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Le géocaching, une chasse au trésor techno encore en vogue

Un homme tient un GPS.

Le géocaching, une chasse au trésor techno dirigée par des coordonnées GPS, a des adeptes partout au Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Daniel Blanchette Pelletier

Popularisé au début des années 2000, le géocaching a encore des adeptes partout au Québec. L’évolution des technologies a même donné un second souffle à ce loisir qui allie aventure, plein air et divertissement.

Muni d’un GPS, Pierre Rousseau parcourt les rues de Montréal.

Ce n’est pas le terrain de jeu habituel de cet amateur de géocaching, un loisir qui consiste à trouver, grâce à des coordonnées géographiques, des « caches » dissimulées autour de lui.

Ce sont des contenants de différentes grosseurs qui sont parsemés dans l'environnement. Il y en a plus de 3 millions dans le monde en ce moment, explique Pierre Rousseau, qui joue normalement dans la nature plutôt qu’en ville.

Au premier regard, pourtant, rien ne laisse croire que ces « trésors » sont à portée de tous.

Il regarde son GPS.

Le Montréalais Pierre Rousseau fait du géocaching depuis 2006.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Au Québec, il y a plus de 43 000 caches actives, selon le site Internet geocaching.com, où s’inscrivent gratuitement depuis l’an 2000 ceux qui veulent prendre part à l’aventure.

Ils ont alors accès aux coordonnés GPS qui les mèneront de cache en cache.

Le saviez-vous?

Jusqu’en mai 2000, les signaux GPS établis grâce aux satellites du réseau NAVSTAR du département américain de la Défense étaient brouillés. En les ouvrant à l’usage civil, le président Bill Clinton a permis au géocaching de naître. L’Américain David Ulmer a alors caché une chaudière en Oregon et a mis des internautes au défi de la retrouver avec des coordonnées GPS.

Pour tous, partout, ou presque

Une carte de Montréal montrant l’emplacement d’une cache.

L’application de géocaching indique où se trouvent les caches à découvrir.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Pierre Rousseau, qu’on surnomme Tipete en ligne, pratique le géocaching depuis plus de 12 ans.

L’ingénieur consultant a trouvé plus de 10 000 caches jusqu’à maintenant. Il en a lui-même dissimulé, au plus grand plaisir des autres géocacheurs.

Ceux-ci doivent garder l’oeil ouvert, puisque même une fois qu'ils ont atteint l’emplacement indiqué par le GPS, l’aventure n’est pas terminée. La cache peut être dissimulée sous une fausse roche, entre des branches, ou n’être en réalité qu’un minuscule boulon.

Il existe d’ailleurs différents niveaux de difficulté, qui indiquent à quel point la cache pourrait être difficile à trouver une fois le géocacheur arrivé sur place.

Les gens apprécient les caches qui sont invisibles pour les non-initiés, mais qui sont quand même difficiles à trouver pour les géocacheurs. C’est ça qui rend ça intéressant.

Pierre Rousseau
Deux boulons sur un panneau.

Une géocache peut être aussi discrète qu’un simple boulon magnétique.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Même s’il a environ 40 000 géocacheurs actifs au Québec, ce loisir, qui se pratique seul, en groupe ou en famille, et à tout âge, demeure malgré tout encore méconnu, selon lui.

Et les « moldus », les non-initiés au géocaching comme il les appelle, peuvent parfois jeter des regards interrogateurs dans sa direction lorsqu’il cherche son butin.

Pierre Rousseau tâte une clôture.

Même une fois arrivé à l’endroit indiqué par le GPS, il faut parfois redoubler d’efforts pour trouver la cache, souvent bien dissimulée.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Une fois le butin trouvé, et les curieux rassurés, il ne lui reste plus qu’à signer et à inscrire la date dans un carnet de visite intégré dans la cache, qui contient parfois aussi d’autres objets. Il est donc parfois possible de repartir avec un souvenir, à condition de le remplacer.

