curieux qui n’hésitent pas à s’arrêter pour le voir à l’œuvre, beaucoup plus que ceux qu’il remarque généralement lorsqu’il travaille.

Un immeuble sujet à controverse

L’édifice de l’ancien hôpital Saint-Joseph a été acheté en 2010 par l’entreprise Panoramic Properties. Spécialisée dans la construction de condominiums, l’entreprise n’est toutefois pas encore parvenue à transformer l’immeuble en quoi que ce soit, au grand dam de plusieurs résidents. Ces derniers déplorent surtout l’état de délabrement avancé de l’immeuble qui se trouve pourtant non loin du lac Ramsey, un espace très prisé.

Photo de la facade arrière de l'hôpital St-Joseph. L'hôpital est entouré de clôtures et a quelques marques de graffiti et de vandalisme.

L'ancien hôpital Saint-Joseph est dans un état de délabrement avancé.

Photo : CBC/Martha Dillman

Mais pour la gestionnaire régionale de Panoramic Properties, Paula Peroni, la murale contribuera à faire changer d’avis les détracteurs.

Je crois qu’en fin de compte, si les gens viennent sur la rue Paris et voient cette murale qui les fait sourire, ils reviendront dans le camp des supporteurs de nos projets, déclare-t-elle.

Mme Peroni refuse toutefois de se prononcer sur l’avenir de l’immeuble.

Une murale sur laquelle on voit des arbres déracinés et des enfants qui marchent dessus.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Trois autres murales ont été réalisées dans le cadre du 5e festival Up Here, dont celle-ci, de l'artiste visuelle Laura Peturson, qui se trouve sur l'avenue Notre-Dame.

Photo : Festival Up Here

La cofondatrice du festival Up Here, Maggie Frampton, explique que la réponse des organisateurs ne s'est pas fait attendre, après que Panoramic Properties leur ait proposé de parrainer une peinture murale sur ce bâtiment cette année.

C’est l’occasion de prendre quelque chose que le monde n'aime pas à l’instant et qui a plein d'aspects négatifs et faire quelque chose de beau avec, faire un changement.

Maggie Frampton, cofondatrice du festival Up Here

La murale durera-t-elle?

Les organisateurs du festival Up Here reconnaissent que la durée de vie de la murale pourrait être courte, si jamais l’immeuble était détruit ou rénové.

Ça prenait un artiste qui comprend ces règles-là, qui comprend que l’art public est éphémère, que tout art est éphémère et qu’il va éventuellement disparaître, a fait savoir le cofondateur du festival, Christian Pelletier, en entrevue à l'émission Ça parle au Nord.

On espère que [la murale] soit là pour une année pour que les gens puissent prendre plein de photos, mais j’espère aussi que ça puisse être aussi un bâtiment intéressant, accessible au public où on va vraiment s’approprier l’espace public parce que c’est pour cela aussi qu’on fait cela. L’art public, c’est aussi un acte politique de reprendre la place publique.

Christian Pelletier, cofondateur du festival Up Here

Trois autres murales seront réalisées dans le cadre du 5e festival Up Here.

Nord de l'Ontario

Arts visuels