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Rassemblement à la mémoire de Nicholas Gibbs, mort il y a un an sous les balles du SPVM

Le BEI aurait remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales, mais le dossier est toujours à l'étude. Pour le moment aucune accusation n'a été déposée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Pour marquer le premier anniversaire de la mort de Nicholas Gibbs, un père de trois enfants abattu par des policiers du Service de police de Montréal (SPVM) en août 2018, un rassemblement dans les rues du centre-ville de Montréal a été organisé samedi par sa famille, qui a intenté une poursuite de plus de 1,1 million de dollars contre la Ville.

Pour l’occasion, des artistes, des intervenants de l’Alliance des peuples noirs et autochtones, ainsi que des membres de la famille Gibbs ont pris la parole en mémoire de Nicholas, devant une trentaine de personnes.

Je pardonnerai aux policiers, mais je ne vais jamais oublier. Ils doivent arrêter! Ça suffit. Je cherche la justice pour Nicholas, c'est ce qu'il aurait voulu.

Erma Gibbs, mère de Nicholas Gibbs
Erma Gibbs a la tête baissée.

La mère de Nicholas Gibbs, Erma Gibbs (debout avec des fleurs dans les mains), est venue se recueillir et honorer sa mémoire.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Provost

Robyn Maynard, militante et auteure, est venue manifester son soutien à la famille Gibbs et aussi pour dire qu'il faut mettre fin aux bavures policières, à la violence contre les populations noires et au profilage racial.

Il ne faudra pas que l'année prochaine il y ait un autre Nicholas Gibbs, a-t-elle dit.

D'après la militante, la police n'est pas la bonne la solution, car l'intervention policière mène généralement à une escalade de la violence, et pas l'inverse.

Le soir du 21 août 2018, l’homme de 23 ans est mort sous les balles du SPVM au cours d’une intervention dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

Le rapport du BEI

Des policiers sont debout derrière leur vélo et bloquent la rue où se trouvent les participants.

Les policiers du SPVM étaient sur place pour assurer la sécurité des participants.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Provost

Selon des informations contenues dans le rapport du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) le 22 mai dernier, un appel avait été fait au 911 concernant une bagarre sur la voie publique entre deux hommes.

Deux policiers à bord d’un véhicule de patrouille se sont rendus sur les lieux, mais ils n'ont pas réussi à localiser les personnes correspondant à la description.

La vitre de leur véhicule de patrouille a alors été fracassée par un homme armé d’un couteau, Nicholas Gibbs. Les deux policiers sont sortis du véhicule et ont fait face à l’homme, toujours armé, qui les a alors menacés verbalement.

À ce moment, toujours selon les faits présentés dans le rapport du BEI, un des policiers a utilisé l’arme à impulsion électrique, mais sans succès. L’autre policier a tenté également d’utiliser le poivre de Cayenne, toujours sans résultat.

Nicholas Gibbs s'est ensuite déplacé sur le boulevard en brandissant son couteau et les policiers l'ont suivi, avec leur arme de service dégainée. Un des policiers a fait feu et a atteint l’homme qui s’est écroulé au sol.

La scène captée par une vidéo

Des pancartes où l'on peut lire « Justice pour/for Nicholas Gibbs » et « #BlackLivesMatter ».

La communauté noire de Montréal dénonce la mort de Nicholas Gibbs.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Dans une vidéo tournée par un citoyen depuis la fenêtre d'un immeuble, on aperçoit les policiers faire feu à cinq reprises en direction du jeune homme, les deux dernières balles étant tirées alors qu'il leur tourne le dos.

On peut également y constater que les policiers crient à plusieurs reprises et en même temps, en français, au jeune homme de ne pas bouger. Mais Nicholas Gibbs, qui ne parlait pas français, continue de marcher calmement sans obtempérer à cet ordre répété.

Selon la version policière, Nicholas Gibbs s'avançait vers eux avec un couteau, mais la vidéo ne permet pas de confirmer qu'il avait un couteau. Les images ne présentent qu'une minute de l'intervention précédant les coups de feu, qui ont tous été tirés en cinq secondes.

Le BEI aurait remis son rapport au Directeur des poursuites criminelles et pénales, mais le dossier est toujours à l'étude. Pour le moment aucune accusation n'a été déposée.

Avec les informations de Michel Marsolais

Grand Montréal

Justice