Pierre Rousseau part toujours à l'aventure avec un sac à dos rempli d'objets qu'il peut ajouter aux caches.

Coup de pouce technologique

Le musée du GPS.

L’évolution technologique des GPS et l’arrivée des téléphones intelligents a transformé la pratique du géocaching.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Contrairement à leurs débuts, les amateurs de géocaching n’ont plus nécessairement besoin d’un GPS. Un simple téléphone intelligent suffit.

Le géocaching est devenu accessible à beaucoup, beaucoup plus de gens, explique Chris Ronan de geocaching.com. Si vous avez un téléphone intelligent, il vous suffit de télécharger une application gratuite pour y jouer.

Cet apport technologique a donc insufflé un « renouveau » au loisir.

Il y a des gens qui partent du jour ou lendemain et commencent à faire du géocaching, confirme Pierre Rousseau, même s’il prévient que le niveau de précision n’est pas le même avec un téléphone qu’avec un GPS.

Une carte de Montréal.

Plus de 4000 géocaches sont répertoriées dans la région de Montréal.

Photo : geocaching.com

L’avènement de Facebook a aussi permis, selon lui, de mettre en contact les joueurs.

Il s’est aussi créé des groupes régionaux de rendez-vous pour partir en expédition. Les méthodes de pratiquer le sport ont changé, a-t-il constaté.

Environ une centaine d’événements de géocaching sont organisés chaque mois au Québec, et la plupart prennent d’abord vie sur les réseaux sociaux.

Populaire et en croissance

Une géocache sous une clôture.

En ville, les géocaches sont subtiles, pour éviter que les non-initiés les détectent et les retirent.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Le géocaching a connu une croissance lente au Québec, mais il est aujourd’hui bien installé.

Même constat au Canada, le troisième pays dans le monde où les géocacheurs sont les plus actifs après les États-Unis et l’Allemagne.

Les caches enregistrées au Canada ont reçu 2,3 millions de « visites » l’an dernier.

C’est encore très populaire, assure Pierre Rousseau, qui est aussi le président de l’association Géocaching Québec, lancée en 2006.

Celle-ci regroupe aujourd’hui 500 membres. L’association, c’est pour la promotion et l’éducation, détaille-t-il. Mais on fait aussi des initiations au géocaching en pairant des moldus avec des initiés, surtout que l’intérêt est en progression.

Il tient dans ses mains un petit contenant et un ruban de papier.

Mission accomplie pour Pierre Rousseau, qui déroule le carnet de visite retrouvé à l’intérieur de la cache.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Il y a aussi eu une progression du nombre de caches posées dans le monde. Il y en a dans pas mal tous les pays aujourd’hui, analyse Pierre Rousseau.

Les 3 millions de caches mondiales réparties dans 191 pays ont reçu pas moins de 71 millions de visites l’an dernier, selon les chiffres de geocaching.com.

Pierre Rousseau évoque même un « boom », qui a coïncidé avec la sortie du jeu de réalité virtuelle Pokémon Go il y a 3 ans.

C’est comme le géocaching, sauf qu’il fallait attraper des bibites virtuelles. Il y a des gens après qui se sont tannés et ont préféré chercher des contenants physiques, dit-il.

Le géocaching en chiffres

  • 43 750 caches au Québec
  • 248 349 caches au Canada
  • 110 000 géocacheurs actifs au Canada
  • 3 191 296 caches dans le monde

Un loisir, pas une compétition

Une photo tirée de son profil de géocacheur.

Jocelyn Bernard de Victoriaville pratique le géocaching depuis 12 ans.

Photo : geocaching.com/joce13

Les géocacheurs pratiquent leur « sport » avant tout pour le plaisir, mais il existe aussi un classement des meilleurs joueurs par pays.

Le Québécois Jocelyn Bernard, établi à Victoriaville, domine le classement autant au Québec qu’au Canada.

Beaucoup de gens m’envient, mais moi je fais ça pour m’amuser, affirme le retraité de 64 ans. Je ne suis pas en compétition avec personne.

