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Cinq ans après la mort de Tina Fontaine, les enfants sont-ils plus en sécurité?

Une jeune fille.

Le 17 août 2014, le corps de Tina Fontaine a été retrouvé dans la rivière Rouge, enveloppé dans une housse de couette.

Photo : Rose Fontaine

Presse canadienne

Le 17 août 2014, on découvrait le corps de Tina Fontaine dans la rivière Rouge, enveloppé dans une housse de couette et alourdi par des pierres. Cinq ans après la mort tragique de cette jeune Autochtone, la situation ne s'est pas améliorée, déplore la directrice du bureau de la protection des familles des Premières Nations, Cora Morgan.

Tina Fontaine n'était qu'une adolescente. Elle s'est pourtant retrouvée à la rue, a consommé de la drogue et a été victime d’exploitation sexuelle. Bouleversée par la mort de son père, elle avait quitté sa communauté pour tenter de retrouver sa mère à Winnipeg.

Son assassinat a eu l'effet d'un électrochoc, semant les bases d'une discussion nationale qui a mené à la création de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA). Elle a inspiré des groupes de bénévoles tels que la patrouille du Bear Clan à œuvrer pour la protection des personnes vulnérables dans les rues.

Mais, cinq ans plus tard, Cora Morgan s'inquiète qu'une autre Tina Fontaine ne subisse le même sort.

Rien n'a changé, soupire-t-elle. Les problèmes ne font que s'aggraver.

Plus de 10 000 enfants sont sous la protection du gouvernement au Manitoba à l'heure actuelle, rappelle-t-elle. C'est le plus haut taux par nombre d'habitants au Canada, et presque 90 % sont des enfants de Premières Nations.

Il y a beaucoup de jeunes qui souffrent.

Cora Morgan, protectrice des enfants des Premières Nations

Cora Morgan rappelle que la province a aussi le plus haut taux de pauvreté chez les enfants et que le nombre de personnes portées disparues augmente chaque année.

La crise de méthamphétamine chez les jeunes

La défenseure des enfants du Manitoba, Daphné Penrose, est préoccupée par le nombre croissant d’enfants et de jeunes qui sont dépendants à la méthamphétamine, en particulier.

Selon la Fondation manitobaine de lutte contre la dépendance, la consommation de la méthamphétamine a augmenté de 100 % chez les adultes et de 50 % chez les jeunes depuis 2014.

Daphné Penrose explique que la Fondation s’adapte aux besoins des enfants, mais qu'il reste encore beaucoup à faire pour les aider.

Daphne Penrose a publié un rapport en mars qui revenait sur les circonstances de la mort de Tina Fontaine. Son rapport contenait 5 recommandations en rapport avec la justice, l'éducation, la santé mentale et le bien-être des enfants, pour améliorer, en particulier, le sort des jeunes autochtones.

Un groupe de travail du gouvernement fait le suivi de ces recommandations.

La ministre des Familles, Heather Stefanson, assure que le gouvernement travaille pour améliorer les services d'appui, spécialement le Service à l’enfant et à la famille.

Nous avons fait des progrès, mais nous reconnaissons qu'il reste encore beaucoup à faire en collaboration avec les autorités du Service à l’enfant et à la famille.

Le ministère des Familles soutient qu’il y a eu des investissements dans les services pour contrer la toxicomanie, les problèmes de santé mentale et l'exploitation sexuelle chez les jeunes et les adultes vulnérables.

Selon Daphne Penrose, le problème n'est pas seulement la responsabilité des organismes de protection de l'enfance, de la police ou des Premières Nations : chaque personne, dit-elle, doit intervenir pour aider.

Comment allons-nous nous assurer que les enfants obtiennent leurs droits? demande-t-elle. Leur droit à la vie. Leur droit à se développer et à survivre. Leur droit aux services de santé. Leur droit à tous ces droits qu'ils ont, juste pour être en vie.

Manitoba

Autochtones