•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les jeunes péquistes veulent se dire leurs quatre vérités

Frédérique St-Jean

Les participants à la consultation devront notamment identifier quelles devraient être les trois valeurs fondamentales du Parti québécois.

Photo : Radio-Canada

Hugo Lavallée

L’aile jeunesse du Parti québécois organise cette fin de semaine une consultation auprès de ses membres, et les questions qui leur seront soumises ne font pas dans la dentelle.

Comment faire pour améliorer l'image du PQ? Être plus constant et cohérent dans ses positions, ou encore afficher de la stabilité quant à son chef. Voilà deux des choix de réponse qui seront proposés aux participants d'une rencontre organisée en vue du congrès extraordinaire du parti en novembre.

Les jeunes seront aussi sondés sur la réforme des instances du parti et la promotion de l'indépendance, mais aussi sur les valeurs et les priorités que le PQ devrait porter, révèle un questionnaire obtenu par Radio-Canada, qui en dit long sur l'état d'esprit des militants.

Clairement, on a vu les résultats de l'élection de 2018. On a tous tiré des constats de ça, dit la présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois en entrevue. Frédérique St-Jean explique qu'il est temps de se poser les questions les plus fondamentales.

Le PQ à la base c'était une coalition d'indépendantistes. Le temps a passé, ça a dévié à droite, à gauche. Là, en 2019, on se demande c'est quoi notre projet de société. Pourquoi le PQ existe?

Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

À la recherche de ses valeurs

Le parti a-t-il une raison d'exister s'il ne sait même pas quelles sont ses valeurs? Le Parti québécois a encore sa place, mais cette place-là n'est peut-être plus la même que quand il était en opposition juste avec le Parti libéral, donc c'est à ça qu'il faut réfléchir, répond Mme St-Jean.

Ceux qui participeront à l'exercice de la fin de semaine devront donc identifier quelles devraient être les trois valeurs fondamentales du Parti québécois. L'égalité des chances, le respect de l'environnement, le nationalisme, la prospérité économique et la conservation des valeurs québécoises figurent notamment parmi les choix de réponse fournis aux membres.

Les jeunes auront aussi à choisir les enjeux qui, selon eux, devraient être élevés au rang de priorités. L'indépendance du Québec, la lutte contre les changements climatiques, l'éducation, la vitalité des régions et la promotion de la diversité culturelle font entre autres partie des choix proposés.

Le parti doit-il changer de nom? De logo? Que doit-il faire pour renouer avec la population? Faut-il ne prendre aucun positionnement idéologique et faire la stricte position de l'indépendance, ou encore faire la promotion d'un projet de société? Le questionnaire sondera les répondants sur la meilleure stratégie à adopter.

Une démocratie synonyme de lenteur

Si les questions qui seront soumises aux membres ne sont pas nouvelles, la méthode retenue pour compiler leurs réponses est inédite au sein du Parti québécois.

Le but, c'est de viser une participation étendue. On est allés sur une formule avec moins de propositions, micro pour, micro contre, qui est des fois plus confrontative. On s'est dit : non, on veut y aller plus par table ronde et donc une discussion plus participative aussi.

Frédérique St-Jean, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

Mettant de côté les traditionnelles façons de faire du Parti québécois, tous les jeunes qui le voudront pourront participer directement à l'exercice, où qu'ils soient au Québec. Le vote se fera par le biais d'une application mobile, dans une tentative de démocratie directe. Les réponses des participants seront ensuite compilées et serviront à orienter la proposition principale de programme qui sera soumise aux militants lors du congrès de novembre.

Pour de nombreux jeunes, les mécanismes habituels de consultation des membres sont synonymes de lenteur, admet la présidente du Comité national des jeunes. Le but c'est de rendre nos instances plus flexibles, plus rapides. Si l'exercice porte fruit, ces nouvelles façons de faire pourront se généraliser à l'échelle du parti.

Le retour de la convergence?

Malgré le refus essuyé de la part de Québec solidaire il y a deux ans, les jeunes péquistes n'excluent pas de nouvelles tentatives de convergence électorale. Une question portant sur la meilleure manière de rassembler les indépendantistes propose par exemple d'envisager à long terme des alliances électorales avec d'autres partis indépendantistes.

C'est sûr que s'il n'y a aucune ouverture de Québec solidaire pour des alliances électorales, on ne se relancera pas là-dedans. Mais, à long terme, les circonstances vont peut-être changer et ce sera clairement une option qui pourra être étudiée. En Catalogne, c'est comme ça qu'ils sont arrivés à prendre le pouvoir et à soumettre un référendum, fait valoir Mme St-Jean.

Le questionnaire propose aussi de participer pleinement à la table des OUI Québec, et ce, même si l'organisme avait échoué à faire adopter une feuille de route commune à tous les partis souverainistes en 2017.

Politique provinciale

Politique