Je suis un gars de plein air, pas le gars à me vanter de mes prouesses. C’est un peu pour ça que je suis numéro un. J’aime le terrain!

Jocelyn Bernard

Ce passionné pratique le géocaching depuis 12 ans. Amateur de chasse, il a été initié par un autre joueur qui le voyait manipuler son GPS avant une sortie en forêt.

J’ai commencé tranquillement pas vite. J’ai rencontré des amis qui faisaient ça eux aussi et je suis tombé accro, quasiment malade de ça, rigole-t-il.

Il a trouvé jusqu’à maintenant au-dessus de 100 000 caches au Canada, mais aussi aux États-Unis. Sa moyenne est d’une trentaine par jour et jusqu’à 800 par mois en 2019.

Une liste de noms et la date à laquelle l’objectif a été atteint.

Une fois la cache trouvée, les géocacheurs s’identifient dans le carnet trouvé à l’intérieur.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Jocelyn Bernard, ou joce13, admet qu’il y consacre beaucoup de temps. Ma blonde dirait que je suis toujours parti, avoue-t-il.

Ce loisir l’amène d'ailleurs à voyager autant aux États-Unis que partout au Canada. Il revient d’ailleurs d’un voyage de géocaching à Ottawa, part à Matane cette semaine, planifie ensuite une visite sur la Côte-Nord et envisage d’aller à Vancouver au printemps.

Quand les parcs s’en mêlent

Le défi de trouver a rendu Jocelyn Bernard accro au géocaching, mais il se décrit surtout comme un « gars de plein air ».

Beaucoup de caches sont dans des sentiers pédestres ou en montagne, rappelle-t-il.

Ça nous amène à découvrir des endroits magnifiques. En montagne, les gens vont placer les caches où il y a de beaux points de vue, ou à l’endroit d’une chute que personne n’a l’habitude de visiter.

Jocelyn Bernard
Une fausse roche et une bûche.

Certaines géocaches sont dissimulées dans des bûches ou sous de fausses roches.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Cet attrait n’a pas échappé aux parcs nationaux du Québec.

Certains établissements de la Sépaq, comme les parcs de la Jacques-Cartier et du Mont-Orford, ainsi que la station touristique Duchesnay, offrent des parcours de géocaching à leurs visiteurs.

Malgré l’absence de statistiques, la Sépaq assure que ces activités fonctionnent bien, notamment auprès des groupes scolaires.

Même constat au parc régional du Massif du Sud, où la pratique du géocaching, qui se limitait auparavant à des initiatives personnelles, a été officialisée en 2012.

Au cours des dernières années, ça a gagné en popularité, donc on a créé, puis bonifié nos parcours, précise Philippe Toussaint, qui a développé les trois expéditions offertes au parc.

Un GPS affichant une liste d’informations.

Les coordonnées GPS d’une cache viennent aussi avec une liste d’informations sur la tâche à réaliser, mais surtout quelques indices.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Guilbault

Chacun des parcours permet aux explorateurs de trouver de cinq à sept caches.

Ça fait parcourir nos sentiers de randonnée, et, ce qui est intéressant, c’est que le géocaching permet de rendre la diffusion d’informations sur le parc un peu plus ludique.

Philippe Toussaint, Parc régional du Massif du Sud

En haute saison, il estime que le parc accueille chaque jour des géocacheurs. Ils peuvent louer un GPS ou entrer les coordonnés dans leur propre téléphone cellulaire.

La popularité du loisir a même convaincu le Massif du Sud d'envisager l’ajout de parcours. Le Parc national de la Jacques-Cartier, près de Québec, ajoutera quant à lui à son offre une activité de géocaching à l’hiver 2020.

Le 17 août 2019 est la journée internationale du géocaching. Traditionnellement fixée le troisième samedi du mois d'août, elle est aussi l’occasion pour les initiés de pratiquer leur loisir en groupe.

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