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Des Premières Nations se méfient des permis de vente de cannabis

Trois pots contenant de la marijuana

En Ontario, plusieurs Premières Nations ont déjà des magasins de cannabis.

Photo : Radio-Canada / Natacha Lavigne

Radio-Canada

L’Ontario a annoncé cette semaine quels sont ceux qui peuvent faire une demande de licence pour exploiter des magasins de cannabis dans les Premières Nations de la province. Alors que certains se réjouissent de pouvoir entrer dans un marché en pleine effervescence, d’autres s’inquiètent que les gouvernements s’ingèrent dans une sphère de compétences autochtones.

La Commission des alcools et des jeux de l'Ontario (CAJO) a approuvé la demande de Zachary Lacelle pour ouvrir une boutique de cannabis dans le territoire de la Première Nation de Nipissing, à l'ouest de North Bay.

Nous appuyons l’individu, mais nous n’appuyons pas l’idée que la province a compétence sur nos terres, a réagi le chef de la communauté, Scott McLeod.

M. McLeod dénonce le fait que le gouvernement fédéral a légalisé le cannabis sans conclure d’entente avec les Premières Nations.

Nous poursuivons donc l’élaboration d’une entente bilatérale avec le gouvernement fédéral pour que nous puissions maintenir notre souveraineté et créer les lois sur notre territoire, explique le chef. C’est quelque chose qui aurait dû être fait avant le lancement des magasins de détail.

Ça démontre bien que les gouvernements fédéral et provincial n’incluent pas les Premières Nations.

Scott McLeod, chef de la Première Nation de Nipissing
Le chef de la Première nation de Nipissing, Scott McLeod.

Le chef de la Première nation de Nipissing, Scott McLeod, dit qu'il appuie les membres de la bande qui demandent un permis de vente de cannabis, mais n'appuie pas l'idée générale que la province ait un pouvoir décisionnel sur les terres des Premières Nations dans ce domaine.

Photo : CBC / Erik White

D’une part, le gouvernement fédéral frappe à notre porte pour nous demander de signer des ententes sur l’autogouvernance et, d’autre part, il élabore cette loi sans notre participation, a ajouté Mme McLeod.

Avant de faire demande à la CAJO, M. Lacelle devait d’abord obtenir l’appui du conseil de bande.

Si la Première Nation de Nipissing a donné son appui, c’est pour s’assurer que ses membres aient accès à un approvisionnement légal en cannabis, indique le chef.

Nous n’avons pas été en mesure d’accéder à un approvisionnement légal sûr de cannabis parce que nous avons été exclus de la législation fédérale, a déclaré M. McLeod. Nous ne voulons pas empêcher nos résidents qui veulent profiter de cette opportunité économique.

Malgré tout, M. McLeod dit que la bande considère la licence comme une entente provisoire jusqu’à ce qu’une entente officielle soit conclue avec le gouvernement fédéral.

Certaines Premières Nations plus enthousiastes

La Première Nation de Serpent River, entre Sault-Sainte-Marie et Sudbury, se montre plus favorable aux nouvelles consignes de la CAJO.

Earl Commanda, président du bureau de développement économique local, indique qu’un permis de vente au détail pourrait créer jusqu’à 20 emplois pour sa Première Nation.

Il s’agit d’une bonne occasion pour notre communauté, donc nous recommandons que cette possibilité soit exploitée, a dit M. Commanda.

M. Commanda reconnaît aussi que plusieurs autres Premières Nations attendent l’élaboration d’une entente avec le gouvernement fédéral.

De notre point de vue, il faut continuer le travail, élaborer des règlements communautaires sur le cannabis [et] affirmer la compétence des Premières Nations dans le domaine, dit-il. Ce travail aura un impact sur tous les magasins de la communauté, et pas seulement sur la boutique légale.

Earl Commanda indique que la Première Nation de Serpent River souhaite ouvrir son magasin sur le bord de la route 17 dès janvier 2020.

Avec les informations de CBC

Nord de l'Ontario

Autochtones