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Washington prolongerait les exemptions accordées à Huawei

Des personnes marchent devant un panneau lumineux montrant le logo de Huawei.

Aux États-Unis, l'autorisation temporaire de Huawei, qui doit prendre fin le 19 août, va être prolongée de 90 jours.

Photo : Reuters / Aly Song

Radio-Canada

Les exemptions, qui permettent au géant chinois des télécoms Huawei de continuer à être actif aux États-Unis malgré les restrictions, devraient être prolongées lundi. De son côté, le Canada n’a toujours pas pris position.

Selon Reuters, l'autorisation temporaire de Huawei, qui doit prendre fin le 19 août, va être prolongée de 90 jours. Il s’agit d’un délai identique à celui qui avait été accordé en mai dernier à la firme chinoise.

Le département américain du Commerce s'est refusé à tout commentaire vendredi soir, renvoyant aux propos de Wilbur Ross lors d'un entretien cette semaine à la chaîne de télévision CNBC. Je serai ravi de vous tenir informés lundi, avait dit le secrétaire au Trésor.

Le président américain Donald Trump avait signé, en mai dernier, un décret interdisant aux entreprises américaines d'utiliser du matériel de télécommunications fabriqué par des entreprises présentant un risque pour la sécurité nationale, une mesure visant particulièrement Huawei.

Il était toutefois revenu quelques jours plus tard sur une partie des restrictions imposées à Huawei, l'autorisant à se procurer auprès d'entreprises américaines le matériel indispensable pour continuer à servir ses clients.

Il demeure toujours interdit au groupe chinois d'acheter des produits comportant au moins 25 % de composants issus d'une technologie ou de matériaux américains. Les États-Unis estiment en effet que la Chine pourrait se servir de Huawei à des fins d'espionnage.

Des vulnérabilités qui inquiètent

Selon une étude réalisée par des experts en cybersécurité qui avait été publiée dans le Wall Street Journal, 55 % des microprogrammes de Huawei testés présentaient au moins une vulnérabilité aussi appelée porte dérobée potentielle qui permettrait à des pirates de se connecter à ces appareils pour se livrer à des activités d’espionnage.

Huawei martèle depuis longtemps qu'elle n'est pas une entreprise sous contrôle de l'État et nie travailler pour Pékin. Cependant, la loi chinoise exige que les entreprises coopèrent et collaborent avec les services de renseignement nationaux et qu'elles les soutiennent.

Néanmoins, mettre sur la touche le numéro deux mondial des téléphones intelligents, et leader mondial de la 5G, pourrait notamment avoir des conséquences économiques importantes sur le déploiement du futur réseau ultrarapide.

Ce réseau, qui offrira un débit au moins 20 fois plus rapide que celui de la 4G, doit se déployer au cours des deux prochaines années. Il facilitera l’essor de l’Internet des objets, avec comme chefs de file les voitures autonomes et les maisons intelligentes.

Si Huawei n’est pas le seul fournisseur dans la course à la 5G, c’est le plus compétitif. Les entreprises canadiennes qui n’ont pas de stratégie multifournisseurs se mettent à risque, autant d’un point de vue technologique que financier, notaient récemment des spécialistes interrogés par Radio-Canada.

Face à ces craintes, le Canada a adopté une position légèrement différente de celle de ses partenaires du Groupe des cinq (Five Eyes).

En effet, l’efficacité de ce traité de partage de renseignements obtenus par la surveillance numérique entre le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourrait être mis en défaut, si les inquiétudes liées à Huawei s’avèrent fondées.

Statu quo canadien

Or, si chacun des partenaires du Canada a adopté des restrictions partielles ou entières à l’endroit de Huawei, le gouvernement fédéral opte pour l’instant pour le statu quo.

Ottawa, qui procède actuellement à l'examen des enjeux en matière de sécurité liés à la technologie 5G, n'a en effet toujours pas indiqué si Huawei pourra, ou non, offrir ses services et équipements aux entreprises canadiennes.

Ledit examen sera effectué en temps et lieu, avait déclaré fin juillet, Scott Bardsley, porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Un mois plus tôt, le ministre Goodale avait pourtant déclaré qu’il rendrait une décision concernant Huawei avant les élections prévues cet automne.

Il y a un mois, le géant chinois avait annoncé avoir obtenu le feu vert du gouvernement fédéral pour installer, d'ici 2025, un réseau haute vitesse de type 4G dans 70 communautés du Grand Nord canadien.

Avec les informations de Reuters

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