•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le pari gagné du Festibière de Québec

Le Festibière de Québec célèbre son 10e anniversaire. En une décennie, la fréquentation a doublé, preuve de la soif pour les produits de micro-brasseries

Photo : Radio-Canada

Carl Marchand

Si le 10e anniversaire du Festibière de Québec démontre quelque chose, c'est peut-être que les Québécois avaient soif pour autre chose qu'une grosse Laurentides ou une 50 tablette.

L'appétit vient en mangeant, prétend l'adage. Dans la même veine, l'émergence des produits de microbrasseries s'est fait une gorgée à la fois.

« Les gens étaient étonnés qu'en dehors de Labatt et Molson, des gens puissent faire de la bière », se rappelle Patrice Schoune, fondateur de la Ferme Brasserie Schoune à Saint-Polycarpe en Montérégie.

Patrice Schoune, fondateur de la Ferme Brasserie Schoune au Festibière de Québec

Patrice Schoune, fondateur de la Ferme Brasserie Schoune

Photo : Radio-Canada

En 1996, le brasseur a lancé la première bière 100 % terroir québécois, faite avec les grains de sa ferme et du houblon cultivé sur place. Après 23 ans, l'entrepreneur est loin de prêcher dans le désert.

« Maintenant, les gens recherchent la microbrasserie. Ils viennent visiter les installations et ils veulent en apprendre plus, goûter toujours de nouvelles bières, de nouvelles saveurs. »

Croissance fulgurante

Le Festibière de Québec a doublé son achalandage en 10 ans. L'événement attire maintenant 125 000 visiteurs en 4 jours. Pendant la même période, le nombre de microbrasseries est passé de 80 à 230 dans la province.

« Les gens sont plus des connaisseurs, donc veulent apprendre et sont plus portés à boire local », observe Sébastien Huot, cofondateur du Festibière de Québec. L'amateur de bière est devenu aussi intéressé et curieux que l'amateur de vin, juge l'homme d'affaires.

« C'est devenu très gros et je pense que ça va continuer à être effervescent comme ça. »

Brasseurs de garage

Face à la multiplication de l'offre, les joueurs tentent de se démarquer.

Si comme les propriétaires d'Echo Session Ales, Jean-François Legentil et Jean-Pierre Gauthier vous rêvez que votre passe-temps devienne un gagne-pain, il n'est peut-être pas trop tard.

Avec un peu de chance, vous n'aurez pas besoin d'acheter de coûteux équipements. Ni même de délaisser votre sous-sol ou votre remise.

« On n'est pas une microbrasserie. On est un projet bière. On a notre marque, nos canettes, ce sont nos recettes qu'on a développées dans le garage, mais on est brassé chez Broadway à Shawinigan », explique M. Legentil.

Jean-François Legentil, copropriétaire d'Echo session Ales en train de verser une bière au Festibière de Québec

Jean-François Legentil, copropriétaire d'Echo Session Ales

Photo : Radio-Canada

Dans les années 1990, avec son slogan « Boire moins, boire mieux! » l'entreprise Unibroue appelait à délaisser la caisse de 24.

Un concept que Jean-François Legentil et Jean-Pierre Gauthier remodèlent à leur façon au marché d'aujourd'hui.

L'avenir selon les brasseurs, des canettes remplies d'un breuvage qui ne devraient pas vous donner un mal de tête carabiné le lendemain.

« Il y a 10 ans, dire qu'on était une microbrasserie, ça faisait la job. Maintenant, il nous faut un concept. On s'est dit qu'on se lançait dans la bière faible en alcool », ajoute Jean-François Legentil

Il faut avoir quelque chose de fort il faut avoir une proposition aux consommateurs qui veulent se démarquer.

Jean-François Legentil, copropriétaire, Echo session Ales

L'espace sur les tablettes des marchés d'alimentation et des dépanneurs est par ailleurs de plus en plus difficile à obtenir. Ce qui explique la tendance des restaurants-microbrasseries, comme l'Emporium ouvert depuis janvier dans l'arrondissement Charlesbourg.

« Pour les brew pubs, il y a encore de la place sur le marché, mais c'est sûr que la compétition est plus élevée. Il faut s'assurer de faire de bons produits », conclut le copropriétaire Jean-François Simard.

Avec les informations d'Alexandra Duval

Québec

Consommation