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Les producteurs laitiers de l’est ontarien saluent la compensation prévue par Ottawa

Des vaches Holstein sont dans leur stalle dans une ferme laitière.

Les producteurs laitiers seront dédommagés par Ottawa pour les pertes liées à deux accords internationaux (archives).

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

L'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) réagit positivement à l’annonce attendue vendredi du gouvernement canadien au sujet de l'indemnisation qui sera versée aux producteurs laitiers liée à deux accords de libre-échange internationaux.

La ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, doit annoncer une aide de 1,75 milliard de dollars sur 8 ans. Une ferme laitière moyenne de 80 vaches recevrait ainsi 28 000 $ cette année.

Le président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO), Marc Quesnel, se dit satisfait de l’offre. Ça enlève une pression pour les producteurs. Si ça pouvait rentrer le plus tôt possible, avant les élections, ce serait le mieux, ajoute-t-il en entrevue à l’émission Les matins d’ici.

Selon les informations confirmées par Radio-Canada, les premiers chèques seront envoyés d’ici la fin de l’année. Cette somme permettra de compenser les pertes des producteurs laitiers dans la foulée de l'Accord économique et commercial global (AECG), entre le Canada et l'Union européenne, et du Partenariat transpacifique (PTP).

L’effet de ces accords – qui ouvrent le marché canadien aux produits laitiers étrangers – se fait déjà sentir pour les producteurs de fromage, soutient Marc Quesnel.

S'ils n'avaient pas fait ces ententes-là, ils nous laisseraient produire plus de lait, il y aurait plus de demandes au Canada. Ça ferait plus de "jobs" dans toute l'industrie.

Marc Quesnel, président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens

On le voit. C'est dur à chiffrer à la ferme, mais j'ai une part dans la Fromagerie St-Albert et ils nous disent qu'ils perdent du marché parce que leurs produits se font remplacer sur la tablette par des produits importés, illustre-t-il.

D’autres compensations attendues

Par ailleurs, Marc Quesnel souligne que l'indemnisation annoncée vendredi ne couvre pas l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM) qui n’a pas encore été ratifié par Washington ni par Ottawa.

Les effets seront alors plus tangibles, estime le président de l’UCFO, avec une perte du marché pour les producteurs locaux estimée à 3,9 %, selon les Producteurs de lait du Québec. Toute l'industrie laitière de la transformation va être affectée par ces accords-là. Ce sont des emplois partout qui sont perdus, résume M. Quesnel

À cette perte de marché, s’ajoute notamment la hausse du prix des carburants, de l’électricité et de la masse salariale.

D'habitude, on vient à bout de compenser avec une augmentation la production : on va ajouter 3-4 vaches de plus, illustre Marc Quesnel. Mais là, la marge a diminué et on se fait couper les marchés. On n'a pas la capacité d'augmenter notre production. On vient de se faire frapper par en arrière. Il faut faire attention de ne pas faire la culbute.

Les producteurs laitiers comptent interpeller les candidats lors de la prochaine campagne fédérale afin de connaître leur position dans ce dossier.

Ottawa-Gatineau

Agro-industrie