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Les membres du comité chargé de réviser le salaire minimum semblent décidés à le diminuer

Plan serré de mains qui s'apprêtent à prendre une assiette de nourriture bien montée sur un comptoir de restaurant.

Les salariés à pourboire, soit la majorité des emplois en restauration, risquent de faire les frais de la révision du salaire minimum promise par le gouvernement Kenney.

Photo : iStock

Radio-Canada

La majorité des membres du comité chargé par le gouvernement Kenney de réviser le salaire minimum en Ablerta s'est déjà prononcée contre la dernière hausse.

En campagne, les troupes de Jason Kenney ont promis de revoir le salaire minimum, notamment pour les employés à pourboire qui composent l’essentiel des salariés dans le domaine de la restauration.

Or, le comité créé par le ministre du Travail et de l’Immigration, Jason Copping, a des liens évidents avec cette industrie.

Neuf personnes siègent au comité dirigé par l’économiste Joseph Marchand, professeur à l’Université de l’Alberta.

  • Anindya Sen, professeur d’économie à l’Université de Waterloo;
  • Mark von Schellwitz, vice-président de Restaurants Canada;
  • Richard Truscott, vice-président de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante;
  • Jason Stanton, propriétaire de The Running Room;
  • Branko Culo, propriétaire d’Express Employment, à Edmonton;
  • Rachel Donnelly, serveuse à Chop Steakhouse;
  • Delphine Borger et Nicole Lyckama, serveuses au restaurant Blink.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante et Restaurants Canada ont tous deux milité contre la hausse du salaire minimum mise en place par les néo-démocrates de Rachel Notley.

Le restaurant Blink a, lui, organisé une soirée de Restaurants Canada en février dernier. Au cours de celle-ci, l’organisation demandait publiquement des changements à la loi sur le salaire minimum.

Le propriétaire de Blink, Leslie Echino, siège au conseil d’administration de Restaurants Canada, tout comme le propriétaire de l’entreprise qui contrôle Chop Steakhouse, Alan Howie.

Une affaire de famille

Radio-Canada a également appris qu’une des serveuses du Blink siégeant au comité, Delphine Borger, est la demi-soeur de Leslie Echino.

Quand on lui a demandé pourquoi les employés en restaurations invités au comité travaillaient tous dans des restaurants ayant leur entrée au conseil d’administration de Restaurants Canada, le gouvernement a esquivé la question.

Mme Borger a été choisie non pas en raison de ses liens familiaux, mais à cause de son expérience dans l’industrie hôtelière. Nous sommes pleinement convaincus que l’expérience et l’expertise de Mme Borger, tout comme celles de tous les membres du comité, contribueront de manière importante à la mission de ce groupe de travail écrit la porte-parole du gouvernement provincial, Brittany Baltimore.

Les experts invités au comité ont déjà tous exprimé leur opposition à la hausse du salaire minimum.

Anindya Sen a écrit une lettre ouverte dans le Financial Post en 2017. Son titre? Il est prouvé que les immigrants auront moins d’emplois en Ontario si le salaire minimum atteint 15 $.

Il a également rédigé une note destinée à l’Institut C.D. Howe, affirmant que la hausse du salaire minimum en Ontario allait mener à des pertes d’emploi. Il y suggère qu’une réduction des impôts serait plus efficace pour aider les personnes à faible revenu.

Joseph Marchand a lui-même déjà publié un commentaire, toujours pour l’Institut C.D. Howe, affirmant que le salaire minimum à 15 $ allait coûter 25 000 emplois à l’Alberta.

Quand on lui demande s'il s'est déjà forgé une opinion sur la question du salaire minimum, le professeur de l’Université de l’Alberta mentionne une autre étude, de l’Université de Colombie-Britannique, qui arrive aux mêmes conclusions que lui.

Manque de preuves

L’économiste Trevor Tombe croit quant à lui qu’il existe bien peu d’éléments pour soutenir que la hausse du salaire minimum a tué des milliers d’emplois, comme aiment le répéter le premier ministre Jason Kenney et les adversaires de la mesure.

La professeure de sciences politiques de l’Université de Calgary Melanee Thomas dénonce de son côté un népotisme à peine camouflé.

Je préfère le népotisme politique quand il se donne au moins la peine d’apparaître subtil, écrit-elle sur Twitter.

Le ministre Copping indique qu'il n'a pas l'intention de revenir sur la hausse du salaire minimum, sauf pour les employés à pourboire.

Il précise que le gouvernement va fonder ses politiques sur les recommandations du comité, tout en répétant que des preuves indiquent que la hausse rapide du salaire minimum en Alberta avait eu des conséquences négatives. Ces « preuves » n'ont toutefois jamais été transmises au public.

Le comité doit tenir sa première rencontre en septembre.

Avec les informations de Michelle Bellefontaine

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