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Chutes Niagara : un site web truffé de fautes de français

Un bateau au pied de chutes; des passagers sur le pont portent un imperméable rouge.

Un bateau de l'entreprise Hornblower au pied des chutes Niagara (archives)

Photo : Associated Press / Derek Gee

Michel Bolduc

Radio-Canada avait publié en 2017 des articles sur le français incompréhensible du site web de Hornblower, la seule entreprise à avoir reçu une autorisation du gouvernement d'offrir des croisières au pied des chutes Niagara. Deux ans plus tard, le nouveau portail de l'entreprise est encore une fois rempli d'erreurs de traduction.

Le nouveau site contient des phrases plutôt bizarres comme celles-ci :

  • « Embarquez pour la couleur des yeux-popping et l'excitation des feux d'artifice! »
  • « Voyage aux chutes Excursion en bateau En »
  • « Montez à bord du Niagara Falls, Canada de 'doit faire' attraction de signature! »
  • « Levez-vous et personnel avec expérience la plus mémorable du Canada! »
  • « Faites en sorte que souvenirs. Seulement dans Niagara Falls, Canada! »
Photo de femmes et d'hommes portant un imperméable rouge sur un bateau en train de prendre un égoportrait.

L'une des pages du site web de Hornblower au français incompréhensible.

Photo : Site de Hornblower

L'entreprise Hornblower, qui avait détrôné sa rivale Maid of the Mist du côté canadien de la frontière en 2014, explique qu'elle est « en train d'obtenir une version traduite professionnellement » de son site (Nouvelle fenêtre).

Jusqu'à ce que le site soit traduit professionnellement et que cette version en français du site soit configurée et testée, nous utilisons Google Traduction comme mesure à court terme.

Greg Bechkos, directeur des ventes et du marketing pour Hornblower

M. Bechkos n'a pas voulu préciser quand cette version corrigée serait mise en ligne.

Lorsque Radio-Canada avait publié un article en 2017 à propos de l'ancien site truffé de fautes de Hornblower, l'entreprise avait admis qu'elle utilisait un logiciel de traduction depuis trois ans.

Après avoir promis à l'époque d'avoir recours à un traducteur professionnel, l'entreprise avait mis en ligne un autre portail en français deux mois plus tard, toujours rempli de fautes, avant de finalement rectifier la situation.

Le contrat de 30 ans entre Hornblower et la Commission des parcs du Niagara, une agence du gouvernement de l'Ontario, stipule que la compagnie doit avoir un site plurilingue, comprenant le français.

Le gouvernement ontarien cautionne Hornblower

La Commission des parcs du Niagara assure que Hornblower respecte ses obligations contractuelles quant au français, malgré toutes les erreurs de traduction que renferme actuellement le site de l'entreprise.

Le site utilise actuellement Google Traduction comme mesure à court terme, se contente de répondre la porte-parole de la Commission Katy Wassenaar, sans vouloir donner d'échéancier quant aux corrections promises.

Même son de cloche de la part du ministère ontarien du Tourisme, qui répète qu'il s'agit d'une version temporaire du site. Le ministère des Affaires francophones n'a pas répondu à notre demande de commentaires.

La ministre Joly réagit

En tournée dans le Niagara lundi, la ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly, a réclamé, lors d'une entrevue avec Radio-Canada, des changements « rapidement ».

C'est inacceptable. On s'attend à mieux des différents fournisseurs qui offrent des services aux touristes canadiens et internationaux.

Mélanie Joly, ministre fédérale du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie

Elle promet de faire un suivi du dossier, soulignant que le Niagara a un secteur touristique en pleine croissance, qui accueille chaque année 13 millions de visiteurs d'un peu partout dans le monde.

Pour elle, ces touristes ont le « droit » d'être servis dans la langue officielle de leur choix.

Peter Hominuk, le directeur général de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), qualifie lui aussi la situation « d'inacceptable ». Il n'en revient pas de voir le français être ainsi « relégué » au second plan.

Hornblower indique que, même lorsque son site en français aura été corrigé, elle continuera à utiliser Google Traduction pour les versions en espagnol, en allemand, en italien et en portugais de son portail.

Hornblower dit utiliser Google Traduction pour son site en français. Toutefois, la version gratuite du logiciel disponible en ligne donne souvent de meilleurs résultats que les traductions trouvées sur le site de l'entreprise.

Par exemple, pour le passage suivant du site de Hornblower : « Set sail for the eye-popping colour and excitement of fireworks! »

  • Google Traduction (version gratuite) : « Mettez le cap sur la couleur éclatante et l'excitation des feux d'artifice! »
  • Traduction de Hornblower : « Embarquez pour la couleur des yeux-popping et l'excitation des feux d'artifice! »

Toronto

Francophonie