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Opération sacs à dos : les demandes diminuent par endroits

Des sacs à dos d'élèves accrochés sur un mur.

C’est la première fois en 18 ans que la Mission Bon Accueil enregistre une baisse dans ses demandes.

Photo : CBC/Robert Short

Radio-Canada

À la veille de la rentrée scolaire, de nombreux organismes montréalais enclenchent leur opération sacs à dos pour venir en aide aux familles d’enfants dans le besoin. Si la Mission Bon Accueil a distribué 3000 sacs l’an dernier, elle n’en a eu besoin que de 2700 cette année.

C’est la première fois en 18 ans que la Mission Bon Accueil enregistre une baisse dans ses demandes. Un phénomène qui réjouit le président-directeur général de l’organisme, Sam Watts.

Ce dernier croit que cette diminution s’explique en partie grâce à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe actuellement le Québec.

Beaucoup de familles ont eu un emploi, même si c’est un emploi précaire, c’est une réalité. L’autre, c’est l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) qui vient du fédéral et qui commence à faire quelque chose pour beaucoup de familles qui sont en situation de pauvreté.

Sam Watts, président-directeur général de la Mission Bon Accueil

Un programme d'emploi qui fonctionne

Mais la Mission Bon Accueil a aussi développé au cours de la dernière année un programme qui permet à ses membres de trouver un emploi plus facilement. Une mesure qui aurait contribué à changer les choses.

Ce qu'on a fait, c'est qu’on a développé des partenariats avec des employeurs qui sont en recrutement, indique Hans St-Just, gérant du service aux familles.

Il explique que l’organisme agit en tant qu’intermédiaire entre ses membres et des employeurs potentiels en plus de fournir leurs locaux comme lieux d’entrevues.

Jusqu’à présent, l’initiative a permis à une centaine de personnes d’obtenir un emploi.

Le souhait, c'est justement de prendre la personne en charge pour qu'éventuellement, elle puisse avoir une certaine autonomie financière, surtout pour se sortir de la situation dans laquelle elle se retrouve.

Hans St-Just, gérant du service aux familles à la Mission Bon Accueil

Parmi les employeurs participants, on retrouve l’entreprise de livraison UPS ainsi qu’un partenaire d’Air Transat, Trans-Sol.

Cette dernière emploie 600 personnes à l’aéroport Montréal-Trudeau et offre des services au sol, comme la manipulation de bagages ou le service d’entretien des cabines entre les vols.

C’est une main-d’œuvre à qui nous offrons la formation. Par conséquent, c’est une main-d’œuvre qui ne requiert pas de diplôme spécifique, précise la vice-présidente aux affaires corporatives de Trans-Sol, Manon Beauchemin. Son entreprise a d’ailleurs engagé une douzaine de membres de la Mission Bon Accueil.

La plupart des postes commencent à 15 $ de l’heure et plus. Ce qui est intéressant, c’est que les gens peuvent rapidement monter dans la hiérarchie, devenir chefs d’équipe ou encore superviseurs, et là, on parle de salaires qui peuvent facilement aller au-dessus de 20 $ de l’heure.

Manon Beauchemin, vice-présidente aux affaires corporatives de Trans-Sol

Pas rose partout

Si la Mission Bon Accueil se félicite de cette diminution de demandes, d’autres organismes donneront autant de sacs à dos.

Selon le Regroupement partage, qui offrira des sacs à dos à 5000 enfants cette année, les besoins varient selon les quartiers.

Il y a des quartiers où il y a eu des booms assez importants au niveau des demandes d'aide. Particulièrement dans l'est. Hochelaga-Maisonneuve est en train de se transformer et les gens se tassent de plus en plus vers Mercier-Est, vers Pointe-aux-Trembles, etc., indique Éric Kingsley, coordonnateur des services d’urgence chez Jeunesse au Soleil.

Il explique aussi que l’immigration fait grandement varier le nombre de demandes d’un arrondissement à l’autre.

Il y a aussi l'immigration au niveau de toute la communauté maghrébine qui vient s'installer beaucoup à Saint-Léonard et à Anjou également. Puis, il y a toute la vague d'immigrants qu’il y a eu avec l'administration Trump.

Éric Kingsley, coordonnateur des services d’urgence de Jeunesse au Soleil

Son organisme, Jeunesse au Soleil, distribuera cette année 1000 sacs à dos. Il est toutefois difficile de dire si cela veut dire qu’il y a plus d’enfants dans le besoin cette année, parce que le nombre de sacs offerts dépend des dons reçus.

Il y a encore 300-400 enfants sur notre liste d’attente, on récolte encore des dons […] Je sais qu'on a donné 2000 sacs l'année passée, mais en réalité, ça ne se termine pas avant la fin septembre, parce qu'il y a toujours des personnes qui arrivent en retard, précise Éric Kinglsey qui explique que certaines familles immigrantes arrivent au pays après la rentrée scolaire.

Avec les informations de Marie-Ève Cousineau

Société