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Est-ce possible de publier un livre sans fautes?

Un livre imprimé de 600 pages n'est pas à l'abri des oublis d'orthographe. Le Petit Robert les a à l'oeil...

Photo : Radio-Canada / Audrey Paris

Audrey Paris

Si pour plusieurs, le simple fait d’envoyer un courriel sans y laisser d’erreurs cause un stress, imaginez dans le milieu de l’édition. Malgré les mois de préparation, de relecture et de correction, les éditeurs ne sont pas à l’abri des fautes de frappe et autres coquilles.

Chez Septembre éditeur, une maison d’édition en orientation et développement de carrière, la fébrilité qui vient avec la réception des boîtes de livres fraîchement imprimés est sans pareille. Mais Lucie Demers l’admet, autant l’équipe est enthousiaste, autant elle craint le pire : qu’a-t-on oublié, qu’a-t-on laissé passer?

On met de longues semaines sur un livre, et vers la fin, on l’a relu, vérifié, contre-vérifié même, indique celle qui est directrice éditoriale de cet éditeur de Québec. Mais le cauchemar, les sueurs froides d’avoir fait une faute flagrante, d’avoir oublié un partenaire important, c’est notre cauchemar récurrent et ça sera comme ça pour toute notre carrière.

Marie-Pier Amyot, stagiaire, Lucie Demers, directrice éditoriale et Annik De Celles, directrice générale chez Septembre éditeur.

Marie-Pier Amyot, stagiaire, Lucie Demers, directrice éditoriale et Annik De Celles, directrice générale chez Septembre éditeur.

Photo : Radio-Canada

Elle précise ne jamais avoir fait face à une énorme erreur chez Septembre éditeur, mais que, malgré tout, l’angoisse d’en faire existe. Ça représente un défi de tous les jours.

Aussi petites soient-elles, les coquilles peuvent miner la crédibilité des éditeurs et des auteurs, souligne Lucie Demers. Mais pas pour tous les lecteurs. Catherine Lefrançois, lectrice assidue et membre du collectif éditorial de la revue Françoise Stéréo, estime qu’une ou deux fautes ne changent pas sa vision de l’auteur et du livre qu’elle lit.

C’est sûr que dans des publications où il y en a plus, à ce moment-là, c’est un peu un gage d’une certaine négligence, mais le fait qu’il y a une ou deux coquilles dans un livre, pour moi, ce n’est pas quelque chose de choquant, ça arrive tout le temps, dit-elle.

Heureusement qu’il y a le numérique

Maintenant que les livres sont vendus en format numérique et que plusieurs lecteurs n’utilisent dorénavant que ce format, la correction et la réédition se font beaucoup plus rapidement. La technologie a aussi modifié les pratiques d’imprimerie.

On peut imprimer en plus petites quantités, donc c’est plus rapide de réimprimer, souligne Lucie Demers. S’il y a une erreur, les éditeurs peuvent décider de laisser écouler les exemplaires, ou de réimprimer si la faute est majeure. Ce qui arrive rarement, précise-t-elle. C’est souvent parce que la loi a changé rapidement ou pour des modifications de politiques.

Une femme lit un ouvrage sur son iPad.

Selon l'Institut de la statistique, il s'est vendu un total de 159 870 exemplaires de livres numériques au Québec depuis janvier au prix moyen de 15,47 $.

Photo : Getty Images / BraunS

Marie-Pier Amyot, qui est étudiante en rédaction professionnelle à l’Université Laval et stagiaire chez Septembre éditeur, indique que le travail de révision est différent lorsque c’est pour un livre à imprimer. Mais la rigueur reste la même.

Dans le milieu de l’édition, quand on arrive à la révision linguistique, il y a un bon travail éditorial qui a été fait, il y a plus d'intervenants, dit-elle. C’est sûr qu’il y a un stress de plus pour les gros livres, quand tu sais que des gens auront ça dans les mains, en comparaison avec un article sur le web qui se corrige rapidement.

Catherine Lefrançois trouve important que les éditeurs réfléchissent à la manière de corriger un texte en ligne, que ce soit un livre ou un article publié sur le web. Si c'est pour une faute minime, ce n'est pas nécessaire, mais quand le contenu, ou un fait, a été modifié, c'est bien de l'indiquer dans le texte, souligne-t-elle.

Elle trouve que le numérique est utile pour les maisons d'édition qui peuvent plus rapidement corriger une faute. Cette lectrice estime également qu'avec Internet et les réseaux sociaux, c'est encore plus facile de souligner une erreur à un auteur, mais que, parfois, les lecteurs manquent de tact.

Je sais que beaucoup de gens font beaucoup de commentaires sur les réseaux sociaux, précise-t-elle, je trouve ça personnellement indélicat.

Parfait, imparfait

Le livre parfait n’existe pas et c’est une très bonne chose, lance la directrice éditoriale Lucie Demers. J’ai déjà eu à arrêter un auteur en pleine écriture parce qu'il avait trop de choses à dire et à préciser. Elle souligne que de nombreux auteurs pourraient écrire des pages et des pages sur leur sujet. À ce moment-là, ils sont souvent invités à faire des conférences ou écrire un blogue, dit-elle.

Ainsi, après quelques impressions, c’est possible d’avoir un livre parfait, sur la forme. Mais sur le fond, pense-t-elle, il y a toujours place à l’amélioration.

Des livres sur une table.

Aujourd'hui, les livres sont souvent publiés en moins grande quantité, ce qui permet de faire des réimpressions plus facilement quand il le faut.

Photo : Radio-Canada / Audrey Paris

Marie-Pier Amyot, étudiante en rédaction, enchaîne en soulignant qu’il est possible de publier un livre exempt de fautes de grammaire, de syntaxe et de vocabulaire. Or, elle croit elle aussi que, pour ce qui est du contenu, les possibilités sont infinies.

Le but, c‘est que les gens aient du plaisir à lire et que le livre soit un succès, ajoute-t-elle, alors selon moi, ça, ça définit plus un livre parfait qu’un livre qui n’aurait aucune coquille ou oubli.

Vous avez vu une coquille dans ce texte... sur les coquilles. C'est possible de la signaler ici (Nouvelle fenêtre).

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