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Les jeunes caquistes rejettent l'idée de s'affranchir de la péréquation

Une jeune homme parle au micro dans un amphithéâtre.

Environ 300 jeunes caquistes sont réunis à Sherbrooke pour débattre tout le week-end de nombreuses propositions.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les membres de l’aile jeunesse de la Coalition avenir Québec (CAQ), réunis en congrès pour la première fois depuis la prise de pouvoir du parti, ont rejeté samedi un plan visant à affranchir la province de la péréquation.

Au terme d'un débat qui a suscité de vifs échanges, les quelque 150 jeunes caquistes présents samedi ont voté en grande majorité contre la proposition de « réduire la dépendance du Québec à la péréquation » – une position qui va à l'encontre de celle du premier ministre.

François Legault a souvent réitéré l’importance pour le Québec de se débarrasser de ces versements, qui placent la province dans une « position de vulnérabilité ». Il a toutefois nuancé sa position au printemps dernier, décrivant la péréquation comme le principal attrait de la fédération canadienne.

Les militants opposés à la proposition estiment que le Québec, qui a reçu 13,1 milliards de dollars en péréquation en 2019 (soit 11 % des revenus de l’État québécois), a droit à ces versements calculés en fonction de la capacité fiscale de chaque province.

Ceux qui étaient en faveur de l'idée d'un plan de sortie de la dépendance à la péréquation ont notamment évoqué l'argument du rapport de forces entre Québec et Ottawa.

Ça donne souvent un argument au Canada pour nous dire quand on fait des demandes : "fermez-la, parce que vous recevez 13 milliards de dollars", a plaidé l'un d'entre eux.

En mêlée de presse, samedi après-midi, le président de l'aile jeunesse de la CAQ, Kevin Paquette, a tenu à nuancer le sens de ce vote.

On est d'accord avec l'objectif péréquation zéro du gouvernement, c'est au niveau du moyen [sic], on souhaite davantage un plan pour créer de la richesse au Québec et non pas juste atteindre l'objectif de péréquation zéro, a-t-il déclaré.

Certains membres ont par ailleurs déploré l’utilisation d’un langage qui donne l’impression que le Québec est « l’assisté social du Canada », pour reprendre l’argument albertain. À leurs yeux, cette vision va à l’encontre de la doctrine nationaliste du parti.

Coûts du système de santé

Plus tôt samedi matin, à l'Université Bishop's de Sherbrooke, l’aile jeunesse de la CAQ a tiré la sonnette d'alarme face aux coûts faramineux du système de la santé. Elle a d’ailleurs adopté une proposition pour tenter d’enrayer la hausse constante des coûts en santé.

Chose certaine, ils ont l’oreille du président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, qui reconnaît qu’on ne peut pas laisser la proportion du budget accordée à la santé croître constamment. Si elle correspondait à 30 % il y a quelques années, elle est désormais évaluée à environ 50 %.

Si la tendance se maintient, la part du budget accordée à la santé pourrait augmenter à 70 %, selon certaines études.

Il faudrait que les autres ministères puissent réduire pour laisser passer la santé à 70 % [du budget]. Il y a toujours cette possibilité, mais je pense, que ce soit en éducation, en justice, en transport, que ce ne serait pas acceptable. Notre défi à nous – et sans augmenter les taxes et les impôts, parce qu’on est déjà très élevé – [c'est] d'être capable de réduire ces coûts d’opération, tout en gardant la qualité des services, a-t-il affirmé.

Valorisation du français

Par ailleurs, les membres de la relève du parti réclament que toutes les communications gouvernementales avec les citoyens soient faites uniquement en français, avec deux exceptions à la règle :

  • s'il s'agit d'offrir des services bilingues à la communauté historique anglophone;
  • s'il s'agit de communications aux Autochtones, dans chacune de leur langue propre.

D'autres propositions linguistiques ont été adoptées, notamment celle de mettre sur pied un commissariat à la langue française, un organisme indépendant qui examinerait le travail de l'Office québécois de la langue française, à l'image du projet de loi du gouvernement Legault.

Ordre du jour chargé

L'objectif des jeunes militants, âgés de 16 à 30 ans, est d'inciter les élus à voir plus loin que des horizons de quatre ans, a indiqué Kevin Paquette, le président sortant des jeunes caquistes.

On souhaite, en tant qu'aile jeunesse du parti au pouvoir, pousser notre formation politique à prendre des décisions en ayant en tête les impacts de ses actions politiques aujourd'hui sur nous les jeunes, sur nos enfants et nos petits-enfants, a-t-il ajouté.

Le cahier du participant, qui contient les propositions à débattre en fin de semaine, s'étire sur 36 pages bien garnies.

Outre la péréquation et la santé, les jeunes caquistes se sont prononcés samedi en faveur d'une proposition sur la défiscalisation des heures supplémentaires qui peuvent toucher certaines personnes comme les retraités, ou dans certains secteurs d'activité, afin de pallier une pénurie de la main-d'œuvre. Ils n'ont toutefois pas chiffré le manque à gagner pour le Trésor.

L'aile jeunesse devait également s'exprimer samedi après-midi sur la protection de la langue française et la protection de la liberté d’expression sur les campus universitaires.

Un autre point qui doit être débattu en fin de semaine, qui favorise le rapprochement entre les générations, est celui de permettre la création de chambres pour étudiants à l'intérieur même des futures Maisons des aînés promises par le gouvernement Legault.

Selon Kevin Paquette, l'objectif est multiple : briser l'isolement des aînés tout en incitant des jeunes au bénévolat en échange d'un loyer à prix modique, un peu à l'image de ce qui se fait aux Pays-Bas, en Europe, ou encore en Mauricie avec un projet-pilote mené dans un Centre d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD).

Silence sur l'environnement

Fait à noter, une thématique qui est souvent étroitement associée aux préoccupations des jeunes est toutefois absente du volumineux cahier de résolutions à adopter, soit celle sur l'environnement. Les sujets des changements climatiques et des technologies vertes seront donc absents des discussions au cours de la fin de semaine à Sherbrooke.

Le président sortant des jeunes caquistes affirme toutefois que la lutte contre les changements climatiques est d'une grande importance pour les jeunes de la CAQ, à l'instar des jeunes péquistes et libéraux. Il assure qu'il ne s'agit pas d'un oubli puisque le sujet était le point de mire des jeunes militants lors du conseil général de la CAQ tenu en mai dernier à Montréal.

En mai dernier, on a eu un conseil général où tous les membres de la CAQ étaient réunis à Montréal où on parlait exclusivement d'environnement, de lutte [contre les] changements climatiques, d'économie verte, et de développement durable, explique M. Paquette.

Le mandat du président sortant de l'aile jeunesse de la CAQ, Kevin Paquette, prend fin ce week-end. Son successeur, Keven Brasseur, sera présenté aux jeunes militants dimanche. Ce dernier, qui était jusqu'à tout récemment le vice-président des jeunes caquistes, a été élu par acclamation.

Quant au premier ministre et chef de la CAQ, François Legault, il s'adressera aux jeunes militants dimanche matin.

Avec les informations de Hugo Lavallée

Avec les informations de La Presse canadienne

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