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Une nouvelle méthode d'analyse permet de détecter rapidement les opioïdes dans la drogue

Un flacon brun avec un capuchon sur un agitateur.

L'analyse peut se faire avec une infime quantité de drogue.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Alexandre Milette-Gagnon

Un groupe de chercheurs britanno-colombien met à l’essai une nouvelle méthodologie qui pourrait révolutionner l'analyse des drogues récréatives permettant ainsi de sauver la vie de certains de ceux qui en consomment.

Un programme de recherche de l’Université de l’île de Vancouver (VIU) a développé une nouvelle méthodologie permettant d'analyser la composition chimique d'un échantillon de drogue à l'aide de la spectrométrie de masse par pulvérisation.

Cette découverte arrive alors que la crise des opioïdes touche durement des communautés partout au pays, car de plus en plus de drogues récréatives contiennent du fentanyl ou du carfentanyl.

L'analyseur permet de détecter un contaminant présent en très petite quantité. Cela peut s'avérer particulièrement pratique pour détecter la présence de carfentanyl, une drogue qui serait 100 fois plus puissante que le fentanyl et 10 000 plus puissantes que la morphine et dont une infime quantité peut tuer.

Les chercheurs ont trouvé un moyen d'utiliser une technologie déjà existante, la spectrométrie de masse par pulvérisation, pour analyser rapidement un échantillon de drogue.

La méthode d'analyse a été mise à l'essai au centre Powell Street Getaway de Vancouver jeudi. Les citoyens qui sont venus tester leur drogue ont reçu une carte cadeau symbolique dans un emplacement de restauration rapide.

Chris Gill, chimiste chercheur du programme, affirme que lors de cette première journée d’opération, la méthode a permis d'analyser 69 substances différentes dans les drogues soumises. Il s'est réjoui de voir la réaction des citoyens venus faire tester leurs drogues avec sa nouvelle technologie.

Développée par les chercheurs de VIU, la méthode permet de considérablement augmenter la vitesse d'analyse des substances.

L'analyse faite dans un laboratoire prend normalement 20 minutes, notre machine est capable d’arriver à des résultats équivalents en une minute

Chris Gill, chimiste et chercheur, laboratoires de recherche environnementale appliquée, VIU

Une fois mise en marché, la méthode sera à la disposition de centres de réductions des méfaits et de salles d'urgence. Elle permet de détecter la présence de plus de 100 opioïdes ou d'autres contaminants en une minute avec un gramme de drogue.

Une fois le test terminé, l'analyse donne une réponse claire à l'intervenant qui en effectue la lecture. L'intervenant peut ensuite informer le propriétaire de la drogue des contaminants qu'elle contient. Le professeur estime qu'environ 80 % des drogues testées jeudi contenaient des traces d'opioïdes.

Un échantillon de drogue est déposé sur une feuille contenant les résultats de son analyse.

L'analyseur donne un résultat qui peut facilement être compris par les intervenants.

Photo : Radio-Canada / Maggie MacPherson

Un financement difficile

Bien que la technologie avancée par cette équipe de recherche pourra aider à sauver des vies, le professeur ne cache pas le fait que les fonds ne sont pas au rendez-vous. Cela fait deux ans que je travaille sur ce projet et il est difficile de trouver les fonds nécessaires pour le projet affirme le spécialiste. À l'instar de plusieurs autres domaines de recherche, il est parfois difficile de recevoir du financement.

L'argent est difficile à trouver en recherche

Chris Gill, chimiste et chercheur, laboratoires de recherche environnementale appliquée, VIU
L'analyseur en fonction.

L'analyseur donne un résultat en une minute.

Photo : Radio-Canada / Noémie Moukanda

Démocratisation de la technologie

Le professeur estime qu'il faudra de six à huit ans perfectionner cette technologie et la rendre disponible à plus grande échelle.. L'une des étapes menant à sa démocratisation est la miniaturisation de l'analyseur. Réduire sa taille permettra surtout d'en réduire les coûts d'opération et d'en faciliter l'installation dans des endroits névralgiques de la ville.

Avec les informations de Noémie Moukanda

Colombie-Britannique et Yukon

Recherche médicale