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Le film culte Apocalypse Now ressort dans une troisième version pour ses 40 ans

Un militaire américain porte un chapeau et tient une arme.

L'acteur Robert Duvall, dans le film « Apocalyspe Now: Final Cut »

Photo : Zoetrope

Radio-Canada

Quarante ans après sa sortie en 1979, Francis Ford Coppola n'en a pas fini avec son obsession pour Apocalypse Now : son film culte au tournage maudit est revenu jeudi sur les écrans dans une nouvelle version restaurée et d'une demi-heure plus longue que l'œuvre originale.

Palme d'or ex aequo au Festival de Cannes en 1979 avec le film Le tambour, Apocalypse Now est devenu une référence du septième art. Malgré le succès de ce film sur la guerre du Vietnam, Coppola n'a jamais été vraiment satisfait de son œuvre, qu'il avait condensée en une version de 2 h 33.

En 2001, il avait sorti Apocalypse Now Redux, une nouvelle version, rallongée de 49 minutes, qui contenait des scènes supplémentaires.

D'une durée de 3 h 01, Apocalypse Now: Final Cut est sorti jeudi aux États-Unis et au Canada.

Ce film, à la qualité d'image et de son optimum en 4K Dolby Atmos et Dolby Vision, apparaît comme un compromis entre les précédentes versions. Pour la première fois, le film a été restauré à partir de la pellicule originale, un processus qui aura pris près d'un an.

Francis Ford Coppola en avait rêvé

Présenté pour la première fois en avril au Festival du film de Tribeca, à New York, Apocalypse Now: Final Cut apporte une qualité d'image et de son encore supérieure à ce qu'elle était, selon Francis Ford Coppola.

[C'est la] meilleure version du film au monde.[...] Le public pourra voir, entendre et ressentir ce film comme je l'ai toujours rêvé.

Francis Ford Coppola

À New York, le cinéaste de 80 ans a dit avoirtoujours regretté certaines coupes qu'il avait dû faire en 1979, mais que la deuxième version lui semblait peut-être trop longue, d'où cette troisième.

Un réalisateur obsédé par son film

Le fait de travailler une nouvelle fois son film témoigne aussi du rapport obsessionnel que le réalisateur n'a cessé d'entretenir avec cette œuvre.

Dans son Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, l'ex-président du festival Gilles Jacob, qui en était alors le délégué général, se souvient qu'en 1979, Coppolaen était arrivé à un tel niveau de folie obsessionnelle que, les mois précédant Cannes, il créait une fin par semaine.

Gilles Jacob raconte aussi que le réalisateur américain avait présenté à Cannes deux fins possibles : une première fin dans la grande salle de l'ancien Palais [des festivals] et, en variante, une autre, dans une petite salle.

Cette ultime hésitation était venue couronner sonincapacité àmonter 50 000 mètres de pellicule et à trancher entre différents montages. Ce travail lui aura pris plus de deux ans, selon Gilles Jacob.

Plus de 230 jours de tournage

Adaptation libre de la nouvelle de Joseph Conrad Au cœur des ténèbres, Apocalypse Now raconte le périple du capitaine Willard (Martin Sheen), chargé de retrouver et d'éliminer le colonel Kurtz (Marlon Brando).

Le tournage légendaire de ce film a rencontré toutes les difficultés imaginables.

Nous étions dans la jungle. Nous étions trop nombreux. Nous avions beaucoup trop d'argent, beaucoup trop d'équipement. Et petit à petit, nous sommes devenus fous.

Francis Ford Coppola

Le tournage a commencé le 20 mars 1976 aux Philippines. Prévu pour durer quelques semaines, il s'étalera finalement sur 238 jours.

Des problèmes sont d'abord survenus au sujet des acteurs. Choisi notamment après le refus de Steve McQueen, Harvey Keitel mécontente Coppola. Il le remplace par Martin Sheen, mais celui-ci fait un infarctus en 1977, et devra s'absenter plusieurs semaines.

Quant à Marlon Brando, il arrivera sans préparation.

Les conditions climatiques seront aussi très difficiles. À la fin de mai 1976, le typhon Olga détruit le décor et du matériel, interrompant la production pendant six semaines.

Le film qui a failli ruiner Coppola

À cela s'ajoutent les accès de paranoïa de Coppola, sous l'emprise de la drogue, qui a perdu une quarantaine de kilos et a dû hypothéquer ses biens pour financer le film. Le budget, de 13 millions de dollars à l'origine, passera à 30 millions, le conduisant au bord de la ruine.

Soyons honnêtes. J'avais peur, a raconté Coppola au Festival du film de Tribeca.

Des choses terribles sont arrivées pendant le tournage de ce film, a-t-il reconnu. Mais, si vous voulez faire de l'art, il faut aussi accepter le risque.

Avec les informations de Agence France-Presse

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